vendredi 14 août 2020

Le château de Creully (Creully sur Seulles) renferme de nombreux mystères comme les 7 cercles au dessus de l'entrée.

Nombreux sont les historiens qui se sont penchés sur la présence de sept cercles au dessus de l'entrée du bâtiment principal (qui comportait un pont-levis) de la forteresse médiéval de Creully. Aucune conclusion n'a été publiée.
Première remarque, ils sont sculptés au dessus d'un des cadrans solaires.

La deuxième, ils sont inscrits dans un cercle.

A partir de ces observations, et après de recherches infructueuses, j'ai trouvé une aide précieux auprès de  deux spécialistes des "Symboles païens et inscriptions runiques", que je remercie.

Voici la conclusion

Ce sont des symboles solaires hérités de la tradition païenne des Celtes et des Germains. Cette distribution des symboles est intéressante car elle plutôt complète. On y retrouve les symboles solaires utilisés de forme fréquente durant le moyen-âge, en particulier durant la phase de transition entre paganisme et judéo-christianisme.

mardi 11 août 2020

Creully - Saint Gabriel (Creully sur Seulles) - Ces enfants abandonnés.

Depuis le Moyen-âge, les enfants abandonnés sont pris en charge par l’Hôtel-Dieu et la Charité, établissements dont la gestion a été centralisée par la création des Hospices civils en 1802.

Le suivi individuel des enfants était consigné dans des registres conservés aux archives départementales. C'est avec émotion que j'ai feuilleté ces registres émanant de Bayeux et de Caen.













Extrait d'un registre de Caen mentionnant le dépôt d'un enfant né à Creully le 4 septembre 1837, fils naturel de père et de mère inconnus. L'enfant était pauvrement vêtu. Il fut mis en nourrice dans l'arrondissement de Mortain.
Document recomposé (original ci-dessous)

Un autre exemple: un enfant né à Saint Gabriel.

Je vous présente pour terminer, un extrait d'un registre de Bayeux et le mot qui était attaché à un pied de l'enfant.

Rappel: un clic sur l'image et vous l'agrandissez...

samedi 8 août 2020

Creully (Creully sur Seulles) - La légende de la Dame aux ciseaux.

La légende de la Dame aux ciseaux
Nous sommes dans la deuxième moitié du XVe siècle, la guerre de 100 ans venait de se terminer ; le château de Creully était en travaux ; restauration autorisée par Louis XI.
Au sein du château forteresse, une couturière oeuvrait pour un baron de Creully, un Vierville, et surtout pour la baronne.
Cette couturière très habile de ses mains confectionnait les plus beaux habits appréciés par les femmes du château. Elle avait réalisé pour elle une houppelande de couleur violette. Une des trois couleurs autorisées, les deux autres étant le noir et le gris ; le rouge et le vert étaient portés que par les nobles. Ce code des couleurs s’appliquait aux enfants de moins de sept ans ; les mâles étaient en blanc et les fillettes en bleu ciel.
Cette femme nommée «Guillemette» était fort belle ; elle savait s’apprêter de quelques bijoux ; même ses ciseaux de couturière qu’elle portait à sa ceinture étaient affublés d’un morceau de létice.
Non loin d’une des pièces du château réservées aux gardes, elle fut abordée par le baron lui-même qui souhaitait s’entretenir au sujet de la baronne disait-il. Mensonge car, retirés des yeux et oreilles, ils eurent une aventure car on ne refuse rien au baron.


Les mois passèrent quand Guillemette rencontra le baron et lui demanda de l’écouter : «ta lignée est en moi comme tu le vois à mon ventre, tu m’as enceinté».
Ne voulant admettre cette situation, le baron, encore jeune, sentait la colère montait en lui, injuria la couturière et lui indiqua : «jamais je ne reconnaîtrai cette progéniture ; ce n’est pas un héritier des Vierville».
Guillemette, déçue, à bout de nerfs, se porta face au baron et le gifla de toutes ses forces.
Outrage extrême !
Le baron se jeta sur la femme et lui attrapa sa chevelure, faisant tomber une petite templette qui participait au maintien de tresses ; il arriva à attraper les ciseaux et d’un coup furieux, il poignarda la pauvre couturière de sa mère.
Le liquide de couleur rouge tâcha les vêtements de la belle Guillemette qui eut la force de murmurer : «je te maudis» avant de quitter (provisoirement) ce château de Creully.
Il fallait faire disparaître le corps ; le baron choisit une des multiples caves du château, en particulier une très humide à l’aplomb des remparts à l’est. Ainsi ce crime ne fut porté à la connaissance des habitants du lieu.
Creully et son château s’entouraient de brume remontée de la Seulles qui coulait au pied des remparts et dans la chambre du baron la mèche d’un creuset s’éteignit par manque d’huile. Le baron dormait.
Le meurtre de Guillemette était un fait d’hier.
Malgré l’absence d’orage sur la contrée, un bruit se fit entendre brusquement comme un coup de tonnerre.
Le baron se réveillât brusquement ; ses yeux à demi ouverts, il vit une forme de femme non loin de sa couche qui brandissait une grande paire de ciseaux. La forme d’une blancheur de lait de brebis s’adressa à lui : «Jusqu’à la fin des ans, des milliers d’années, je serai là, sur ce domaine, pour rappeler à toi-même et à ta descendance la lâcheté des barons de Creully».
Le dernier des barons de la lignée des Vierville n’eut pas de descendance mâle….

Certaines nuits, des hommes ou des femmes en errance autour du château, parfois dans les fossés qui le bordent, ont vu et on verra encore une grande forme d’une couleur blanche avec à la main une paire de ciseaux, la Dame aux ciseaux.
Enceinter: mettre enceinte
Houppelande:
large robe à grande manches (plutôt employée quelques dizaines d’années avant.
Templette: (ou templière), décoration faite en métal sur laquelle s’enroulaient les tresses.

Létice : fourrure blanche moins chère que l'hermine.

mercredi 5 août 2020

Creully (Creully sur Seulles) - Le caveau de l'église Saint Martin



Au XIXè siècle, des travaux entrepris dans l’église de Creully amenèrent la réouverture d’un caveau sépulcral sous le sanctuaire (sous le maître autel).
Intérieur de l'église en 1946
Ce caveau qui avait contenu les dépouilles des « de Sillans », ainsi que l’attestent leurs armoiries sculptées sur la clef de voûte à la base des arceaux de celle-ci, avait été saccagé au moment de la révolution. Les pierres des tombeaux détruits avaient servi à masquer l’escalier qui aboutit à l’extrémité du sanctuaire.

Lors de la réouverture, quelques ossements furent trouvés, mais il n’est pas certain que ce fût les restes des « de Sillans », car lors du nivellement de la place de l’église, jadis occupée par un cimetière on releva de nombreux ossements.










Une tête provenant probablement des statues ou bustes ornant un des mausolées fut trouvée dans les années 1800 enfouie dans un jardin.



Au-dessus de ce caveau, on pouvait encore au commencement du XIXè siècle voir deux tombeaux élevés, l’un à la mémoire d’Antoine II de Sillans, et l’autre du côté de l’épître, à la mémoire d’Antoine III de Sillans
Le premier de ces tombeaux a été détruit lors de la construction de la chapelle du château.  L’autre subsiste encore, mais il ne possède ni le buste ni la statue de celui pour qui il fut érigé.


Ce monument, en pierre sculptée, comporte des ornements en marbre noir. Au dessus d’un fronton cintré, deux anges en pleurs soutiennent les armes des Sillans placées sur un cartouche entouré de lauriers. De chaque côté, deux vases drapés et d’où sortent des flammes en terminent la décoration supérieure.
Les diverses restaurations faites à l’église ont amené des substitutions dans les épitaphes des deux monuments. C’est ainsi que lors de la destruction du tombeau d’Antoine II, l’épitaphe qui en ornait la base fut enlevée et incrustée dans le pavage du sanctuaire. Elle se composait de dix huit  vers disposés en deux colonnes.
L’autre, celle d’Antoine III, avait disparu. En refaisant le pavage du choeur on enleva la plaque de marbre qui y était incrustée, et on la plaça à la base du tombeau d’Antoine III qui n’en avait plus. C’est ainsi que l’épitaphe d’Antoine II est aujourd’hui appliquée au mausolée d’Antoine III de Sillans.

Texte rédigé d’après une note d’Abel Decauville Lachénée en 1896.


mercredi 29 juillet 2020

Juin 1749 - La démolition de la nef de la chapelle du prieuré de St Gabriel (Creully sur Seulles) est décidée...

 En juin 1749, un marché fut conclu entre Pierre Gabriel Moisson, prêtre religieux et procureur de l'abbaye Sainte Trinité de Fécamp et Don Pierre Lenfant, religieux du prieuré de Saint Gabriel avec  Antoine et Abraham Lerenard, maçons assocés, pour démolir la nef de l'église du prieuré de Saint Gabriel. Mes recherches m'ont amené à découvrir le document de ce marché.


 Ci-dessous, extrait du descriptif des travaux vu aux archives départementales (un clic dessus pour l'agrandir)



samedi 25 juillet 2020

Mystères à la forteresse féodale de Creully (Creully sur Seulles)


Je vous invite à une balade dans un texte et au mystérieux château féodal de Creully.

Redevenu maître de son château par une glorieuse conquête contre les anglais (1358), le baron de Creully comprit la nécessité soit de compléter ce que les Anglais avaient rétabli pendant leur occupation soit de construire de nouveaux bâtiments pour ajouter à la force et à l’importance des fortifications.  C’est évidemment à cette époque qu’il faut attribuer une partie des bâtiments qui existent aujourd’hui La grosse tour encore debout qui s’élève sur le rempart avait été probablement rasée au moins dans la partie supérieure Elle fut exhaussée en y adaptant dans le but de la défendre des machicoulis dont la forme ne se rencontre point dans l’architecture militaire antérieure au XIVe siècle Le donjon tour d’observation pour surveiller le pays fut relevé et on lui donna la forme octogone qui n’a été introduite qu’après cette époque les donjons antérieurs étant tous ou carrés ou cylindriques Enfin il est aisé de remarquer une sorte de mélange entre les constructions destinées à l’habitation et celles servant à la défense et ce mélange est un des caractères auxquels on reconnaît les fortifications du XIVe siècle introduites lorsque les châteaux prirent des formes plus régulières Cette restauration du château de Creully mis à l’abri d’attaque rendit un service considérable au pays pendant les années qui s écoulèrent avant la pacification complète.
Le baron de Creully ouvrit ses vastes souterrains et ses galeries voûtées à ses vassaux et sans distinction aux habitants des paroisses voisines pour y serrer leurs provisions et y déposer leurs valeurs mobilières à l’abri du pillage des maraudeurs armés qui infestaient les campagnes Ces caves étaient bien autrement profondes qu’elles ne le sont aujourd’hui : des remblais énormes les ont comblées jusques à la hauteur du fût des colonnes romanes de sorte qu’il n’en reste plus que la partie qui formait la voûte.
Ouverture de cachot. Derrière, des gravats du remblais d'un ancien fossé.



Ancien accés de salles souterraines encore inconnues?

Est-ce une entrée d'un souterrain ?

Il y-a-t-il d'autres escaliers inconnus?


mardi 21 juillet 2020

Je vous invite à une balade sur les remparts du château de Creully.(Creully sur Seulles)



Par un petit escalier, montons sur les remparts.













 Ci-dessous, le château de Creullet.

vendredi 17 juillet 2020

1824 - Un des meurtriers d'Amblie (localité voisine de Creully sur Seulles ) monte à l'échafaud en dansant...


Un crime affreux a été commis le 3 janvier 1824 à Amblie, village des environs de Creully. Des assassins ont pénétré le soir dans le domicile d'une veuve presque septuagénaire, sans que les nom­breux voisins les aient entendus ; ils ont étranglé cette infortunée, se sont
emparés du fruit de ses économies. Après avoir consommé leur forfait, les brigands ont eu l'audace de trainer le cadavre au travers du village, de le porter dans une petite rivière peu éloignée, de le déposer en face d'un moulin habité ; afin de persuader que la malheureuse veuve s'était noyée par accident, ils ont placé près d’elle une cruche qui lui servait habituellement à puiser de l'eau dans cet endroit. Mais la Providence, qui ne permet pas le triomphe du crime, a bientôt déjoué les précautions dont il cherchait à se cou­vrir. M. le juge d'instruction s'est transporté à Amblie, accompagné d'un chirurgien. Les traces de la strangulation, qui n’étaient pas apparentes au moment où elle avait eu lieu, se sont manifestées de la manière la plus évidente, et l'ouverture du cadavre n’a pu laisser à cet égard l'ombre d'un doute. Deux frères signalés par la clameur publique, par une mauvaise réputation et par une foule d’indices, ont été arrêtés sur le champ et conduits en prison. Parmi les char­ges qui s’élèvent contre eux, il en est une qui confond la sagesse hu­maine et force l'homme de bonne foi à reconnaître les desseins et la sagesse de celui qui fait jaillir la lumière des ténèbres même. On avait trouvé à terre chez la veuve un bouton en métal, sans queue, qu’elle avait peut-être arraché en se débattant contre les assassins , et, dans les perquisitions qui ont été faites au domicile des individus arrêtés, on a non seulement découvert une veste dont les boutons sont du même métal, de la même forme et de la même grandeur que le premier, mais un des boutons de cette veste a été arraché , il nest resté que la queue ; et en la rapprochant du bouton trouvé, elle s’y adapte parfaitement.
Un clic sur l'article pour l'agrandir
Les deux frères Tillard, de la commune d’Amblie, condamnés à la peine de mort, par un jugement de la cour d’assises de Caen, en date du 3o mai dernier, pour avoir étranglé la veuve Bobère, ont été exécutés le 16 juillet 1824. Ces malheureux ont montré une au­dace, un endurcissement qui épouvantaient les spectateurs. Le plus jeune, âgé de dix-neuf ans, est monté à l’échafaud en dansant ; l’aîné avait vingt ans. 
La section criminelle de la cour de cassation avait refusé le pourvoi en grâce pour Pierre Jean Baptiste, le plus jeune.