Le marché de Bayeux en 1956 un extrait d'un film retrouvé... (suite)
Le marché de Bayeux en 1956 un extrait d'un film retrouvé...
Pierre Salez, habitant des bords de la Seulles à Creully, nourrissait une passion dévorante pour le septième art. L’année 1956 marqua un tournant dans sa vie, lorsqu’il osa saisir sa caméra pour immortaliser, dans un film intimiste, les méandres de cette rivière qui serpentait au cœur de son village natal.
Les décennies s’écoulèrent, emportant avec elles les traces de cette œuvre oubliée. Mais le destin, complice des rêveurs, me permit, après des années d’une quête acharnée, de retrouver ce trésor enfoui dans les limbes du temps.
Aujourd’hui, c’est avec une émotion profonde que je vous convie à en découvrir un extrait. Laissez-vous transporter, le temps de quelques images, vers le marché animé de Bayeux, tel qu’il s’offrait aux regards émerveillés de nos ancêtres… en 1956.
Les séminaristes au petit-séminaire de Villiers le Sec (Creully sur Seulles).
Depuis 1820, un séminaire fut présent sur les terres de Villiers le Sec, non loin de Creully.
Chaque année a lieu la distribution des prix qui commence toujours par l'allocution du Supérieur : "Il est des vérités que l’on ne saurait trop répéter, parce qu’elles sont le principe du bien que nous pouvons opérer dans le fieu de notre exil, et du bonheur qui nous attend, après notre passage dans notre patrie. Ne soyez donc pas surpris si, au moment de terminer vos travaux de l’année, je viens encore vous parler du bon emploi du temps. Vous allez, il est vrai, recevoir les couronnes, prix de vos efforts, et jouir d’un repos nécessaire; mais de nouvelles luttes se préparent et réclament une nouvelle ardeur. Vous voudrez donc bien prêter encore un moment d’attention aux dernières leçons dé l’amitié...."
| La chapelle |
Voici le document qui indique les conditions d'entrée au petit séminaire de Villiers le Sec.
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| La boucle du ceinturon des séminaristes |
Creully sur Seulles - La pompe à eau retrouvée...
En me garant rue de Bayeux, à Creully, je suis passé devant l’ancienne gendarmerie. À ma grande surprise, j’y ai aperçu une vieille pompe, vestige d’une époque où les habitants n’avaient pas encore accès à l’eau courante ou n’étaient pas encore raccordés au réseau. J’ai alors pris la liberté de l’immortaliser en photo et d’enquêter sur son histoire en fouillant dans ma collection de documents anciens consacrés à ma commune natale.
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| Une ancienne photo nous permet de constater un puit appelé "puit à la colonne". (Collection personnelle de Michel F.) |
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| Sur proposition du Maire, il fut décidé en 1865 de remplacer ce puit par une pompe. |
L'arrivée de la fée électrique
Le 13 mars 1880, le Conseil municipal, fut appelé à délibérer sur la question d’installation de réverbères dans le bourg de Creully, décidée par le conseil dans sa séance du onze février dernier.
Monsieur
le préfet ayant demandé, par sa lettre du 18 du même mois de février,
communiquée au Conseil par Monsieur le Maire, à ce que les ressources
applicables à la dépense d’installation soient votées.
Le
Conseil, examinant sur des emplacements où les réverbères devraient être placés
pour éclairer suffisamment toute la partie du bourg, est d’avis que dix
réverbères seraient suffisants.
Et
attendu que d’après les renseignements fournis au Conseil par une maisonspéciale d’éclairage, la dépense d’installation s’élèverait au chiffre de mille
francs d’après un devis rédigé par Monsieur le Maire, d’après les données de la
maison d’éclairage Léon Luchaire, rue Erard, N° 27 et 28, à Paris.
Le
Conseil vote pour faire face à ces dépenses une somme de mille francs à
prélever aux réserves de celle portée éventuellement à cet effet au budget
extraordinaire de l’année mil huit cent soixante-dix-neuf, article 15, votée sans
emploi jusqu’à ce jour.
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| Avec l'arrivée de la fée électrique, elle sera surmontée d'un lampadaire. |
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| Elle est toujours en place après 1920 mais le point d'éclairage a disparu. |
Villiers le Sec (Creully sur Seulles) - Une nouvelle école choisie par Amours
Il est nécessaire de choisir un homme de bonnes mœurs, capable de s'acquitter de la fonction de maître d’école avec fruit et édification. Il sera nommé et établi par un acte en forme par le donateur sa vie durant et après par le propriétaire du fief de Villiers.
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| Emplacement de l'école |
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| L'école, rue de Bayeux |
Le dit seigneur donne une salle pour tenir l’école, fermant à porte et serrure, avec des fenêtres garnies de châssis remplis de verre et de treillis de fil de fer en dehors de ladite salle, garnie en dedans d’une table de 13 pieds de long sur 3 de large, et au-dessous, entre les pieds, 2 planches de 10 pieds au moins de long, pour déposer les papiers des écoliers ; il y a 3 bancs de 12 pieds environ de long aux côtés de la table, et des sièges de bois tout autour de la salle avec des planches au-dessus contre les murs, également pour déposer les livres des écoliers, une armoire de bois de chêne, fermant à clef et serrure, attachée contre le mur, et une chaise à bras, ou fauteuil enfoncé de paille, pour l’usage du maître d’école ; au dehors de ladite salle, 2 pieds de largeur de terrain sur l’étendue de la salle, servant de passage avec le voisin, la cour, la salle et étable avec grenier se tenant ensemble, dont le maître d’école ne pourra rien affermer, la moitié du jardin potager sis derrière la maison de l’école et du voisin, 2 sillons de terre avec pommiers à Villiers-le-Sec, delle des Crottes-Hamelin, contenant environ 5 vergées, avec les héritages de 2 vergées ½ en 2 sillons paroisse du Manoir, 80 livres de rente foncière, assise à Vaussieux, 10 livres de rente foncière, assise à Villiers-le-Sec, 23 livres de rente foncière, assise audit Villiers-le-Sec. Si les paroissiens refusent de faire les grosses réparations, le maître d’école leur signifiera qu’il les fera à ses frais et dépens , parce que pour s'en faire récompenser il fera payer par les parents des écoliers 6 sols par mois pour les lecteurs et 8 pour les écrivains, jusqu’à remboursement; il cessera d’instruire ceux qui ne voudront payer ledit écolage. En cas d’élection d’un maître d'école choisi autrement qu’en les formes susdites, sans le consentement du seigneur, substitution au bénéfice des pauvres malades de l’Hôpital de Bayeux, pour fondation d’un lit auquel le seigneur nommera.
Une lettre rare postée au bureau de "poste aux lettres" de Creully en février 1841
Les départements français ont été créés pendant la Révolution pour remplacer les anciennes provinces jugées inégales et trop liées à l’Ancien Régime. En décembre 1789, l’Assemblée décide d’une nouvelle organisation du territoire ; en février 1790, la France est divisée en 83 départements de taille comparable, portant des noms géographiques. L’objectif : égalité, simplicité administrative et fin des privilèges provinciaux.
Le département du Calvados porta donc le N°13.
À la chute de l'Empire en 1815, le nombre de départements français est porté à 86 ; les trois départements supplémentaires par rapport à ceux de 1790 sont : le Vaucluse, le Tarn-et-Garonne construit sur des portions de départements voisins et la Loire issue du département Rhône-et-Loire qui devient le Rhône.
En 1860, le rattachement de nice (Alpe-Maritime) et de la Savoie (Duché de Savoie) partagée entre les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie conduit à un total de 89 départements.
Le Calvados devint le N°14.
La numérotation des départements a apporté une rationalisation et une efficacité accrues au système postal français, tout en laissant une trace durable dans l’histoire philatélique et administrative.
Les cachets postaux ont évolué pour inclure non seulement le numéro du département, mais aussi la date et parfois le nom de la commune. Cela a permis de tracer l’historique du passage du courrier.
La marcophilie désigne l’étude des marques et des oblitérations postales. Les marcophiles, passionnés qui s’intéressent aux marques postales de collection et les collectionnent sont à la recherche de pièces rares. En particulier les erreurs de libellé dans les timbres à date.Le catalogue Chevalier, spécialiste en marcophilie, mentionne Creully (12) en type 14 de janvier à mars 1841, avec un indice de valeur important vu la brièveté de l'erreur.En effet le bureau de "poste aux lettres" de Creully, qui se trouvait dans la rue descendant de la place de l'église au bief de la Seulles, reçu un cachet postal avec le N°12 pour le département du Calvados qui je le rappelle avait le N°13.
Heureux collectionneur, je possède moi-même une lettre frappée de ce cachet erroné, datée du 9 février 1841.
Creully sur Seulles - Le curé de Villiers le Sec et les paroissiens récalcitrants.
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| Eglise de Villiers le Sec |
De Villiers
le Sec le 20 de janvier 1804.
Monsieur,
Je
n’entrerai point dans de trop longs détails sur le fait que je suis obligé de
vous raconter par la présente lettre : vendredi six janvier il a plu à plusieurs
habitants de Villiers le Sec de sonner la cloche après dîner et de chanter des
psaumes comme s’il eut été fête. Je les avais prévenus au prône(1)
le dimanche précédent que l’épiphanie était transférée au dimanche, et je leur
avais lu deux fois le mandement de monsieur l’Evêque et l’indult(2)
du pape. J’ai été leur défendre d’agir lorsque j’ai entendu sonner la cloche,
et par trois fois ils m’ont résisté et désobéi en entreprenant de faire
l’office sans prêtre et de disposer de la cloche à leur gré.
Je vous prie
de commander au maire de la paroisse de s’opposer comme il le doit à de
pareilles scènes dans la suite. Je leur pardonne le passé ; mais vous
voyez le juste désir que j’ai de n’être pas troublé par eux par des entreprises
contraires à la religion. J’ai l’honneur d’être avec un vrai respect.
Monsieur,
Votre très
humble serviteur, F. le Boucher, desservant de la succursale de Villiers le Sec.
(1) Prône : Instruction chrétienne que le curé ou un vicaire fait tous les dimanches en chaire, à la messe paroissiale.
(2) Indult : Privilège accordé par le Pape
à une personne ou à une communauté de personnes, et dérogeant à la règle
générale.
Sur les traces du centenaire de 120 ans de Lingèvres.
Nos aïeux étaient des passeurs d’histoire, comme Joseph Eugène Poisson, un membre de ma lignée maternelle qui vivait à Creully au début du XIXᵉ siècle. Ses parents avaient connu, non loin de Tilly-sur-Seulles, un homme qui prétendait avoir plus de 110 ans.
Me voilà donc parti à la recherche de cet homme si âgé.En ce début du XIXe siècle, niché entre les bourgs pittoresques de Tilly-sur-Seulles et Balleroy, se dressait le village de Lingèvres, où résidait un personnage des plus singuliers. Un lingébrien de cent seize printemps, dont la vitalité déconcertante lui permettait de chevaucher quotidiennement pour exercer son art : celui de guérir les bêtes des fermes environnantes.
Ce guérisseur, que l'on nommait communément vétérinaire, mais qui
était en réalité un rebouteux, répondait au nom de Rimbaux. Son véritable nom
était François-Germain Thiéloque. Il fut élu notable au Conseil Général de la
commune
de Lingèvres le 17 février 1790, devenant ainsi membre de la première
municipalité élue conformément à la loi du 14 décembre 1789, promulguée le 16
février 1790.
Ses biens étaient situés au village aux Rimbaux, ou Rimbauderie, d'où lui venait ce surnom de Rimbaux. Ce hameau, encore connu sous le nom de « Les Maures », évoquait peut-être un village de gens extravagants.
En 1803, à l'âge vénérable de cent treize ans, Rimbaux commença
seulement à faire usage de lunettes. En 1806, on pouvait encore le croiser sur
son cheval, parcourant les chemins de la paroisse. Il avait son anneau sur l'un
des murs de l'église, lui permettant d'assister à l'office du dimanche célébré
par Charles Boullot, curé de Lingèvres et ancien chapelain de l’abbaye de
Cordillon.
En 1810, à l'âge de cent vingt ans, il accompagna les conscrits de
Lingèvres à Balleroy. Il fit le voyage à pied et montra durant toute la journée
une gaieté juvénile. Ce brave homme, malgré son extrême vieillesse, était
encore farceur et aimait à rire et à plaisanter. On admirait ce conscrit d’un
genre exceptionnel, dont le seul désavantage était qu’il comptait un siècle de
plus que les futurs soldats qu’il accompagnait.
Chaque année, paraît-il, il se rendait, le jour de la Trinité, à la
fête Saint-Simon. Était-ce à pied ou monté sur sa vieille jument blanche ? Nous
ignorons ce détail, mais c’était pour cet homme jovial l’occasion d’aller au
pays natal et de revoir parents et amis. Aux nombreux verres d’eau qu’il
absorbait ce jour-là et aux quelques évangiles qu’il faisait réciter à son
intention, il devait, prétendait-il, sa santé robuste et sa vieillesse exempte
d’infirmités. Ses crédules voisins lui remirent donc, un certain jour, quelque
argent afin qu’il plût au bonhomme de faire prier pour eux et de boire quelques
rasades supplémentaires pour qu’à leur tour ils fussent préservés de toute
maladie. Thiéloque fit bombance avec l’argent d’autrui cette année-là. Il ne
rentra à Lingèvres que quelques jours après la fête. À son retour, il fut pris
de fièvres. L’année suivante, ses concitoyens ne furent plus si confiants.
Pendant sa longue existence, Rimbaux n'eut jamais de maladie grave.
Il s’éteignit en 1812 à l'âge de cent vingt-deux ans. Un médecin de Tilly, venu
pour le consulter, ne trouva à son malade aucune affection ni maladie. Il lui
demanda où il souffrait et ne reçut pas de réponse. Par trois fois, il répéta
sa question et, à la fin, Rimbaux, impatienté, regarda le docteur d’un œil
perçant et moqueur et lui dit :
—Vous savez quel était mon métier ?
Comme le médecin ne lui répondait pas, il ajouta :
—
Quand
un laboureur m’appelait pour soigner ses bestiaux, les pauvres bêtes ne me
disaient pas où elles souffraient et cependant je devinais quelle était leur
maladie.
Il reprit après un léger souffle
—
Néanmoins,
je vais vous répondre et vous dire ce que j’ai : je suis vieux, usé ; je suis
un homme perdu, il n’y a aucun remède. Je vais finir.
Et l’étonnant vieillard
mourut.
Dans les almanachs de l’époque, le nom de Rimbaux est cité à
diverses reprises. On n’a pu découvrir son acte de décès, ni à Lingèvres, ni à
Hottot. Rimbaux est sans doute décédé dans une commune voisine, probablement
dans l'arrondissement de Caen. Il y a quelques années, les vieillards du pays
se souvenaient fort bien l’avoir connu.
Depuis Rimbaux, notre arrondissement a vu plusieurs centenaires,
mais aucun n’a atteint un âge aussi avancé.
Certains attribuent à notre homme ce remède empirique destiné à
guérir de la tranchée rouge « les chevaux, bestiaux, mulets et bourriques » :
une cuillerée à café de cendres produites en brûlant quatre vieux souliers,
délayées dans une pinte de lait bien chaud, faisait suer l’animal qui absorbait
cette potion, le refroidissait comme s’il allait mourir. Au bout de deux
heures, la bête revenait à son état normal.
Dans une maison située à Lingèvres, au village de la Rimbauderie,
appartenant à Mlle Nicolle, en démolissant de vieux appartements, un ouvrier
découvrit un lundi trois belles pièces de 6 francs à l’effigie de Louis XV,
portant les dates respectives : 1750, 1765, 1770. Cette maison ayant été
longtemps habitée par Rimbaux, décédé dans ce même lieu, on se demande s’il
n’aurait pas caché son trésor dans les murs et la charpente de son habitation
pendant la Révolution.
Acte de décès constaté par un maire de Lingèvres indique que :
« "Le dix-neuf mai mil-huit-cent-neuf, à cinq heures
et demie du soir, est décédé, en son domicile, à Lingèvres, Monsieur François
Thiéloque, profession vivant de son bien, célibataire, âgé de 91 ans 10 mois,
né à Sainte-Honorine-des Pertes, fils de feu François Thiéloque et de feu
Françoise Auger. "![]() |
| Confirmation avec son acte de naissance du 20 octobre 1689 de Saintte honorine des pertes. |
La principale blague du père Thiéloque dit "Rimbaux" n’aurait-elle pas été d’avoir menti
sur son âge ?
Et si le fautif était celui qui rédiga l'état de la polulation de Lingèvres en en 1808 en indiquant que Quéloque (Thiéloque) François avait 119 ans qui vivait au sein de la famille Lecat.
Creully sur Seulles - En 14 -18, ils furent 426 à partir à la guerre...
| Le 11 novembre est un jour de mémoire et de recueillement, symbolisant la fin de l’un des conflits les plus destructeurs du XXe siècle. 426 hommes de Creully, Saint-Gabriel-Brécy et Villiers le Sec sont partis à la guerre de 14-18. Je vous propose, avec l'aide des Archives Départementales du Calvados, de découvrir leurs parcours militaires. Pour les 3 localités de Creully sur Seulles, leurs noms sont classés par ordre alphabétique; il vous suffit de "cliquer" sur un nom pour voir apparaître son parcours personnel.
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