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Le futur roi du Royaume-Uni, Charles III, en visite à Creully

 Le samedi 5 juin 2004, la veille des commémorations officielles du 60e anniversaire du Débarquement en Normandie, le prince Charles s'est rendu à Creully. Arrivé en matinée par hélicoptère, il y fut accueilli notamment par Roger Levert, alors maire de la commune.

Ce déplacement était consacré aux anciens combattants des 4th/7th Royal Dragoon Guards et des 5th Inniskilling Dragoon Guards, un régiment de cavalerie blindée dont le prince de Galles était le colonel en chef. Devant le mémorial du régiment, élevé dans le village, il prit le temps d'échanger longuement avec les vétérans venus du Royaume-Uni, avant de déposer une couronne de coquelicots à la mémoire des soldats tombés pour la libération de la commune le 6 juin 1944.

Vous pouvez voir le film complet de cette visite dur : https://youtu.be/XctN9NqJp84

Merci à Augustin de Canchy

Creully sur Seulles - Un souvenir avec mon ami Didier, le fils du médecin.

        Parmi mes souvenirs d'enfance, il y a des amitiés qui ne s'oublient pas. L'un de mes meilleurs copains était Didier, l'un des fils du docteur Fillatre, médecin à Creully, qui habitait dans la rue qui descend vers le bief de la Seulles, non loin de l'entrée de la laiterie.

        Nous habitions avec mes parents un peu plus haut dans la rue et chaque fois que son père l'envoyait en mission chez le pharmacien de la place de Creully, Didier ne manquait jamais de passer me chercher pour que je l'accompagne. Ces petites sorties, bien modestes en apparence, étaient pour nous de vrais moments de bonheur.


        Car une fois arrivés chez Monsieur Lefrançois, le pharmacien, nous savions toujours qu'une belle surprise nous attendait : un paquet de bonbons, des gommes ou encore des pastilles à la menthe. Cette générosité simple et sincère envers le fils du docteur, faisait de chaque course un événement que nous attendions avec impatience.

        Ces instants partagés, entre amitié et gourmandise, restent gravés dans ma mémoire comme le parfum même de l'enfance.



Les petits calendriers du coiffeur de Creully : Roger Godefroy

 Ces  calendriers étaient parfumés par les marques de parfums des fournisseurs des coiffeurs.


La vitrine du salon de notre coiffeur.

Le salon sur la place de Creully.
Merci à Claude Leroulley

Le chaisier de Creully accusé du vol sacrilège de Sainte-Croix-Grand-Tonne

         Au matin du 18 avril 1856, le village de Sainte-Croix-Grand-Tonne s'éveilla comme à l'ordinaire. Pourtant, lorsqu'il poussa la porte de l'église, le sacristain eut immédiatement le sentiment que quelque chose n'était pas normal.

En avançant dans le sanctuaire, il découvrit les traces d'une intrusion. Une fenêtre avait été forcée, l'un de ses panneaux ayant été brisé. Mais le spectacle qui l'attendait à l'intérieur était plus inquiétant encore.


Les voleurs avaient pénétré jusqu'au tabernacle. La porte en avait été violemment fracturée à l'aide d'un instrument de fer. Deux ciboires avaient disparu, ainsi que la gloire qui surmontait un ostensoir. La valeur des objets dérobés était estimée à environ 600 francs.

La sacristie elle-même n'avait pas été épargnée. Là encore, les malfaiteurs avaient tenté de forcer la porte. Les nombreuses marques laissées dans le bois allaient bientôt fournir aux enquêteurs de précieux indices.

Très rapidement, les soupçons se portèrent sur un homme du voisinage : Modeste-Prosper Chuquet, âgé de quarante-quatre ans, journalier, déjà condamné à deux reprises pour vol et récemment sorti de réclusion.

Sa maison se trouvait à peu de distance de l'église.

Mais un détail allait surtout attirer l'attention des enquêteurs.

Une échelle, abandonnée par les voleurs après leur expédition nocturne, fut reconnue comme appartenant à Chuquet. Elle était habituellement rangée au fond d'une cour, à l'écart des regards. La veille encore, elle s'y trouvait.

Comment cette échelle aurait-elle pu se retrouver près de l'église sans que son propriétaire en sache quelque chose ?

L'affaire prit bientôt une tournure plus précise.

Près d'un jeu de quilles voisin, les voleurs avaient arraché un piquet. La terre humide avait conservé leurs empreintes. Les enquêteurs comparèrent alors les traces avec les chaussures de Chuquet.

La concordance était troublante.

Les semelles semblaient correspondre presque parfaitement aux empreintes laissées sur le sol. Interrogé à ce sujet, Chuquet ne nia pas avoir marché à cet endroit. Il prétendit seulement être venu le matin, après la découverte du vol, poussé par la curiosité.

Mais les traces ne s'arrêtaient pas là. Elles se retrouvaient sur le terrain séparant le jeu de quilles du jardin de Chuquet, puis jusque dans son propre jardin.

Un autre indice allait encore renforcer les soupçons.

Chez Chuquet, les enquêteurs découvrirent un ciseau ébréché en trois endroits. Lorsqu'ils le comparèrent aux marques laissées sur le tabernacle et sur la porte de la sacristie, l'outil semblait correspondre avec une étonnante précision.

Peu à peu, les éléments s'accumulaient.

Et certains faits remontant aux jours précédents prenaient soudain une signification nouvelle.

Le 17 avril au soir, Chuquet avait envoyé sa fille coucher chez une voisine sous un prétexte. Il avait également proposé à un sieur Lemaitre, alors malade, de venir passer la nuit auprès de lui, avant de se raviser en expliquant qu'il ne pourrait finalement pas lui rendre ce service dans la nuit du 17 au 18.

Vers minuit, il s'était encore rendu chez une débitante pour y chercher du cidre. Là, il avait affirmé qu'il était occupé à garder le sieur Lemaitre.

Tous ces détails, qui auraient pu paraître insignifiants pris séparément, devenaient particulièrement suspects lorsque l'on reconstituait les événements de la nuit.

Car Chuquet n'était pas seul.

Le chaisier de Creully
Dans son entourage se trouvaient deux autres hommes : Paul-Valentin-Eugène Le Loryer, âgé de dix-huit ans, domestique à Sainte-Croix-Grand-Tonne, et Jean-Baptiste Letresor, cinquante ans, fabricant de chaises à Creully.

Interrogé sur son emploi du temps, Chuquet finit par reconnaître qu'il avait passé la nuit avec ces deux hommes.

Les soupçons se portèrent alors également sur eux.

Puis survint le témoignage qui allait bouleverser l'affaire.

Le Loryer décida de parler.

Selon ses déclarations, quelques jours avant le vol, Chuquet lui avait proposé de s'associer à lui et à Letresor pour cambrioler l'église.

Le soir du 17 avril, les trois hommes s'étaient retrouvés dans un cabaret avant de se rendre chez Chuquet.


Puis, au cœur de la nuit, vers deux heures du matin, Chuquet et Letresor étaient sortis de la maison en emportant l'échelle.

Le Loryer les avait suivis peu après.

Pendant que les deux autres pénétraient dans l'église, escaladant la fenêtre et forçant les portes, le jeune homme était resté dehors pour faire le guet.

La nuit devait être silencieuse autour de l'église.

À l'intérieur, les deux hommes s'affairaient autour du tabernacle. Le bois résistait, mais leurs outils finirent par avoir raison de la serrure. Quelques instants plus tard, les objets sacrés étaient emportés.

Extrait de l'acte de mariage de Jean-Baptiste Letresor le 04/10/1840 à Creully

Vers trois heures du matin, Chuquet et Letresor rejoignirent leur complice.

Ils lui racontèrent le résultat de leur expédition avant de se séparer.

Mais leur secret n'allait pas rester longtemps caché.

Les déclarations de Le Loryer furent confrontées aux autres indices recueillis par les enquêteurs : l'échelle, les empreintes, les marques laissées par les outils et les circonstances entourant la nuit du vol.

L'ensemble formait un faisceau de présomptions particulièrement lourd.

Quelques semaines plus tard, les trois hommes comparurent devant la Cour d'assises du Calvados.

Dans la salle d'audience, Chuquet continua de nier les faits qui lui étaient reprochés. Le Loryer, au contraire, maintint ses déclarations. Quant à Letresor, il nia également avoir participé au cambriolage.

Les débats permirent au jury d'examiner séparément le rôle de chacun.

Au terme de l'audience, la décision tomba.

Chuquet fut déclaré coupable du vol sacrilège commis dans l'église de Sainte-Croix-Grand-Tonne.

Il fut condamné à vingt années de travaux forcés.

En revanche, les charges retenues contre Letresor et Le Loryer ne furent pas jugées suffisantes pour entraîner leur condamnation. Tous deux furent acquittés et rendus à la liberté.

Ainsi s'acheva cette étrange affaire qui, pendant plusieurs semaines, avait agité Sainte-Croix-Grand-Tonne et conduit jusqu'à la Cour d'assises les trois hommes soupçonnés d'avoir, au cœur de la nuit, profané l'église du village.

Creully (Creully sur seulles) - Les anciennes plaques de cochers.

Les plaques de cocher, un patrimoine à sauvegarder

Levez les yeux aux entrées des villages, au coin d'une maison ou au sommet d'un poteau de fonte : vous apercevrez peut-être une plaque bleue aux lettres blanches, figée là depuis plus d'un siècle. C'est une « plaque de cocher ».

Apposées à partir de 1835, à la suite de circulaires des Ponts et Chaussées, ces plaques directionnelles en fonte étaient fixées à environ trois mètres du sol, sur les façades des bâtiments, aux carrefours et aux entrées des agglomérations. Elles indiquaient aux voyageurs le nom de la commune, la classification du chemin, ainsi que les directions et les distances vers les bourgs voisins. Leur hauteur n'était pas anodine : elle permettait aux cochers, juchés sur le siège de leur diligence, de lire les indications sans descendre de leur attelage — d'où leur nom.

Alors, à votre prochaine promenade dans Creully, prenez le temps de lever la tête : ces modestes plaques de fonte racontent, en lettres blanches sur fond bleu, l'histoire des voyageurs d'autrefois.







Creully sur Seulles - De quoi se nourrir de produits laitiers et... améliorer sa culture personnelle.

Dans les années 50 et 60, ma mère tenait un dépôt de produits laitiers de l'usine Paillaud voisine. Ce lieu de vente faisait partie de l'habitation. Un autre lieu de vente se trouvait rue de Caen ; il était tenu par madame Jeanne. 

Le curé de l'époque, l'abbé Durand avait demandé à ma mère si elle était d'accord pour joindre au dépôt une bibliothèque afin de mettre à la disposition des creullois des livres et BD. Elle accepta ; ainsi naquit la première bibliothèque de Creully.

La flèche indique le passage où se situait le dépôt.

Avec mes parents, nous habitions dans cette maison.




Le petit Denier, enfant des pompiers lors de l'incendie de Creully en 1840

             On se souvenait encore, à Creully, de cette terrible journée du 17 novembre 1840, lorsque les flammes avaient dévoré près de quatre-vingts pour cent des maisons du bourg. En quelques heures, des rues entières n’étaient plus qu’un amas de ruines fumantes. Les familles, désemparées, avaient vu disparaître leurs maisons, leurs biens et parfois tout ce qu’elles possédaient.


 À la nouvelle du sinistre, les sapeurs-pompiers de Caen étaient partis en toute hâte pour porter secours aux malheureuses victimes. Parmi eux se trouvait un jeune garçon nommé Denier.
           Personne n’aurait pu imaginer que cet enfant, au milieu du tumulte, de la fumée et des cris, allait se faire remarquer par son courage, son intelligence et son sang-froid. Petit par la taille, mais déjà grand par le cœur, il s'était mêlé aux travailleurs et avait apporté, à sa mesure, son aide aux hommes qui luttaient contre le feu.

Lorsque, enfin, le danger fut écarté, les pompiers s’étaient réunis pour prendre quelques rafraîchissements. Et le petit Denier, qui avait si courageusement travaillé à leurs côtés, fut naturellement invité à partager leur repas.

Ce jour-là, sans qu’il le sache encore, quelque chose venait de naître entre l’enfant et la compagnie des sapeurs-pompiers. Une affection profonde, presque familiale.

Le destin, pourtant, allait bientôt rendre cette affection plus forte encore.

Le père de Denier venait de mourir, victime des efforts qu’il avait lui-même prodigués pour combattre un incendie à Beaulieu, à Caen. Le garçon se retrouvait désormais orphelin.

Pour les pompiers, il n’était plus seulement l’enfant courageux rencontré dans les ruines de Creully. Il était devenu l’enfant de la compagnie, celui que chacun connaissait, que chacun protégeait et dont le sort préoccupait désormais tous les cœurs.

Quelques temps plus tard, un dimanche, lors de la revue, le capitaine Jobert fit former le cercle autour de lui. Les hommes se turent. Le capitaine leur rappela l’histoire touchante de leur jeune protégé, son courage lors de l’incendie de Creully et le malheur qui venait de le frapper.

Puis il leur posa une question simple :

— Ne se trouverait-il pas parmi vous quelque maître ouvrier qui voudrait prendre cet enfant chez lui, l’élever et lui apprendre un métier ?

À peine avait-il achevé sa phrase que plusieurs voix s’élevèrent dans les rangs.

Mais un homme ne se contenta pas de parler.


M. Becquémié, serrurier, rue Saint-Martin, s’avança. Il sortit des rangs, se dirigea vers l’enfant et lui prit doucement la main.

— Je le prends, monsieur le capitaine.

Puis, comme pour que personne ne puisse contester sa décision, il ajouta qu’il réclamait le privilège de faire du petit Denier un honnête homme et un bon ouvrier.

Le garçon ne put retenir ses larmes.

Il se jeta dans les bras de son bienfaiteur et l’embrassa avec toute la reconnaissance de son jeune cœur. Ses sanglots étaient ceux d’un enfant qui, après avoir perdu son père, venait peut-être de retrouver une famille.

Autour d’eux, les visages s’étaient attendris. Plusieurs des hommes présents avaient les yeux humides. Dans le silence qui avait succédé aux paroles du capitaine, cette simple scène en disait plus long que tous les discours.

Ce jour-là, le petit Denier n’était plus seul.

La compagnie des pompiers avait veillé sur lui comme sur l’un des siens, et M. Becquémié venait de lui ouvrir la porte d’un avenir nouveau : un toit, un métier et la promesse de devenir un homme honnête et estimé.


Les journaux de l’époque ne manquèrent pas de raconter cette belle histoire à la population du Calvados. Dans une époque où les incendies et les catastrophes frappaient durement les familles modestes, l’acte de générosité des pompiers et de leur camarade serrurier apparut comme un lumineux témoignage de solidarité, de fraternité et d’humanité.

          Et longtemps, sans doute, dans la mémoire de ceux qui avaient assisté à la scène, demeura l’image de ce petit garçon en larmes, serrant la main de l’homme qui venait de lui offrir une seconde chance.

 

Creully sur seulles - Ils ont combattu aux côtés de Napoléon 1er

 

La médaille de Sainte Hélène, créée par Napoléon III, récompense les 405000
soldats encore vivants en 1857, qui ont combattu aux côtés de Napoléon 1er pendant les guerres de 1792-1815.






De Creully, de Villiers le Sec, de Saint Gabriel ou de Brécy, ils ont servi avec l'Empereur:



Le caporal Chenot de Creully ne savait pas signer, il ne put retirer son brevet.



Le mystère de la jument de Saint-Martin de l'église de Creully (Creully sur Seulles)

Vous connaissez sans doute la légende ancienne de saint Martin et de son
manteau partagé. Un soir d’hiver, le bon saint croisa un mendiant, dépouillé par un hérétique sans pitié. Le pauvre homme, réduit à un simple turban, frissonnait sous le ciel impitoyable. Assez pour échapper au rhume, mais bien trop peu pour braver la morsure du vent glacé. Sans une hésitation, saint Martin trancha son manteau en deux et en enveloppa l’infortuné, le sauvant ainsi d’une toux cruelle.

Mais saviez-vous qu’à Creully, une autre légende, plus discrète et tout aussi savoureuse, s’est tissée autour du saint et de sa monture ?

Au fronton de l’église de Creully, un artiste local, Louis Cauvin, natif d’Esquay-sur-Seulles, a taillé dans la pierre d’Orival, en 1874, une œuvre d’une grâce rare : saint Martin, fier et noble, trônant sur un destrier superbe, harnaché et ferré, paré de tous les attributs d’un étalon de guerre. Rien ne manquait à cette représentation : ni le chapeau du saint, ni son manteau, ni même ses éperons. Tous s’accordaient à dire que cette sculpture était un chef-d’œuvre sans défaut.

Pourtant, trois vieilles demoiselles, chaque fois qu’elles passaient devant l’édifice, se signaient avec une gravité troublante. Leur tristesse intrigua longtemps les habitants. Jusqu’à ce qu’on découvre leur secret : les trois sœurs, après un pèlerinage chez le sculpteur, lui avaient démontré, textes à l’appui — ou du moins le prétendaient-elles —, que saint Martin n’avait jamais monté qu’une jument, et non un cheval.

Louis Cauvin, homme de foi et de raison, céda à leurs arguments. Et c’est ainsi que, contre toute attente, le saint Martin de Creully se retrouva, seul au monde, juché sur une jument. Une énigme de pierre, un mystère qui, depuis, fait sourire les passants et frémir les cœurs superstitieux.

Sous le crayon d’Arcisse de Caumont : le prieuré de Saint-Gabriel (Creully sur Seulles)

        Arcisse de Caumont, le père de l’archéologie normande, est né à Bayeux en 1801, il fut l’un des grands érudits du XIXᵉ siècle et l’un des premiers véritables défenseurs du patrimoine normand. Passionné dès sa jeunesse par l’histoire, l’architecture et les monuments anciens, il parcourut inlassablement la Normandie pour en étudier les églises, les châteaux, les abbayes et les vieilles demeures


        En 1824, il fonda la Société linnéenne de Normandie, puis participa à la création de la Société française d’archéologie. Par ses nombreux ouvrages et ses voyages d’étude, il contribua à faire connaître et surtout à protéger un patrimoine alors souvent négligé.

        Son œuvre majeure, le Cours d’antiquités monumentales, publiée à partir de 1830, constitue encore aujourd’hui une source précieuse pour l’étude des monuments normands. Arcisse de Caumont s’intéressa notamment à l’évolution de l’architecture médiévale et contribua à établir une classification des différents styles, notamment roman et gothique.

        Érudit infatigable, observateur passionné et véritable pionnier de la sauvegarde des monuments anciens, Arcisse de Caumont a laissé une empreinte considérable dans l’histoire de la Normandie. Son travail a permis de préserver la mémoire de nombreux édifices qui, sans lui, auraient peut-être disparu.

        J'ai ,lors de mes recherches aux archives départementales du Calvados, pu feuilleter l'un de ses carnets de voyages et de notes historiques où il avait dessiné en 1830 des détails de bâtiments remarquables comme le prieuré de Saint-Gabriel (Creully sur Seulles).

Il fit 4 croquis que je vous présente ci-dessous.
Le document suivant vous permait de les identifier.
Extrait de ses notes....

Source : Archives départementales du Calvados

Pas de vacances pour ces jeunes de Creully (Creully sur Seulles)

La stérilisation des boites de lait de la laiterie Paillaud les rendait trop chaudes pour la pose des étiquettes. Elles étaient provisoirement stockées avant d'être reprises par les jeunes de la commune embauchés pendant les vacances comme nous le montrent les deux photos retrouvées par les copains et copines de Creully que je remercie. Nous sommes dans les années 60...




Les étiquettes des boites de lait concernées.

L’écorcheur écorché de Creully

 Dans le bourg de Creully baigné par une lumière crue de juin 1920, Jacques-Victor Bazire, un homme de quarante hivers au regard las des longues journées passées à écorcher les bêtes mortes avant de les livrer à la boucherie, s’apprêtait à nourrir ses pensionnaires à quatre pattes. Depuis que la saison de la chasse avait tiré sa révérence, sept chiens, propriétés de divers habitants du village, partageaient l’étroite cour, entassés et attachés, comme une meute en attente d’un destin funeste.

L’heure de midi sonna à l’horloge du clocher voisin lorsque Bazire franchit
le seuil de sa demeure, un seau de nourriture à la main. Mais à peine avait-il posé le pied sur le plancher que l’impensable se produisit : l’un des chiens, mystérieusement libéré de ses liens, bondit sur lui avec la furie d’une bête possédée. Les crocs s’enfoncèrent dans sa main gauche, déchirant la chair comme un présage de malheur. L’animal, les babines écumantes, ne s’arrêta pas là. Dans un accès de rage aveugle, il se jeta sur trois de ses compagnons, les mordant avec une violence inouïe, avant de s’enfuir, tel un démon en liberté, vers un hameau voisin.

Là, la bête, toujours animée par cette folie meurtrière, s’attaqua aux chiens des sieurs Devaux, Verdant et Lecoq. Ce dernier, alerté par les aboiements déchirants, surgit dans sa cour, son fusil à la main. Sans hésiter, il tira. Le coup de feu retentit, et le chien s’écroula, terrassé net.

Les autorités locales, averties de l’incident, ordonnèrent sans tarder l’autopsie du cadavre. Le verdict tomba, glacé : l’animal était atteint d’hydrophobie. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans Creully, semant l’effroi parmi les habitants.

Bazire, le visage défait par la douleur et la peur, prit la route de Caen, espérant que les soins du cautère lui épargneraient le sort funeste de la rage. Pendant ce temps, les trois chiens mordus dans sa maison furent abattus sans pitié, leur vie sacrifiée sur l’autel de la précaution.

Quant aux chiens des sieurs Devaux, Verdant et Lecoq, ils furent solidement enchaînés et placés sous surveillance constante, leurs maîtres veillant sur eux comme sur des condamnés en sursis.