Une lettre rare postée au bureau de "poste aux lettres" de Creully en février 1841
Les départements français ont été créés pendant la Révolution pour remplacer les anciennes provinces jugées inégales et trop liées à l’Ancien Régime. En décembre 1789, l’Assemblée décide d’une nouvelle organisation du territoire ; en février 1790, la France est divisée en 83 départements de taille comparable, portant des noms géographiques. L’objectif : égalité, simplicité administrative et fin des privilèges provinciaux.
Le département du Calvados porta donc le N°13.
À la chute de l'Empire en 1815, le nombre de départements français est porté à 86 ; les trois départements supplémentaires par rapport à ceux de 1790 sont : le Vaucluse, le Tarn-et-Garonne construit sur des portions de départements voisins et la Loire issue du département Rhône-et-Loire qui devient le Rhône.
En 1860, le rattachement de nice (Alpe-Maritime) et de la Savoie (Duché de Savoie) partagée entre les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie conduit à un total de 89 départements.
Le Calvados devint le N°14.
La numérotation des départements a apporté une rationalisation et une efficacité accrues au système postal français, tout en laissant une trace durable dans l’histoire philatélique et administrative.
Les cachets postaux ont évolué pour inclure non seulement le numéro du département, mais aussi la date et parfois le nom de la commune. Cela a permis de tracer l’historique du passage du courrier.
La marcophilie désigne l’étude des marques et des oblitérations postales. Les marcophiles, passionnés qui s’intéressent aux marques postales de collection et les collectionnent sont à la recherche de pièces rares. En particulier les erreurs de libellé dans les timbres à date.Le catalogue Chevalier, spécialiste en marcophilie, mentionne Creully (12) en type 14 de janvier à mars 1841, avec un indice de valeur important vu la brièveté de l'erreur.En effet le bureau de "poste aux lettres" de Creully, qui se trouvait dans la rue descendant de la place de l'église au bief de la Seulles, reçu un cachet postal avec le N°12 pour le département du Calvados qui je le rappelle avait le N°13.
Heureux collectionneur, je possède moi-même une lettre frappée de ce cachet erroné, datée du 9 février 1841.
Creully sur Seulles - Le curé de Villiers le Sec et les paroissiens récalcitrants.
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| Eglise de Villiers le Sec |
De Villiers
le Sec le 20 de janvier 1804.
Monsieur,
Je
n’entrerai point dans de trop longs détails sur le fait que je suis obligé de
vous raconter par la présente lettre : vendredi six janvier il a plu à plusieurs
habitants de Villiers le Sec de sonner la cloche après dîner et de chanter des
psaumes comme s’il eut été fête. Je les avais prévenus au prône(1)
le dimanche précédent que l’épiphanie était transférée au dimanche, et je leur
avais lu deux fois le mandement de monsieur l’Evêque et l’indult(2)
du pape. J’ai été leur défendre d’agir lorsque j’ai entendu sonner la cloche,
et par trois fois ils m’ont résisté et désobéi en entreprenant de faire
l’office sans prêtre et de disposer de la cloche à leur gré.
Je vous prie
de commander au maire de la paroisse de s’opposer comme il le doit à de
pareilles scènes dans la suite. Je leur pardonne le passé ; mais vous
voyez le juste désir que j’ai de n’être pas troublé par eux par des entreprises
contraires à la religion. J’ai l’honneur d’être avec un vrai respect.
Monsieur,
Votre très
humble serviteur, F. le Boucher, desservant de la succursale de Villiers le Sec.
(1) Prône : Instruction chrétienne que le curé ou un vicaire fait tous les dimanches en chaire, à la messe paroissiale.
(2) Indult : Privilège accordé par le Pape
à une personne ou à une communauté de personnes, et dérogeant à la règle
générale.
Sur les traces du centenaire de 120 ans de Lingèvres.
Nos aïeux étaient des passeurs d’histoire, comme Joseph Eugène Poisson, un membre de ma lignée maternelle qui vivait à Creully au début du XIXᵉ siècle. Ses parents avaient connu, non loin de Tilly-sur-Seulles, un homme qui prétendait avoir plus de 110 ans.
Me voilà donc parti à la recherche de cet homme si âgé.En ce début du XIXe siècle, niché entre les bourgs pittoresques de Tilly-sur-Seulles et Balleroy, se dressait le village de Lingèvres, où résidait un personnage des plus singuliers. Un lingébrien de cent seize printemps, dont la vitalité déconcertante lui permettait de chevaucher quotidiennement pour exercer son art : celui de guérir les bêtes des fermes environnantes.
Ce guérisseur, que l'on nommait communément vétérinaire, mais qui
était en réalité un rebouteux, répondait au nom de Rimbaux. Son véritable nom
était François-Germain Thiéloque. Il fut élu notable au Conseil Général de la
commune
de Lingèvres le 17 février 1790, devenant ainsi membre de la première
municipalité élue conformément à la loi du 14 décembre 1789, promulguée le 16
février 1790.
Ses biens étaient situés au village aux Rimbaux, ou Rimbauderie, d'où lui venait ce surnom de Rimbaux. Ce hameau, encore connu sous le nom de « Les Maures », évoquait peut-être un village de gens extravagants.
En 1803, à l'âge vénérable de cent treize ans, Rimbaux commença
seulement à faire usage de lunettes. En 1806, on pouvait encore le croiser sur
son cheval, parcourant les chemins de la paroisse. Il avait son anneau sur l'un
des murs de l'église, lui permettant d'assister à l'office du dimanche célébré
par Charles Boullot, curé de Lingèvres et ancien chapelain de l’abbaye de
Cordillon.
En 1810, à l'âge de cent vingt ans, il accompagna les conscrits de
Lingèvres à Balleroy. Il fit le voyage à pied et montra durant toute la journée
une gaieté juvénile. Ce brave homme, malgré son extrême vieillesse, était
encore farceur et aimait à rire et à plaisanter. On admirait ce conscrit d’un
genre exceptionnel, dont le seul désavantage était qu’il comptait un siècle de
plus que les futurs soldats qu’il accompagnait.
Chaque année, paraît-il, il se rendait, le jour de la Trinité, à la
fête Saint-Simon. Était-ce à pied ou monté sur sa vieille jument blanche ? Nous
ignorons ce détail, mais c’était pour cet homme jovial l’occasion d’aller au
pays natal et de revoir parents et amis. Aux nombreux verres d’eau qu’il
absorbait ce jour-là et aux quelques évangiles qu’il faisait réciter à son
intention, il devait, prétendait-il, sa santé robuste et sa vieillesse exempte
d’infirmités. Ses crédules voisins lui remirent donc, un certain jour, quelque
argent afin qu’il plût au bonhomme de faire prier pour eux et de boire quelques
rasades supplémentaires pour qu’à leur tour ils fussent préservés de toute
maladie. Thiéloque fit bombance avec l’argent d’autrui cette année-là. Il ne
rentra à Lingèvres que quelques jours après la fête. À son retour, il fut pris
de fièvres. L’année suivante, ses concitoyens ne furent plus si confiants.
Pendant sa longue existence, Rimbaux n'eut jamais de maladie grave.
Il s’éteignit en 1812 à l'âge de cent vingt-deux ans. Un médecin de Tilly, venu
pour le consulter, ne trouva à son malade aucune affection ni maladie. Il lui
demanda où il souffrait et ne reçut pas de réponse. Par trois fois, il répéta
sa question et, à la fin, Rimbaux, impatienté, regarda le docteur d’un œil
perçant et moqueur et lui dit :
—Vous savez quel était mon métier ?
Comme le médecin ne lui répondait pas, il ajouta :
—
Quand
un laboureur m’appelait pour soigner ses bestiaux, les pauvres bêtes ne me
disaient pas où elles souffraient et cependant je devinais quelle était leur
maladie.
Il reprit après un léger souffle
—
Néanmoins,
je vais vous répondre et vous dire ce que j’ai : je suis vieux, usé ; je suis
un homme perdu, il n’y a aucun remède. Je vais finir.
Et l’étonnant vieillard
mourut.
Dans les almanachs de l’époque, le nom de Rimbaux est cité à
diverses reprises. On n’a pu découvrir son acte de décès, ni à Lingèvres, ni à
Hottot. Rimbaux est sans doute décédé dans une commune voisine, probablement
dans l'arrondissement de Caen. Il y a quelques années, les vieillards du pays
se souvenaient fort bien l’avoir connu.
Depuis Rimbaux, notre arrondissement a vu plusieurs centenaires,
mais aucun n’a atteint un âge aussi avancé.
Certains attribuent à notre homme ce remède empirique destiné à
guérir de la tranchée rouge « les chevaux, bestiaux, mulets et bourriques » :
une cuillerée à café de cendres produites en brûlant quatre vieux souliers,
délayées dans une pinte de lait bien chaud, faisait suer l’animal qui absorbait
cette potion, le refroidissait comme s’il allait mourir. Au bout de deux
heures, la bête revenait à son état normal.
Dans une maison située à Lingèvres, au village de la Rimbauderie,
appartenant à Mlle Nicolle, en démolissant de vieux appartements, un ouvrier
découvrit un lundi trois belles pièces de 6 francs à l’effigie de Louis XV,
portant les dates respectives : 1750, 1765, 1770. Cette maison ayant été
longtemps habitée par Rimbaux, décédé dans ce même lieu, on se demande s’il
n’aurait pas caché son trésor dans les murs et la charpente de son habitation
pendant la Révolution.
Acte de décès constaté par un maire de Lingèvres indique que :
« "Le dix-neuf mai mil-huit-cent-neuf, à cinq heures
et demie du soir, est décédé, en son domicile, à Lingèvres, Monsieur François
Thiéloque, profession vivant de son bien, célibataire, âgé de 91 ans 10 mois,
né à Sainte-Honorine-des Pertes, fils de feu François Thiéloque et de feu
Françoise Auger. "![]() |
| Confirmation avec son acte de naissance du 20 octobre 1689 de Saintte honorine des pertes. |
La principale blague du père Thiéloque dit "Rimbaux" n’aurait-elle pas été d’avoir menti
sur son âge ?
Et si le fautif était celui qui rédiga l'état de la polulation de Lingèvres en en 1808 en indiquant que Quéloque (Thiéloque) François avait 119 ans qui vivait au sein de la famille Lecat.
Creully sur Seulles - En 14 -18, ils furent 426 à partir à la guerre...
| Le 11 novembre est un jour de mémoire et de recueillement, symbolisant la fin de l’un des conflits les plus destructeurs du XXe siècle. 426 hommes de Creully, Saint-Gabriel-Brécy et Villiers le Sec sont partis à la guerre de 14-18. Je vous propose, avec l'aide des Archives Départementales du Calvados, de découvrir leurs parcours militaires. Pour les 3 localités de Creully sur Seulles, leurs noms sont classés par ordre alphabétique; il vous suffit de "cliquer" sur un nom pour voir apparaître son parcours personnel.
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