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Creully sur Seulles - Un médecin herboriste de Creully: Romain Monin

Monin Romain - Oeuvre de Charles Boileux

Romain Monin est né à Creully (Calvados) en mars 1783. Son père, premier magistrat de la localité a été assassiné par les Chouans.Il exerça la médecine avec succès à Saint-Pétersbourg ; il quitta cette ville à la fin de 1829, et vint se fixer à Blois. Son goût pour la botanique l'amena à entrer en relation avec les botanistes du pays et plus particulièrement avec l'abbé Lefrou, auquel il avait été recommandé par Aucher-Eloi qu'il avait connu peu de temps avant son départ de Saint-Pétersbourg.
Acte de naissance

Le docteur Monin ne fit guère de médecine à Blois qu'en faveur des pauvres, et presque tout son temps se trouva ainsi absorbé par son œuvre de dévouement. Il consacra les rares loisirs qui lui étaient faits à explorer les environs immédiats de Blois et sut y découvrir un bon nombre d'espèces intéressantes ; il servit souvent de guide aux botanistes de passage à Blois, qui trouvaient toujours auprès de lui l'accueil le plus bienveillant.

Vers 1852, le docteur Monin perdit complètement la vue, rien ne pouvait lui être plus 
sensible ; la botanique était devenue pour lui une véritable passion ; il avait commencé depuis plusieurs années une flore bryologique des environs de Blois, et tout d'un coup il se voyait contraint d'abandonner ses chers travaux. C'est alors qu'il trouva dans madame Monin, la compagne, dévouée de sa vie, un aide et un collaborateur ; elle apprit à connaître les plantes, pour être à même d'en causer avec son mari et le tenir, autant que possible, au courant du mouvement scientifique de l'époque. C'est avec son concours que le docteur Monin put mettre dans un ordre excellent le bel herbier de France et celui de Loir-et-Cher, qu'il destinait depuis longtemps au Musée de la ville de Blois, en même temps qu'il rédigea un catalogue des plantes des environs de Blois et même une florule bryologique locale, avec les figures des genres ; ces deux manuscrits ont été donnés au Musée de Blois en même temps que l'herbier et un certain nombre de volumes précieux, parmi lesquels il faut citer plusieurs des grands ouvrages à planches, de Jacquin et de Pallas.

Le docteur Monin est mort à Blois, le 26 juillet 1860, laissant de grands souvenirs de désintéressement et de dévouement dans la ville où il était venu se fixer.

Durant son séjour à Saint-Pétersbourg, il s'était lié avec les botanistes russes les plus en renom, et il reçut d'eux un grand nombre de plantes très peu répandues à cette époque dans les herbiers. C'est ainsi que de Prescott lui donna des plantes de l'Altaï ; Fischer une grande quantité de plantes de Sibérie ; Turczaninoff lui fit parvenir à Blois presque tous les types du Flora Baicalensi-Dahurica.

 Plus tard, le docteur Monin, qui s'efforçait avant tout de constituer un herbier de France aussi complet que possible, échangea presque toutes les plantes qu'il avait récoltées lui-même en Russie et celles qu'il avait reçues de Sibérie. La plus grande partie alla enrichir le grand herbier de M. Lenormand qui, de son côté, lui donna plus de 2 000 plantes de France. Parmi les plantes les plus intéressantes, découvertes par le docteur Monin, en Loir-et-Cher, il faut citer : Draba muralis, aux Ponts Chartrains ; Hypericum montanum, au bois de Briou ; Trifolium maritimum, à Saint-Lubin : Myosotis sylvalica, à Onzain ; Chaiturus marrubiastrum, à Saint-Laurent-des-Eaux : Euphorbia Gerardiana, au Tertre-Blanc ; Tragus racemosus, à Veuves ; Crypsis alopecuroides, dans les sables de la Loire, etc., etc.
Acte de naissance



 




1789 - Les doléances des paroissiens de Villiers le Sec (Creully sur Seulles)

Courant janvier 1789 un règlement royal est adressé par le pouvoir aux agents du roi afin d'organiser les élections des députés aux Etats-Généraux.
La préparation des élections avait apaisé les campagnes. Il semble qu'il n'y est pas eu véritablement de campagne électorale de la part du pouvoir royal. Par contre à l'échelle régionale, il semble certain que des organisations aient agi en répandant des modèles de revendications et de doléances à travers le pays.
Parallèlement à ces élections, de grands efforts de concertation et de rédaction sont accomplis dans tout le royaume pour apporter une réponse au roi sur les dysfonctionnements de son royaume et les doléances de ses sujets. Dès janvier, dans toutes les paroisses de France, se rédigent les cahiers de paroisses qui, regroupés, mis en forme et résumés lors des assemblées de bailliage deviendront les cahiers de doléances avec lesquels les députés élus monteront à Versailles.

Le texte ci-dessus est sans rectifications ortho grammaticales.

    Cahier de doléances de la paroisse de Villiers-le-Sec     (1er mars 1789) :

« La suppression des gabelles, des aides, des commis et fermiers généraux ; simplifier le cours de la justice et en ôter ses alentours dangereux qui peut empêcher les mal­heureux de soutenir une bonne cause et mettre tout le monde à portée de faire valoir ses droits ; une juste  répartition des impôts où l’équité préside ; la suppression de toutes les dîmes insolides acquises par des voies injustes ; les paroisses sur le bord de la mer su­jettes aux gardes côtes étant infiniment chargées par la levée des matelots canonniers auxiliaires, soient aidées par toutes les paroisses de cinq lieues aux environs; de pouvoir faire usage de l’eau de mer tant pour fruc­tifier la terre que pour servir aux malheureux, et qui ne soient plus en butte à cette ville canaille d’archers qui leur cassent leurs vases et qui très souvent leurs font payer une amande, étant la plupart sans pain et obligé souvent de fuir leurs pays pour se soustraire aux condamnations qu’ils obtiennent contre eux à leur injuste tribunal; la diminution des droits de contrôle; la destruction des fuyes (volières), colombiers, pigeons et ga­rennes ; bien des paroisses demandent à faire des grands chemins, mais nous voulons faire voir l’utilité indispensable de celui que demande la paroisse de Villiers-le-Sec : Il est déjà commencé ; il va de ville en bourg de Bayeux à La Délivrande et au bourg de Creully ; c’est par ce chemin là que tous les habitants du bord de la mer qui sont sans bois ni cidre sont obligés de passer pour aller les chercher sept ou huit lieues de l’autre côté de Bayeux ; c’est par cette même route que le carreau pris aux environs de Creully passe journellement pour la ville de Bayeux et s’est environs ; enfin, c’est par cette même route que passe toute les huîtres partant de Grandville à Courseulles pour les for­tifier dans les parcs à Courseulles, afin de les rendre à Paris, qui cause un dommage considérable aux bords du chemin, les voituriers passant aux travers des terres ensemencées pour éviter le mauvais chemin écrasé par les voitures qui passent par-là continuellement, quoique cette route soit toujours entretenue par les bords ; quoiqu’on paye pour les chemins, nous som­mes toujours exposés aux frais du bureau des finances. » 
De l’écriture de Pierre Le Bault, signataire.

Le bon Louis Félix Etienne Turgot de Lantheuil selon le "Haro".



En novembre 1839, un nouveau journal voit le jour : Le Haro, National Normand, qui jouera un rôle de premier plan dans la vie caennaise et ses environs. Après avoir ajouté la mention « Journal Républicain » à son titre, sa parution sera suspendue par arrêté du préfet du Calvados en date du 4 décembre 1851 Les "extrémistes" de Caen et des environs y trouvèrent des articles en faveur de la République. Il ne dissimule pas ses opinions. Des articles véhéments attireront l'attention de l'administration, entraînant des procès et des condamnations. Malgré cela, Le Haro connaîtra un vif succès.
C'est dans le numéro du 31 décembre 1843 que j'ai trouvé ce compte-rendu sur la vie festive de la petite localité de Lantheuil, près de Creully.

Lantheuil— Les sommités parisiennes, pairs, ministres, ar­tistes, députés, etc., font comme les princes ; elles voyagent ou se livrent aux doux plaisirs de la villégiature. Les campagnes se ravi­vent et prennent parfois un air de fête par suite de ces voyages. C’est ce qui est arrivé dimanche dernier à Lantheuil, où se trouve en ce moment un pair de France qui dans la dernière session a eu le courage, au palais du Luxembourg, d’interpeller plusieurs fois le ministère, et de prendre en main la défense des intérêts de la France.
Une réunion de famille, de voisins et d’amis, nous écrit un de nos correspondants, a eu lieu à Lantheuil, pour fêter ce pair qui se nomme Louis. Le bruit s’étant répandu à l’avance qu’un feu d’artifice devait être tiré, les habitants des communes voisines étaient accourus aux environs de Lantheuil pour jouir de ce spec­tacle agréable et nouveau pour la plupart d’entre eux. Le feu d’ar­tifice a été suivi du départ d’un fort joli Ballon aux trois couleurs, qui a parfaitement réussi. Le feu d’artifice et le ballon avaient été confectionnés par M. Fleury, artificier à Caen.

Le château de Lantheuil

Au reste, l’honorable pair dont nous parlons marque son pas­sage à Lantheuil par des bienfaits ; il règne dans cette commune, depuis quelques jours, une espèce d’épidémie. M de ***** (1) a mis à la disposition des habitants un médecin, un pharmacien, et de plus il donne chez lui tout ce qui peut être utile pour les malades et les convalescents. De pareils traits sont assez rares pour que nous nous hasardions à blesser même la modestie du bienfaiteur quand ses bienfaits viennent à notre connaissance.

(1) Quel est cet homme qui apportât son soutien aux habitants de Lantheuil :

Louis Félix Etienne Turgot de Sousmont – Marquis de Turgot

Il vit le jour à Bons-Tassilly dans le Calvados le 26 septembre 1796.
Pair de France le 11 octobre 1832.
Ministre des affaires étrangères (26 octobre 1851 - 28 juillet 1852).
Sénateur (29 juillet 1852).
Ambassadeur en Espagne (12 mars 1853) en suisse (21 août 1858).
Capitaine adjudant major au 1° régiment des cuirassiers de la garde royale (26 janvier 1827) démissionnaire (27 juillet 1830), réintégré (1° aout 1830) Lieutenant-colonel de la première légion de la garde nationale de Paris (16 juin 1850) Grande croix de la légion d'honneur.

Il décéda le 30 septembre 1866 à Versailles.
Il sera inhumé dans la chapelle familiale du cimetière de Lantheuil.

L'acte de décès de Louis Félix Etienne Turgot. 

Sa sépulture à Lantheuil.

Une nuit de feu au bois du Galeté, derrière le château de Lantheuil.

Entre Saint-Gabriel et Lantheuil, septembre 1900

La journée du 15 septembre 1900 s'était achevée dans le calme des campagnes du Bessin. Les dernières lueurs du soleil s'étaient éteintes derrière les haies épaisses et les grands chênes qui bordaient le bois du Galeté, vaste massif boisé séparant les communes de Saint-Gabriel et de Lantheuil. Une légère brume montait déjà des prairies humides, enveloppant les chemins creux d'un voile blanchâtre, tandis que la lune, encore discrète, peinait à percer les nuages.

À cette heure où les honnêtes gens avaient depuis longtemps regagné leurs maisons, d'autres hommes se préparaient à une tout autre besogne.

Depuis plusieurs semaines, les propriétaires des environs se plaignaient d'une recrudescence inquiétante du braconnage. Les lapins disparaissaient des garennes, les faisans se faisaient rares, et même quelques chevreuils avaient été retrouvés abattus clandestinement. Les habitants murmuraient le nom de plusieurs hommes connus pour leurs expéditions nocturnes, mais personne n'avait encore réussi à les prendre en flagrant délit.

Cette nuit-là, il avait donc été décidé de leur tendre un piège.

Le rendez-vous avait été fixé à dix heures et demie précises. La petite troupe chargée de la surveillance réunissait la brigade de gendarmerie de Creully, le garde champêtre de Saint-Gabriel, le garde particulier de Monsieur Delacour, important propriétaire des environs, ainsi qu'un garde de la commune de Lantheuil. Tous connaissaient parfaitement ces bois où les sentiers disparaissaient sous les fougères et où chaque talus pouvait dissimuler un homme.

Les gardes arrivèrent les premiers. En silence, ils gagnèrent leurs postes, progressant avec précaution pour ne pas faire craquer les branches mortes. On n'entendait que le bruissement du vent dans les feuillages et, de loin en loin, le cri d'une chouette.

Soudain, deux silhouettes émergèrent de l'obscurité non loin du château de Lantheuil.

Les hommes marchaient d'un pas assuré, leurs fusils sur l'épaule. Aucun doute n'était permis : il s'agissait bien de braconniers.

Le garde particulier retint son souffle. Encore quelques instants, et les gendarmes, qui devaient les rejoindre, pourraient leur couper toute retraite.

Mais dans cette attente fébrile, l'un des gardes commit une imprudence qui allait bouleverser toute l'opération.

Pensant hâter l'arrivée des militaires, il dégaina son revolver et tira un coup de feu en l'air.

La détonation éclata dans la nuit comme un coup de tonnerre.

Le silence des bois vola en éclats.

Les deux braconniers sursautèrent.

Pendant une fraction de seconde, chacun demeura figé.

L'un des hommes crut sans doute que l'on venait d'ouvrir le feu sur lui ou sur son compagnon. Sans chercher à comprendre, il épaula son fusil presque instinctivement et tira dans la direction d'où était venu le bruit.

Le coup partit à bout portant.

La gerbe de plomb atteignit le garde champêtre de Saint-Gabriel, qui vacilla avant de s'effondrer derrière un talus, sous les cris de ses compagnons.

Profitant de la confusion, les deux hommes prirent aussitôt la fuite.

Ils s'enfoncèrent à toute vitesse dans les chemins forestiers, courant en direction de Creully. Les gendarmes se lancèrent à leur poursuite, franchissant fossés et broussailles dans une course éperdue éclairée seulement par quelques lanternes vacillantes.

Pendant plusieurs centaines de mètres, l'un des militaires parvint même à réduire considérablement la distance qui le séparait des fugitifs.

Il croyait les tenir.

Mais soudain, le plus déterminé des braconniers se retourna brusquement.

Dans un geste aussi rapide que menaçant, il épaula son fusil et le pointa droit sur le gendarme.

Durant quelques secondes qui semblèrent une éternité, les deux hommes restèrent face à face.

Le militaire comprit qu'un pas de plus pouvait lui coûter la vie.

Cette hésitation suffit.

Les fugitifs profitèrent de cet instant de répit pour disparaître dans les chemins obscurs qui menaient vers Creully, avalés par la nuit normande.

Malgré les recherches entreprises jusqu'aux premières heures du matin, malgré les battues organisées dans les environs et les témoignages recueillis dans les communes voisines, les deux braconniers demeurèrent introuvables.

Au village, la nouvelle se répandit dès l'aube.

On parla longtemps de cette nuit mouvementée du bois du Galeté, où une simple opération de surveillance avait failli tourner au drame. Chacun commentait les événements, certains reprochant l'imprudence du coup de revolver tiré en l'air, d'autres admirant le sang-froid des gendarmes qui avaient poursuivi les fugitifs malgré les risques.

Quant au garde champêtre de Saint-Gabriel, les médecins constatèrent avec soulagement que les plombs ne lui avaient causé que des blessures superficielles. Plus de peur que de mal : sa vie n'avait jamais été véritablement en danger, et quelques semaines de repos suffiraient à le remettre sur pied.

L'affaire demeura néanmoins dans les mémoires locales comme l'une des plus violentes confrontations entre gardes et braconniers survenues dans le Bessin au début du XXᵉ siècle. Elle rappelait combien le braconnage, loin d'être une simple chasse clandestine, pouvait parfois conduire des hommes ordinaires à faire parler les armes dans l'obscurité des bois.

Le département du Calvados décrit il y a 200 ans.


 Lors de mes recherches sur l'histoire des localités de notre contrée, je découvris un ouvrage intitulé " Panorama géographique français" datant  de 1825 et décrivant les départements de notre France.

Il est trés intéressant de lire la description de notre département du Calvados écrite voilà deux cent ans ; en voici le texte en respectant l'orhographe de l'époque.

Une précision, Je suis d'accord avec la dernière phrase de ce texte.

Chef-lieu. CAEN, à 53 lieues connu, de Paris.

Un vaisseau espagnol, nommé le Calvados, se perdit jadis dans la Manche, sur les côtes de Normandie. Il donna son nom au banc de rochers sur lequel il échoua, et celui-ci le transmit depuis au dépar­tement. Ce pays est fertile en grains, en excellents pâturages; on y récolte beaucoup de pommes à cidre. Il possède quelques ports de mer, au nombre desquels Honfleur. La dentelle, branche la plus in­téressante de l’industrie de ce département, occupe un grand nombre d'habitants à Caen, à Bayeux et à Vire, et dans leurs environs. On trouve, dans le Calvados, quelques carrières de pierres à chaux et d’ardoises, comme aussi des mines de tourbe et de charbon.


CAEN, préfecture, est situé au confluent de l'Odon avec l’Orne, qui forme un petit port de mer. Cette ville est grande, bien bâtie et très riche. Elle doit son origine â un château que bâtit Guillaume-le-Conquérant ; et cependant on trouva, en creusant son port, des médailles romaines des Constantins. Une grosse baleine vint y échouer dans le septième siècle. On remarque à Caen l’hôtel-de-ville, la pyramide de Saint-Pierre, le palais de justice, la place royale, le jardin botanique, une riche bibliothèque, le Cours-la-Reine, le collège, et le tombeau de la reine Mathilde. C’est la patrie de Malherbe, de Huet, Savary, Sarrazin, Tanneguy-le-Fèvre, Bois-Robert, Malfilâtre, Segrais , Porée , Fontenay , de Lord Bolingbrocke, et de Mme Dacier. Caen possède aussi une académie, une société d’agriculture. C’est une ville com­merçante et des plus industrieuses ; ses bains sont fréquentés. — Le village d’Allemagne, près de là, offre une carrière de pierres de taille, où l’on a trouvé un squelette de crocodile fossile. — Neuilly, près d’Evrecy, fabrique des fromages de Hollande. — Troarn, contient à Saint-Pair un superbe établissement pour la culture des plantes étrangères. — Tilly-sur-Seule, connu pour son beurre salé, a des papeteries. — Creuilly renferme de très belles halles ; son vieux châ­teau est très fort. C’est à Courseule, vers le nord, que l’on met par­quer une grande partie des huîtres de Cancale. — Au nord de Douvres est l'ancien pèlerinage de la Délivrande.

Sous-préfectures : Bayeux, Vire, Falaise, Lisieux , Pont-l’Evêque.

BAYEUX , patrie de Mansard, est cité pour ses fabriques de den­telles, de siamoises,de calicots, ses teintures, son commerce d’ognons de fleurs, etc. Cette ville est assez bien bâtie sur l’Aure ; on y re­marque la tour de l’horloge et la tapisserie de la reine Mathilde, offrant l’histoire de Guillaume-le-Conquérant. On attribue la fondation de Bayeux à Bélus II, roi de Babylone, et plus communément à Jules César. Ravagée par les Normands et les Anglais, elle ne con­serve rien de son antiquité. On a trouvé, aux environs, des urnes ci­néraires gauloises. — Isigny, sur la Vire, près des passages du petit et du grand Vay, est renommé pour son beurre et son cidre. — Le château-fort de Balleroy est de Mansard. C’est dans la fosse du Soucy, que l’Aure et la Drôme se perdent pour reparaître au Port-en-Bessin.

VIRE fabrique des draps, des papiers, des réseaux de fil et de soie. Cette ville fut donnée en otage pour la rançon du roi de France, pris à la bataille de Poitiers. Elle fut cruellement ravagée par les hugue­nots. Vire fait partie de l’ancien Bocage ; ses églises et son Hôtel-Dieu sont remarquables. Olivier Bassecourt, poète né à Vire, fit plusieurs chansons appelées dans le pays Vaux-de-Vire d’où vaudeville. — Le bourg d’Aulnay était jadis célèbre par son abbaye. — Chenedollè, qui vit naître l’auteur du Génie de l’homme, est voisin de Vassy, bourg brûlé en 18o3. — Condé-sur-Noireau, bourg fort industrieux, possède des ruines romaines.

FALAISE, patrie de Guillaume-le-Conquérant, est industrieuse et commerçante. Sa foire de Guibray est des plus considérables. On a découvert, près de là, en déracinant un if, un amas de têtes hu­maines.

LISIEUX, sur la Touque, jadis capitale des Lyobiens, est une ville très ancienne ; ses rues sont larges, ses maisons en bois ; on y re­marque l’ancien évêché. Le généreux Hennuyer y résida. — Livarot est connu pour ses fromages.

PONT-L'EVEQUE, patrie de la Place et de Thouret, fait commerce de beurre et de fromages excellents. Honfleur, au nord, est la ville la plus considérable de l’arrondissement. Patrie de Ganneville, Chuot et Lelièvre, navigateurs célèbres ; cette ville est ancienne, placée sur la rive gauche de l’embouchure de la Seine, vis-à-vis le Havre ; son port est fréquenté, ses relations avec les colonies sont fort étendues. Cette place, jadis très forte, subit plusieurs sièges.

Les femmes de Caen et du Calvados passent pour être des plus belles.

Le dindon du cabaretier des environs de Bayeux

 

            Dans les doux environs de Bayeux, où la Mi-Carême se préparait à éclore telle une fleur délicate au cœur du printemps normand, un cabaretier, homme au rire franc et au ventre généreux qui tremblait à chaque éclat de joie, avait fait
l'acquisition d'un dindon magnifique. Ce volatile, d'une prestance royale, arborait un plumage si lustré qu'il semblait tissé de fils de soie. En le contemplant, le cabaretier rêvait déjà des festins qu'il inspirerait, des coupes levées en son honneur, et des visages émerveillés et réjouis autour de ses tables.

Afin d'attirer les villageois vers son auberge fleurie, il conçut une idée qu'il jugea lumineuse : promener le dindon dans les rues du village, tel un prince en procession, paré d'une pancarte vantant ses mérites. Avec sa main rustique, il inscrivit, non sans quelques fautes d'orthographe qui ajoutaient un charme pitoyable au message :

Mais alors qu'il s'apprêtait à coller l'avis sur la noble créature, le garde-champêtre de la commune entra dans l'auberge, ses bottes crottées laissant des traces de boue sur le sol, sa moustache droite et sa voix grave comme un tambour d'appel. Le cabaretier, honoré par cette visite inattendue, posa son affiche fraîchement encollée sur une chaise et servit deux verres de cidre doré pour trinquer à la santé de la République.

On parla des cultures qui pousseraient bientôt, des jeunes filles à marier, et des rumeurs qui circulaient sur la grand-route. Puis, le garde-champêtre, repu de conversation et de boisson, repartit fièrement, le dos droit et le pas assuré.

Mais soudain, comme un frisson farceur dans l'air printanier du village, une étrange agitation se propagea. Des rires, d'abord étouffés, commencèrent à s'échapper des ruelles. Les enfants gloussaient derrière les barrières de bois, les femmes cachaient leur bouche dans leur tablier pour étouffer leurs éclats de rire, et les hommes toussaient discrètement pour ne pas laisser échapper leur hilarité.

Le garde-champêtre, étonné par cette gaieté soudaine, fit halte chez l'instituteur, homme lettré et sérieux, toujours penché sur des livres empilés. Il entra, salua avec respect, mais à peine s'était-il tourné pour refermer la porte qu'un rire insolent éclata, cristallin et incontrôlable, envahissant la pièce de sa mélodie joyeuse.

Alors il comprit.

L'affiche. La colle. La chaise.

La sentence comique était scellée : la pancarte vantant les mérites du dindon avait trouvé refuge sur la partie la plus exposée, ou peut-être la plus intime, de son uniforme. Et partout où il passait, il arborait fièrement, sans le savoir, ce message publicitaire.

Rougissant jusqu'aux oreilles, il se retourna vers l'instituteur, qui, derrière ses lunettes cerclées de métal, observait la scène avec un amusement manifeste.

— Comment ? Personne ne m’a arraché cela ?  S’exclama-t-il, les joues empourprées par l'embarras.

Et l'instituteur, avec un calme ironique et un sourire mal contenu, répondit d'une voix teintée d'une malice contenue :

— Non, certes. L’affiche défend de toucher l’animal.

Le dindon du cabaretier des environs de Bayeux

 


Dans les doux environs de Bayeux, alors que la Mi-Carême se préparait à éclore comme une fleur au cœur du printemps normand, un cabaretier — homme jovial au ventre rond et au rire facile — avait acquis un dindon splendide, à la prestance royale et au plumage lustré comme la soie. Il rêvait déjà des festins qu’il inspirerait, des coupes levées à sa gloire, et des visages réjouis autour de ses tables.

Afin d’attirer les villageois vers son auberge fleurie, il conçut une idée qu’il jugea lumineuse : promener l’animal dans les rues, tel un prince au défilé, paré d’une pancarte vantant ses mérites. Il y inscrivit de sa main rustique, non sans fautes charmantes :

« Le dindon que voici sera promener par le village, à faim que chacun puisse voir cépate, ça ôteur, çà grosseur, ça graisse et sa kraite. Il sera rotti demein, il sera mangé à une eure, le prix du diner est de 1 F, sans les zestras. — Il est défendu de toucher l’animal. »

l'orthographe du cabartier
Mais alors qu’il s’apprêtait à coller l’avis sur le noble volatile, le garde-champêtre de la commune entra, bottes crottées, moustache droite, et voix grave comme le tambour d’appel. Le cabaretier, honoré, posa son affiche fraîchement encollée sur une chaise, et servit deux verres de cidre pour trinquer à la santé de la République.

On parla des cultures, des filles à marier et des rumeurs de la grand-route. Puis, le garde-champêtre, repu de conversation et de boisson, repartit fièrement, le dos droit et le pas assuré.

Mais soudain, comme un frisson farceur dans l’air du village, une étrange agitation monta. Des rires, d’abord étouffés, s’échappaient des ruelles. Les enfants gloussaient, les femmes cachaient leur bouche dans leur tablier, et les hommes toussaient pour ne pas éclater.

Le fonctionnaire, étonné de tant de gaieté soudaine, fit halte chez l’instituteur, homme lettré et sérieux. Il entra, salua, mais à peine s’était-il tourné pour refermer la porte qu’un rire insolent éclata, cristallin, incontrôlable.

Alors il comprit.

L’affiche. La colle. La chaise.

La sentence comique était scellée : la pancarte vantant le dindon avait trouvé refuge sur la partie la plus exposée — ou la plus intime — de son uniforme. Et partout où il allait, il arborait fièrement, sans le savoir, ce message publicitaire.

Rougissant jusqu’aux oreilles, il se retourna vers l’instituteur :

— « Comment ? Personne ne m’a arraché cela ? »

Et l’instituteur, avec un calme ironique et un sourire mal contenu, répondit :

— « Non, certes. L’affiche défend de toucher l’animal. »


Il y a 17 ans, j'eus envie de partager mes recherches historiques.

Originaire de Creully, l'une de mes passions consiste à collectionner des documents anciens et des objets liés à cette localité du Calvados.
Mon unique objectif est de rassembler et de partager.
J'aspire à réunir un maximum d'informations sur l'histoire de Creully-sur-Seulles et de ses environs, que ce soit en ce qui concerne les châteaux, les églises, mais aussi la vie communale, ses habitants, les industries, la coopérative agricole, les moulins, les artisans, les commerces, la compagnie des sapeurs-pompiers, et bien d'autres aspects encore.
Je souhaite partager mes découvertes avec un public plus vaste, permettant ainsi à davantage de personnes de se familiariser avec le passé de la région.
Il y a de cela 17 ans, j'ai créé mon blog dans le but de faciliter cette démarche de partage. Aujourd'hui, une nouvelle page se tourne : à la demande de nombreux internautes, mon blog évolue pour devenir « Creully sur Seulles et ses environs ».
Afin de rendre la consultation de mes articles plus aisée (il y en a plus de 1500), un moteur de recherche interne est disponible.
Je suis constamment à la recherche de nouvelles pièces en explorant les archives départementales, notamment celles du Calvados, ainsi que les archives des évêchés. Je me rends également dans différentes bibliothèques, notamment à Caen et Bayeux, ainsi qu'à la Bibliothèque nationale, tout en consultant les journaux et les revues des décennies précédentes. La participation des internautes est précieuse grâce aux prêts de documents, notamment de photos.

Creully - Dans le "Sac à dos" de G.Migeon

Un livre datant du début des années 1900, "Sac à dos",  décrit des paysages de France et d'Algérie.
Un article et une gravure ont pour thème le château de Creully, vous les trouverez ci-dessous.

Il est deux excursions que les baigneurs qui fréquentent l'été les plages normandes des environs de Caen ne peuvent se dispenser de faire : visiter Creully et Fontaine-Henry, dont les châteaux, construits à des époques différentes, conservent chacun un caractère bien particulier ; celui de Creully, par sa position et ses défenses, est un curieux vestige de la féodalité ; celui de Fontaine-Henry, un beau spécimen de l'architecture de la renaissance.

On s'y rend de Courseulles, petit port de cabotage, célèbre par ses parcs d'huîtres ; situé à l'embouchure de la Seulles, un fleuve minuscule, il possède une jolie plage, un port fréquenté par des navires de tous pays, et des environs boisés et fort pittoresques.
En quittant Courseulles, la route qui mène à Creully s'élève en pente douce jusqu'à un vaste plateau d'où l'on jouit d'une vue magnifique : en face, la mer, aux teintes glauques ; dans le bas, Courseulles, avec son port et son vieux château Louis XIII ; puis la côte où se dressent les jolis clochers de Bernières, de Saint-Aubin, de Langrune ; à droite, une vallée, formant comme un cirque de gras pâturages, que traverse le cours sinueux de la Seulles.
La route passe ensuite à Banville, un petit village perdu dans des bouquets d'arbres, puis à Tierceville, où elle bifurque à gauche, pour monter jusque sur la hauteur dont la Seulles baigne le pied, et sur laquelle s'étend Creully et son vieux château.
On débouche sur une vaste place ; au fond s'élève l'église, très petite, mais fort remarquable, du milieu du XIIe siècle, et dont les voûtes sont ornées de nervures romanes du style le plus pur. Cette église servait jadis de sépulture aux puissants barons de Creully ; on y voit encore le tombeau d'Antoine III et d'Antoinette II de Sillans. Sous le chœur, dans une sorte de crypte, on conserve quelques fragments des autres sépultures.
A droite de la place de l'église s'ouvre une petite grille donnant accès sur une allée plantée d'arbres, resserrée entre deux murs, et qui aboutit à ce qui devait être autrefois la cour d'honneur ; on y accède en franchissant un pont jeté sur les anciens fossés.
De la cour d'honneur, transformée en un fort beau jardin, on aperçoit la façade principale du château: un grand mur, percé de rares fenêtres, au sommet crénelé et flanqué d'une tourelle demi-circulaire, se terminant par une coupole. Au-dessus du toit, on voit le haut du donjon. Toute cette partie de l'édifice date du XVIe siècle.

 
Du côté opposé, les murs du château descendent à pic jusque sur les bords de la Seulles ; à la hauteur du premier étage s'étend une terrasse au parapet crénelé, sur laquelle s'élève le donjon, haute tourelle du XVe siècle, et une élégante cheminée à moulures du XIVe siècle. Comme on le voit, ces constructions sont complexes ; elles se dressent sur des caves voûtées, à nervures romanes qui sont la partie la plus curieuse de l'édifice. Dans la salle des gardes, on voit une cheminée de proportions colossales, et dans toutes les pièces du rez-de-chaussée, on retrouve les pièces voûtées de l'époque romane.
Les barons de Creully jouèrent un rôle considérable sous les règnes de Guillaume le Conquérant et de ses successeurs. En 1108, le château appartenait à Robert de Kent, fils naturel de Henry Ier ; plus tard, il eut pour seigneur un Glocester ; ses propriétaires avaient la réputation de barons pillards et batailleurs, sur lesquels on raconte maintes histoires terribles, entre autres, celle d'un certain baron qui, mécontent des procédés de l'évêque de Bayeux, mit le feu aux quatre coins de la ville et la réduisit en cendres.
Au XIVe siècle, les Anglais s'emparèrent du château, bien que Richard de Creully l'eût fait en partie démanteler par précaution ; quelques mois après, le château fut repris, et la garnison anglaise massacrée.
Vers le commencement du XVIe siècle, le château de Creully passa dans la famille des Sillans ; plus tard, il devint la propriété de Colbert ; maintenant il appartient à Mme Paysan Duclos, qui l'entretient avec un art et un soin tout particuliers.
Le château avait jadis des oubliettes, souterrain maintenant bouché, et qui, dit-on, passait sous la Seulles et communiquait avec le château de Courseulles.
 
 






 

1914-1918 - Creully sur Seulles, Lantheuil, un arbre (généalogique) belge, nommé Gildemyn, développa une branche.

La construction d'un petit séminaire débute en 1824 à Villiers le Sec. Il accueillera des jeunes se destinant à la prêtrise.
Il fonctionnera jusqu’en 1905, où il doit fermer ses portes, suite à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
La Première Guerre mondiale débute. La Belgique est très vite envahie, poussant vers la France un flot de civils dont un grand nombre vont se réfugier en Normandie, particulièrement dans le Calvados.
C’est ainsi que le 8 décembre 1916, le petit séminaire de Villiers-le-Sec accueille ses premiers blessés convalescents. 8218 soldats belges y seront hospitalisés avant qu’il ne ferme ses portes le 27 décembre 1918.

Un petit chemin qui s’enfonce dans la campagne, longe le mur ouest de l’ancien hôpital. Il est appelé depuis la fin de la Première Guerre mondiale : « Le chemin des veuves ».
Plusieurs femmes de la commune et des environs, dont les époux étaient partis à la guerre et pour certains décédés au combat, venaient dans ce chemin « se consoler » dans les bras des soldats belges convalescents.
Mais des jeunes filles célibataires des environs venaient-elles aussi à Villiers le Sec ?
Un jour, une jeune habitante de Lantheuil, un village au sud de Creully, rencontra un militaire belge nommé Léopold. Ainsi une branche de la famille Gildemyn, belge, se développa dans notre contrée. Un des rameaux, Serge,  devint mon témoin à mon mariage.


Acte de mariage de Léopold Gildemyn et de Clotilde Saint Martin.
L'église de Lantheuil en 1918
Ils firent beaucoup d'enfants… 
Recensement de la population de Lantheuil de 1936

Les secrets de Creully à découvrir lors d'une balade....


Quoi? Un circuit de 3 km environs  dans Creully avec 10 points précis à trouver dans ce beau village. Le but? Retrouver les 10 lettres correspondantes et reconstituer un mot. Revenir à l'office de tourisme avec le mot secret.
C'est une activité non encadrée, proposée par Vik'azim, une association affiliée à la Fédération du Calvados de Course d'Orientation qui promeut cette activité sportive originale.
Où ? Venez chercher votre carte d'orientation à l'office de Tourisme jusqu' au 30 septembre, du mardi au  de 9h30 à 13h00 et de 13h00 à 17h30.
Pour qui? Pour tout public, des curieux aux sportifs, les grands et les petits. Les enfants doivent être accompagnés d'un adulte.
Comment?  À pied, à faire à son rythme.
Pourquoi? Découvrir les secrets de Creully  en s'amusant tout en se promenant.
Combien? : Gratuit!

Mars 1880 - Entre Creully et Amblie.........CHUTE


Un triste acci­dent s'est produit dans la nuit de diman­che à lundi, aux environs de Creully. M. Planchon, 42 ans, journalier à Creully, est tombé dans une carrière abandon­née, profonde d'environ 15 mètres. Ce malheureux a été rapporté chez lui quel­ques instants après, dans un état qui ins­pire de sérieuses inquiétudes.
Cet acci­dent se serait produit dans les circonstan­ces suivantes: Planchon revenait de Reviers, avec son fils, âgé de 14 ans, lors­qu'il futarrêté sur la route par deux individus restés inconnus qui lui ont cherché querelle. C'est en voulant leur échapper que le malheureux Planchon s'est égaré et est allé tomber dans cette carrière ; son fils, qui le suivait, s'est heureusement arrêté, sans cela il eût subi le même sort que son père. Ce jeune homme courut à Creully donner l'alarme, et les gendarmes se sont ren­dus immédiatement sur les lieux pour  porter secours à Planchon père. Cet hom­me est père de 5 enfants dont le plus âgé l'accompagnait lors de l'accident.