Une tannerie de Creully (Creully sur Seulles) située au bord de la Seulles

Pour la première fois l'on peut situer une tannerie de Creully.
Sur le dessin d'une vue du château, nous pouvons apercevoir des bâtiments sur les bords du bief de la Seulles. Grâce à un outil employé par les tanneurs, un chevalet, nous situons une des tanneries de Creully. (Voir les parties grisées sur l'image ci-dessous)
Une tannerie de Creully (Creully sur Seulles) située au bord de la Seulles
LE TANNEUR
Une tannerie de Creully (Creully sur Seulles) située au bord de la Seulles
Le tanneur est un marchand et artisan, qui prépare les cuirs avec la chaux & le tan. Les bouchers salent les peaux détachées des bêtes avec du sel marin, de l'alun ou du salpêtre, pour empêcher la putréfaction avant l’arrivée chez le tanneur. Le tanneur les lave à l'eau pour éliminer le sang caillé & autres impuretés, puis les pose sur le chevalet, et passe un couteau long à deux manches, sans tranchant, appelé couteau de rivière, pour les peigner.
Les peaux, nettoyées & égouttées, sont alors traitées à la chaux, pour faire tomber le poil ou bourre. Cette opération est effectuée dans des cuves appelées "plains".

Ensuite, pour obtenir des cuirs “plaqués”, utilisables pour les semelles, bottes par les cordonniers, le tanneur procède à un coudrement plus rapide, et pour obtenir des cuirs "en croûte" ou "tannés" à usage plus fin, sellerie, fourreau d'épée, malle, il coudre avec plus de tan et de temps, ce dernier pouvant atteindre 18 mois pour une bonne qualité.
Le coudrement se fait avec du tan, obtenu avec l'écorce du chêne, hachée et moulue sur un moulin à tan.


On verse peu-à-peu & très-doucement le long des bords d’une cuve, de l'eau un peu plus que tiède en assez grande quantité pour échauffer le tout, ensuite on jette pardessus plein une corbeille de tan en poudre ; il faut bien se donner de garde de cesser de remuer les cuirs en tournant, autrement l'eau & le tan pourraient les brûler ; cette opération s'appelle coudrer les cuirs, ou les brasser pour faire lever le grain ; après que les cuirs ont été ainsi tournés dans la cuve pendant une heure ou deux plus ou moins, suivant leur force & la chaleur du coudrement ; on les met dans l'eau froide pendant un jour entier, on les remet ensuite dans la même cuve & dans la même eau qui a servi à les rougir, dans laquelle ils restent huit jours : ce tems expiré on les retire, on les met dans la fosse, & on leur donne seulement trois poudres de tan dont la premiere dure cinq à six semaines, la seconde deux mois, & la troisième environ trois. Tout le reste se pratique de même que pour les cuirs forts.


Ces cuirs ainsi apprêtés, servent encore aux Selliers. Les peaux de veaux reçoivent les mêmes apprêts que ceux des vaches & chevaux qu'on a mis en coudrement, cependant avec cette différence que les premiers doivent être rougis ou tournés dans la cuve plus de temps que les derniers. Quand les cuirs de chevaux, de vaches & de veaux ont été plamés, coudrés & tannés, & qu'on les a fait sécher au sortir de la fosse au tan ; on les appelle cuirs ou peaux en croute, pour les distinguer des cuirs plaqués, qui ne servent uniquement qu'à faire les semelles des souliers & des bottes.
Les peaux de veaux en coudrement servent aux mêmes ouvrages que les cuirs des vaches qui ont eu le même apprêt ; mais elles servent à couvrir les livres, à faire des fourreaux d'épée, des étuis & des gaines à couteaux, lorsqu'elles ont été outre cela passées en alun.
Les peaux de moutons, béliers ou brebis en coudrement qu'on nomme bazannes, servent aussi à couvrir des livres, & les Cordonniers les emploient aux talons des souliers & des bottes pour les couvrir.
Enfin le tanneur passe encore en coudrement & en alun, des peaux de sangliers, de cochons ou de truies ; ces peaux servent à couvrir des tables, des malles & des livres d'église.
Pour obtenir les cuirs les plus fins, il faut ensuite l’intervention du corroyeur.
Les outils du tanneur sont peu nombreux : de grandes tenailles, un couteau, nommé couteau de rivière, qui sert à ébourer ; un autre pour écharner qui diffère peu du premier ; de gros ciseaux, autrement nommés forces ; le chevalet, & la quiosse ou queue.
Puis les peaux de bœufs et de vaches qui servent aux cordonniers pour les empeignes, les semelles des souliers & les bottes, aux selliers pour les selles, & aux bourreliers pour les harnois des chevaux, sont traitées en coudrement c'est à dire trempées dans une solution de noix de galle.

Les cuirs de veaux en coudrement ou à l'alun ; les veaux en coudrement servent aux mêmes usages que les vaches ; ceux qui sont passés en alun servent aux couvertures des livres, &c.
(Encyclopédie de Diderot et d'Alembert )

Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.

Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.
 Sur de nombreux clichés nous pouvons apercevoir que sur le clocher de l'église Saint Martin de Creully apparaissaient deux cloches (côté de la place du marché) indiquant la présence d'une horloge.

Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.
Le clocher actuel
Nous trouvons des traces de la gestion de l'horloge dans des délibérations du conseil municipal.
Mai 1812

Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.
Mai 1809

Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.
Une autre trace est visible à l'intérieur du clocher: un graffiti.


Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.
Description sous réserve!

A partir de la date, 28 fructidor XII, soit le 15 septembre 1804, j'ai essayé d'en retrouver des détails:
- Delande était horloger à Reviers;
- Comme couvreur à Creully nous avions, Planchon Nicolas, Bachelet Thomas, Beuron Charles et Lahaye Jacques.

L'horloge et ses deux cloches ont été démontées lors de la restauration du clocher suite au dégats de 1944.

Et les cloches...
Une est présente dans la crypte de l'église et la deuxième a été posée sur la façade du château.
Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.

Creully sur Seulles - L'horloge du clocher de l'église de Creully.




L'hôtel Matignon (Paris) et le château de Creully (Creully sur Seulles)

Il y a bien un lien entre notre forteresse médiévale et la résidence de notre première Ministre.

En 1719, le maréchal de France Charles-Louis de Montmorency Luxembourg, prince de Tingry, acquiert un terrain de 2 869 toises (environ 3 hectares) sur lequel il fait construire par Jean Courtonne un hôtel particulier. Trop coûteux, l’hôtel est cédé, peu de temps avant son achèvement, à Jacques de Matignon, prince de Monaco. Durant deux siècles, il change plusieurs fois de propriétaire. Parmi les plus célèbres, on peut citer : Talleyrand en 1808, Napoléon 1er en 1812, et l'ambassade d’Autriche-Hongrie de 1889 à 1914.

Charles-Louis de Montmorency Luxembourg était le grand-père maternel de Charlotte Anne Françoise de Montmorency Luxembourg qui fut propriétaire du château de Creully. Elle était la petite nièce de Paul Edouard Colbert.

Michel Beziers - Mémoires sur le diocèse de bayeux - 1894

Extrait de la généalogie des propriétaires du château de Creully:

Extrait de la généalogie de Charlotte Anne Françoise Montemorency Luxembourg:
Son tombeau au cimetière de Montmartre à Paris


Creully sur Seulles - Les tombeaux des "de Sillans" dans l'église de Creully

Au XIXè siècle, des travaux entrepris dans l’église de Creully amenèrent la réouverture d’un caveau sépulcral sous le sanctuaire (sous l’ancien autel).
Ce caveau qui avait contenu les dépouilles des « de Sillans », ainsi que l’attestent leurs armoiries sculptées sur la clef de voûte à la base des arceaux de celle-ci, avait été saccagé au moment de la révolution. Voir l’article « les cadavres salés » paru sur ce blog en octobre 2008.
Les pierres des tombeaux détruits avaient servi à masquer l’escalier qui aboutit à l’extrémité du sanctuaire.
Lors de la réouverture, quelques ossements furent trouvés, mais il n’est pas certain que ce fût les restes des « de Sillans », car lors du nivellement de la place de l’église, ont été trouvés des ossements car la place était, jadis, occupée par un cimetière.
Une tête provenant probablement des statues ou bustes ornant un des mausolées fut trouvée dans les années 1800 enfouie dans un jardin.
Au dessus de ce caveau on pouvait encore au commencement du XIXè siècle voir deux tombeaux élevés l’un à la mémoire d’Antoine II de Sillans, et l’autre du côté de l’épître, à la mémoire d’Antoine III de Sillans
Le premier de ces tombeaux a été détruit lors de la construction de la chapelle du château L’autre subsiste encore, mais il ne possède ni le buste ni la statue de celui pour qui il fut érigé
Ce monument, en pierre sculptée comporte des ornements en marbre noir.  Au dessus d’un fronton cintré, deux anges en pleurs soutiennent les armes des Sillans placées sur un cartouche entouré de lauriers De chaque côté , deux vases drapés et d’où sortent des flammes en terminent la décoration supérieure.
Les diverses restaurations faites à l’église ont amené des substitutions dans les épitaphes des deux monuments. C’est ainsi que lors de la destruction du tombeau d’Antoine II, l’épitaphe qui en ornait la base fut enlevée et incrustée dans le pavage du sanctuaire. Elle se composait de dix huit vers disposés en deux colonnes.
L’autre, celle d’Antoine III avait disparue. En refaisant le pavage du choeur on enleva la plaque de marbre qui y était incrustée, et on la plaça à la base du tombeau d’Antoine III qui n’en avait plus. C’est ainsi que l’épitaphe d’Antoine II est aujourd’hui appliquée au mausolée d’Antoine III de Sillans.
Texte rédigé d’après une note d’Abel Decauville Lachénée en 1896.
Le tombeau en 1900

Escalier descendant au caveau

Creully sur Seulles - Au chevet du Coq de l'église de Villiers le Sec



Le coq de Villiers  le Sec

Pour avoir des infos sur la restauration de l'église de Villiers le Sec: Sauvons notre clocher de Villiers Le Sec | Facebook

Creully sur Seulles - Une médaille de mariage de 1875 - Une union à Creully

Mes recherches me mènent à faire des découvertes comme cette médaille. Une rareté car le nom de la localité de mariage n'est jamais inscrite.
Médaille de mariage en argent avec monogramme  gravé A Sylvestre - M Lacour - mariés à Creully le  20 février 1875. " Médaille signée par DEPAULIS Poinçon et "ARGENT" sur la tranche.


Extrait de l'acte de mariage


Creully sur Seulles - La preuve que le château fort de Creully est un vrai...


Dans les châteaux forts, les vrais,  il y avait des fortifications et dans toutes fortifications on avait construit une porte appelée  « Poterne ».
Poterne (posterle, du latin posterala, porte de derrière) - Petite porte dérobée qui servait à fuir ou à faire entrer des renforts à l'insu des assiégeants.

Oui, il y a une poterne dans les murailles de notre château local et donc féodal.

Creully sur Seulles - La preuve que le château fort de Creully est un vrai...

Creully sur Seulles - Paul le rebouteux de Villiers le Sec

A l'abri bus de Villiers -le-sec (Creully sur Seulles), Paul GUILLARD, rebouteux raconte, avec son accent normand, comment il est devenu rebouteux, explique la manière dont il travaille et parle de ses rapports avec le médecin du village.



Creully sur Seulles - La façade de l'ancien commerce de la rue de Caen.

Ce bâtiment  de la route de Caen n'est plus occupé suite à la construction d'une surface commerciale à l'extérieur du bourg; dans l'hypothèse où il serait à vendre, la commune préempterait.




C'est l'occasion de retrouver sa façade au fil du temps quand il était occupé par les entreprises Marie et Rambert.





Creully sur Seulles - Les de Sillans, Barons de creully, et les plus flatteuses de leurs alliances.


Nous devons aux premières années du XVIIe siècle la construction des communs du château de Creully (écuries) dont la façade et les voûtes d'arête atteignent un tel degré d'équilibre et de perfection qu'un éminent critique a cru pouvoir apparenter cette bâtisse avec la partie ancienne du château de Chantilly. C'est à la même époque que paraissent se rattacher les voûtes d'arête très surbaissées de la salle des gardes.
La clef de voûte de la première travée des communs est ornée d'armoiries où le baron Antoine III de Sillans, à qui est due la construction, a cru devoir rappeler les plus flatteuses de ses alliances.


Ce blason est écartelé.





Au 1 figurent les armes des Sillans devenus barons de Creully, en 1512, par suite du mariage de Jean de Sillans avec l'héritière de cette seigneurie.












Au 2 se trouvent alliées ces mêmes armes à celles de Rohan par suite du mariage contracté en 1602 par Antoine III et Sylvie de Rohan, fille de Louis de Rohan, prince de Guémené.










Au 3 sont accolées les armes de Joachim Sanglier à celles de Jeanne de Montmorency-Laval, mariés au début du XVIe siècle et dont la petite-fille, Antoinette Sanglier, devait épouser, en 1597, Antoine II de Sillans, baron de Creully.








Enfin, on voit au 4 les armes des Sillans jointes à celles des Montmorency, pour commémorer le mariage du plus anciennement connu des Sillans, Gilbert, avec Alix de Montmorency qui remonte à la fin du XIIIe siècle.


Le dessin au début de cet article est l'oeuvre de Gérard Michel, architecte.
Texte rédigé à partir d'un document des archives nationales écrit par M. Guilbert, châtelain du château de creully au début du XXe siècle.