Creully - Juillet 1853 - Il perdit pied et disparut dans les eaux de la Seulles

Un dimanche de juillet 1853, trois jeunes gens de Creully eurent l’imprudence de se baigner dans la Seulles, sans qu’aucun d'eux ne sut nager. L’un d’eux, le nommé Emile Laplanche, s’étant avan­cé vers une partie de la rivière qui sert d’abreuvoir, perdit pied et disparut sous l'eau. Ses camarades, dans l’impuissance de lui porter secours, coururent au bourg appeler du secours. Plu­sieurs nageurs se jetèrent dans la rivière mais, ce ne fut qu’au bout d’une heure, qu’ils parvinrent à découvrir le malheureux jeune homme pour ne ramener sur le rivage qu’un cadavre. L’asphyxie était complète.
A cette époque de l’année, de tels accidents ne sont ordinai­rement que trop communs. Puisse l’imprudence des baigneurs ne pas nous en réserver bon nombre d’autres à signaler !

En août 1853, une femme de Creully jugée pour meurtre.

Cour d’Assises du Calvados  - Audience du 4 août 1853
Une affaire capitale était soumise au jury.  Un assassinat avait été commis à Creully, le 3 mai dernier, par une  mère sur sa petite fille de 4 ans. L'accusée est la nommée
Marie-Alphonsine Rivoire, âgée de 26 ans, femme du sieur Josso, épicier à Creully. On sait que, profitant de l'absence de son mari, qui était ce jour-là parti à cinq heures pour Caen, la femme Josso s'était enfermée dans sa maison, et que. vers six heures du matin, elle avait
allumé un réchaud  rempli de charbon, dans la chambre où elle avait passé la nuit avec sa petite fille. L’enfant, qui dormait encore profondément à cette heure, éprouva à plusieurs reprises, des convulsions et expira vers trois heures de l’après-midi. Il parait que cette- femme, d'un caractère impérieux et irritable, vivait en mauvaise intelligence avec son mari, homme doux et paisible. Voulant exercer une horrible vengeance contre son mari, dont elle croyait avoir à se plaindre, elle avait, avec un affreux sang-froid, ménagé au sieur Josso, pour son retour, au moment où il irait embrasser sa fille, la terrible surprise de ne trouver qu'un cadavre. Ce qui eut lieu, en effet, pour ce malheureux père, qui entourait son enfant de l’amour et des soins les plus tendres.

L’accusée a paru à l’audience vêtue de noir et coiffée d’un bonnet brodé. Sa physionomie est assez régulière et intelligente, mais étrangement déparée par un air de-méchanceté. Son attitude devant le jury était réservée, mais on remarquait avec peine que ses réponses étaient faites sans émotion aucune et avec une grande sécheresse d’accent.
Les charges déjà si graves de l'information ont été augmentées au débat; les témoins ont confirmé en tous points les bases de l’accusation. La déposition du sieur Josso, époux de l’accusée, père de la victime, faite avec l’accent de la douleur, a produit sur l’auditoire la plus vive impression. Il est, en outre, ressorti des débats de graves présomptions, que ce  malheureux père aurait été, à plusieurs reprises, l'objet de tentatives d’empoisonnement de la part de sa femme. Le jury, après une courte délibération, a rapporté une déclaration de culpabilité, mais infligée par des circonstances atténuantes. La femme Josso a été condamnée aux travaux forcés à perpétuité.
Cette malheureuse a entendu son arrêt avec l’impassibilité la plus complète.
Au mois de juin 1885, Marie Rivoire fut retrouvée noyée dans la Seulles. Depuis la veille, elle avait disparue de son domicile, laissant sur la table de la cuisine un billet à l'adresse de sa fille qui était allée chercher du pain, disant qu'elle ne rentrerait pas. Graciée en 1867, elle était sous surveillance et se conduisait bien. Elle laisse seule sa fille de 16 ans.
(Le nom des personnes a été changé.)

Bernard Geoffre avait peint Creully


Permettez moi de rendre hommage à Bernard Geoffre, peintre et ami qui nous a quitté la semaine dernière. Il avait posé son chevalet à Creully.
Le château vu de la Seulles
Les remparts de la rue d'Arromanches
Partie de la façade

RARE - Les "pas de portes " de la rue de Creully qui mène à la Seulles.

C'est la première fois que nous pouvons deviner comment étaient les "pas de portes" des maisons de la rue qui va vers la Seulles.

Un détail d'une photo que je vous présenterai plus tard.

A Creully on savait reconnaître les ennemis de la Basse-cour.

Chaque espèce d'animaux et d’oiseaux a sa manière de tuer les poulets: ils ne mangent pas tous les mêmes parties du corps. Si vos poussins sont saignés au cou, c’est une belette, un putois, qui est l’au­teur des ravages. Si au contraire, vous ne trouvez que les ailes et les pattes, c'est un chat : quant à la pie et au corbeau, ils ne mangent que la tête. Vous pouvez donc, selon les espèces, prendre vos précautions et tâcher de détruire celui qui vient dé­vaster votre poulailler. Pour attraper les fouines, les belettes et les putois, em­ployez le traquenard à dents amorcé avec un morceau de volaille rôtie, ou bien les assommoirs, ou encore le lacet de laiton dont les braconniers se servent pour s’em­parer du lièvre. Enfin, pour les pies et les corbeaux, oiseaux très craintifs et très méchants, vous ne les détruirez qu’avec un fusil.

Le château de Creully inspire une Mangaka: Kaori Yuki


 Une mangaka que l’on connait sous le nom de plume Kaori Yuki (由貴香織里) est née un 18 décembre à Tokyo, mais elle n'a jamais divulgué l'année de sa naissance, qui peut être estimée dans les années 1960. Elle s'est inspirée de monuments français dans ses ouvrages.

 

Les boules ogivales de l'église de Creully ont retrouvé leur forme de quilles.


Merci à Philippe et Fabrice de l'entreprise Levèvre d'avoir facilité les prises de vues.
Merci à Franck

Creully - 14 ,juillet 1881 - Mystère et cléricalisme !

La rédaction du journal "La Semaine Normande" reçut cette missive.
Creully
Monsieur le rédacteur,
Notre localité a célébré cette année la Fête nationale avec beaucoup d'entrain, et cependant les circonstances étaient défavorables, car la population est obligée de se réserver pour la fête patronale, qui aura lieu le dimanche 24 courant. Néanmoins, Creully a

tenu à manifester son patriotisme. Un grand nombre d’habitations étaient pavoisées et décorées avec beaucoup de goût. 
De son côté, la municipalité avait bien fait les choses : tous les édifices communaux, mairie, justice de paix, halles, maisons d'école, etc., étaient couverts de drapeaux et d’écussons. La mairie surtout présentait un coup d’œil ravissant.
Un magnifique buste de la République, orné de trophées et de drapeaux, avait été installé sur le balcon.
Le soir, l'illumination était vraiment féerique. Aussi une population joyeuse et sympathique n'a-t-elle cessé de circuler dans les rues jusqu’à une heure assez avancée de la nuit.
On commentait vivement dans les groupes l’abstention de certains personnages dont la position et les antécédents rendent cette attitude inexplicable.
Mystère et cléricalisme !
Un bal par souscription a terminé cette belle fête. Pendant toute sa durée, une aimable gaieté, pleine de décence et de cordialité, comme il convient à toute réunion vraiment démocratique, n'a cessé de régner.
Les dames, aussi bonnes patriotes qu’intrépides danseuses, avaient arboré, pour la circonstance, les couleurs nationales.
En résumé, bonne journée pour la République.

Jolicoeur et le maire de Creully

Grand émoi cette semaine de juin 1875 chez un fermier de Creully. A deux heures du matin, ayant eu la singulière fantaisie de faire une ronde dans ses bâtiments, il a découvert dans un grenier un beau gars de la commune que nous appellerons François Jolicoeur.
Ce malheureux, interdit, ne savait que répondre pour expliquer sa présence en pareil endroit et à une heure aussi indue.
Le fermier de la rue menant à Saint Gabriel, le prenant pour un voleur, envoya chercher le maire et le garde-champêtre. Le maire arriva le premier et séance tenante se mit à interroger le malheureux garçon qui se troubla, balbutia et ne sut que répondre.
Heureusement à ce moment-là la grosse Jeanne, la servante, est arrivée et voyant le maire dans le grenier elle a poussé un cri de joie.
- Ah ! François, c’est ben gentil d’être venu au rendez-vous et d’avoir amené M. le maire pour le mariage. Ous’ qu’est donc son écharpe ?
On a relâché François et d’ici à un mois le mariage sera consommé…. Légalement.
Quant au reste…….  Mais cela ne vous regarde pas.

En feuilletant un album photos de Creully...

Cela me permet de penser à mes copains et copines de mon village natal.

Photos prises du clocher de l'église de Creully


L'entrée du château
Le hameau de Creullet
La place
La rue de Bayeux
Merci à Franck Isidor

Creully - Lantheuil - L'aérodrome 1944

L'aérodrome de Lantheuil-Creully fut achevé le 21 juin 1944. Il s'étend sur 190 hectares répartis sur les communes de Lantheuil, Creully et St Gabriel-Brécy. La piste qui s'étend sur 1200 mètres de long et 80 mètres de large accueillera le 143e Wing. Les aviateurs Canadiens du 143e Wing de la Royal Canadian Air Force ont élus domicile sur cette base baptisée « base B9 de la R.A.F ».

Le 27 juin 1944, les Escadrilles 438, 439 et 440 sont affectées à la base improvisée à Lantheuil, équipés d'avions de chasse et de bombardement de marque Typhoon. Après un séjour de deux mois à Lantheuil, les escadrilles procèdent de l'avant pour finalement aboutir, à la fin de septembre, à Eindhoven, dans les Pays-Bas.
Ci-dessous (en rouge) la piste.

Un office religieux sur l'aérodrome.

La plaque commémorative.

04/06/1858 - L'Indicateur de Bayeux- Vache qui vole non loin de Creully

Avant-hier mercredi, vers cinq heures du soir, un orage épouvantable a éclaté sur la ville de Bayeux et sur une partie du Bessin. Depuis le matin, l'atmosphère était d'unechaleur écrasante, lorsque tout-à-coup une pluie torrentielle, mêlée de tonnerre et d’éclairs, vint à fondre avec violence ; en quelques minutes, les rues inondées n'offrirent  plus que de larges ruisseaux, interceptant les communications.

Puis une véritabletrombe d'énormes grêlons el de morceaux de glace vint compliquer le désastreux effet de cette bourrasque, et causer de grands dégâts dans tous les quartiers. Des toitures en verre, des serres, des cloches à melons ont été complètement brisées ; des jardins ont été ravagés, des planches entières de légumes et de fleurs ont été littéralement bâchées. Une hirondelle a été ramassée morte, tuée par la grêle. Enfin, dans la plupart des habitations, ce n’était que débris d'ardoises, de carreaux et de plâtre. Personne n'a souvenir, à Bayeux, d'un pareil désastre.


Cecataclysme  s'est étendu sur toute la contrée. Il s’est fait sentir surtout sur une partie des cantons de Balleroy, de Tilly, de Ryes et de Creully. Sur le territoire d'une commune non loin  de Creully, une femme âgée, conduisant une vache, a été tuée par la foudre. La vache, qui a été portée à plus de vingt mètres, qui se trouvait à quelques pas de la premiere, est restée paralysée. On nous a montré un glaçon apporté de Creully, d'une largeur de quinze centimètres. On s’accorde heureusement jusqu’à présent à constater que les désastres sur les récoltes ne sont pas aussi considérables qu'on eût pu le craindre. Partout où l'orage a sévi, beaucoup de pommiers ont été dépouillés de leurs fleurs.

Le meurtrier de Creully en Cour d'assises. Audience du 11 février 1881

Cour d’assises du Calvados
Ministère public : M. Chassaigne, substitut
C'est vendredi dernier qu'ont eu lieu, à la Cour d'assises. Les débats de l'affaire Victor Bâton, l'assassin de Creully,
Ce crime remonte au 22 novembre 1881.
Dans un accès de fureur causé par la jalou­sie, Bâton, couvreur en ardoises, tua la fille Victorine Bourget âgée d'une trentaine d'années, avec laquelle il vivait maritalement depuis six ans.
A la suite de propos tenus sur cette fille dans un café, l'accusé, accompagné de son  chien, alla sur le territoire de Cully, distant de 5 kilomètres, trouver la fille Bourgetqui travaillait aux champs en compagnie de trois hommes.
Arrivé à 300 mètres environ de l'atelier dont faisait partie cette fille, Bâton coupa avec son couteau une branche de pommier qu'il brisa sur la tête de sa victime.
Celle-ci tomba dans les bras d'un de ses compagnons, le sieur Morin, en s'écriant : « Oh ! Père Morin ! »
Pas de père Morin, répondit Bâton, le pre­mier qui approche est mort.
Effrayés par cette menace et par l'attitude furieuse de l'accusé les 3 témoins, au lieu de porter secours à la malheureuse fille Bour­get et de l'arracher des mains de l'assassin, s'enfuirent lâchement. Deux allèrent chercher le brigadier de gendarmerie et le troisième, caché à 200 mètres environ, vit Bâton s'a­charner sur sa victime.
Lorsque la branche de pommier fut brisée, il la frappa à coups de pied et de poing, puis tira son couteau de sa poche et le tenant dans sa main, sans l'ouvrir, il continua à frap­per; enfin il ouvrit son couteau et lui en por­ta deux coups dont un au-dessous de la cla­vicule droite qui perfora le poumon ; ce coup de couteau, porté avec une telle force qu'il pénétra de 7 centimètres, détermina la mort.
Ces divers incidents laissent croire que l'assassin n'avait pas eu d'abord l'intention de donner la mort et constituent l'absence de préméditation.
Arrêté par le brigadier Martin, qui sachant avoir affaire à un homme dangereux, le menaça de son revolver en cas de résistance, Bâton, sur l'observation que lui fit Martinque la fille Bourget ne mourrait peut-être pas de ses blessures, répondit: si je savais cela, je ne me laisserais pas arrêter : j'irais l'ache­ver.
M. l'avocat général Chassaigne a soutenu l'accusation et sans insister sur la question de préméditation il a demandé au jury de pro­noncer purement et simplement un verdict affirmatif.
Dans une très-chaleureuse plaidoirie, Milliard, après avoir demandé à la Cour de poser au jury la question subsidiaire de coups et blessures, sans intention de donner la mort, a soutenu que les témoignages prouvaient bien que Bâton n'était pas parti de Creully avec l'intention de tuer sa maîtresse, mais seule­ment, comme il le dit, de lui infliger une verte correction ; qu'en effet, s'il eût eu l'intention de la tuer, ayant dans sa poche un couteau, il n'eût pas, d'abord, coupé une branche de pommier ; qu'il ne l'eut pas frappée pendant une demi-heure, à coups de pied et de poing, et que ce n'est qu'à la fin qu'exaspéré par le refus de la fille Bourget d'abandonner l'ate­lier où travaillait avec elle celui qu'il suppo­sait être son rival, il lui porta le coup de cou­teau qui occasionna la mort.
Que, par conséquent, il n'y a pas eu pré­méditation, et qu'il était impossible d'affirmer que Bâtonn’eût jamais eu l'intention de tuer.
Le jury, sans se préoccuper de la question subsidiaire de coups et blessures sans intention de donner la mort, a rapporté un verdict affirmatif mitigé par l'admission de circonstances atténuantes.
La Cour a prononcé contre Victor Bâton la peine de 20 ans de travaux forcés et 10 ans de surveillance.
(Le nom des personnes a été modifié)

A Creully, c'est Noël ....

 
J'ouïs les belles clioches du Jour dé Noué
sonner l'vièr chant du temps pâssé.
Ches bouôns vièrs mots èrsonnent acouo:
Une des cloches de Creully

"Paix sus la tèrre, bonheu ès gens".

Et j'pensis coumme, à sinne dé jeu,
touos les cliochièrs du monde d'achteu
sonnent lus doux m'sage d'avaû les âges:
"Paix sus la tèrre, bonheu ès gens".

Et l'tou du monde, n'y'a rein d'nouvé
ichîn souos l'touannement du solé -
chu vièr cantique janmais n'èrsique:
"Paix sus la tèrre, bonheu ès gens".

Mais au m'sespé, j'fis un soupi.
"Sus la tèrre n'y'a pon d'paix," qué j'dis.
"Lé ma pitchit au pilôsi
'Paix sus la tèrre, bonheu ès gens'".

 
Épis les clioches sonnîdrent pus hautes:
"Dgieu n'est pon mort, nitout I' n'haûte.
L'Malîn pèrdra; lé Bouôn l'saitha:
'Paix sus la tèrre, bonheu ès gens'".
 
Merci à l'association " Jeune Normandie".
 
 
A Creully comme dans toute la Normandie, on disait que...
- les Normands étaient persuadés qu’un morceau de pain qui a été béni durant les fêtes de Noël, préserve des chiens enragés ; mais si l’on donne de ce pain à ceux qui ne le sont pas, ils le deviennent aussitôt.
-  tous les animaux se mettent à genoux pendant la célébration de la messe de minuit; mais il serait bien dangereux d’aller dans l’étable pour le vérifier, parce que ces animaux ne manqueraient pas de se ruer sur vous et de vous mettre en piteux état.

Le 14 avril 1883, le facteur de Creully est condamné à 2 mois de prison.


Creully - Novembre 1840 - L'enfant du régiment des pompiers de Caen

On se rappelle que le 17 novembre 1840  un incendie détruisit environ 80% des maisons de Creully. A la suite des sapeurs-pompiers partis en toute hâte de Caen pour porter secours, aux malheureuses victimes de ce grand sinistre, était un jeune enfant nommé Denier ; le courageux petit bonhomme se fit remarquer par son intelligence et son sang-froid sur les lieux du désastre ; et la compagnie, qui l'avait compté au nombre des
travailleurs, lui fit  prendre part aux rafraîchissements qui furent servis quand le danger fut passé. Depuis ce temps, Denier était devenu comme l'enfant du régiment, son père étant mort dernièrement par suite de sesefforts à éteindre l'incendie de Beaulieu à Caen. Les liens qui l'unissaient à notre bonne et brave compagnie se sont encore res­serrés: dimanche, à la revue, M. le capitaine Jobert, ayant fait former le cercle, rappela aux pompiers la touchante histoire de leur protégé, et leur demanda s'il ne se trouverait pas parmi eux quelque maître ouvrier qui voulût élever le pauvre orphelin et lui apprendre un métier ; vingt voix s'élevèrent aussitôt ; M. Becquémié, serrurier, rueSaint-Martin, plus diligent, sortit desrangs, prit l'enfant par la main et réclama, comme premier intervenant, le noble privilège de faire un honnête homme et un bonouvrier du petit Denier. L'enfant pleurait à chaudes larmes en embrassant son bienfaiteur, et l'émotion avait gagné plus d'un spectateur de cette scène attendrissante. Les journaux de l’époque furent  heureux de raconter ce bel acte à la population du Calvados.

 

Un habitant de Creully tue par jalousie - 1880


Le Causeur Normand - Décembre 1880

Nous recevons la nouvelle d'un crime commis lundi, dans des circonstances particuliè­rement odieuses, en ce qui concerne la lâcheté
 des témoins qui l'ont vu perpétrer sous leurs yeux, sans qu'un seul ait cher­ché à s'interposer entre l'assassin et sa victime.
 
Voici, brièvement résumés, les détails que nous avons pu recueillir. Le nommé Victor Bâton, ouvrier couvreur à Creully, âgé d'une trentaine d'années, vivait, de­puis plusieurs années, en compagnie d'une femme ou fille Bourget, journalière, à peu près du même âge que lui. De fréquentes scènes de jalousie avaient lieu dans ce faux ménage, Bâton se plaignant, à tort ou à raison, que la femme Bourget eût des relations avec un autre homme, un jour­nalier dont nous n'avons pu recueillir le nom. Lundi matin, notamment, Bâton lui aurait fait défense d'aller travailler dans l'atelier de piqueurs de colza, où elle de­vait se trouver avec cet individu. On dit même qu'ayant rencontré une femme de sa connaissance, Bâton lui aurait parlé de sa jalousie et fait entendre des paroles de menace.
Il paraissait en proie à une surexcita­tion à laquelle l'alcool ne semblait pas tout-à-fait étranger. Bref, dans l'après-midi, il se présenta dans le champ où tra­vaillait la femme Bourget, qui n'avait pas tenu compte de sa défense. Il se rua sur elle et la frappa violemment avec son bâ­ton ; puis, l'ayant terrassée, il lui porta un coup de couteau au côté droit.
Comme nous l'avons dit, les témoins de cette scène, intimidés, sans doute, par l'attitude du meurtrier eurent la lâcheté de ne pas intervenir, malgré les appels désespérés de la malheureuse. On ne sau­rait trop flétrir leur ignoble conduite. Cependant l'un d'entre eux était allé pré­venir la gendarmerie, et le brigadier ac­courut sur les lieux pour s'emparer du coupable.
Pendant ce temps, la femme Bourget rendait le dernier soupir, tandis qu'on s'occupait de la transporter à son domi­cile. L'arme avait pénétré assez profondé­ment dans le poumon, et le médecin n'a pu que constater le décès.
Le lendemain, la justice a commencé son enquête, et le coupable, arrêté sur le champ par le courageux brigadier, a été amené à Caen et écroué à la maison d'ar­rêt.
Je reparlerai de ce crime quand Bâton sera jugé.
(Le nom des personnes a été modifié)

Le mystère de l'hôtel Saint Martin, de Creully

 En observant la façade de l'Hôtel Saint Martin de Creully, anciennes halles du XIII au XVIème siècle puis auberge, nous pouvons voir au premier étage une inscription sculptée dans de la pierre du pays.

Inscription placée par Jean-Jacques lors de l'édification du deuxième étage après l'incendie de  1840.
Je suis allé aux archives du Calvados sur les traces de ce "Laplanche" qui s'appelait en réalité "Delaplanche" parfois orthographié "De La Planche".
J'ai approfondis mes recherches en retrouvant les maîtres d'hôtel successifs de 1801 à 1911. Travail basé sur les recensements, les matrices cadastrales et les actes d'état-civil.

La vente après décès de Jean-François en 1885


La tombe "Delaplanche" au cimetière de Creully

1881 - La mésaventure du fermier de Creullet (Creully) et la bouillie de sarrasin


Je vais vous narrer la mésaventure d'un cultivateur du hameau de Creullet amateur de bouillie de sarrasin.
L’année 1880 allait bientôt se présenter, la patronne  absente était à un enterrement à Crépon.
Ce maître fermier mange à tout propos de cette fameuse bouillie : là, rien que de très na­turel; mais voici une petite aventure qui ré­jouit fort en ce moment toute la petite ville du bord de la Seulles et qui mérite d'être narrée.
Voici le fait : pour prendre ledit repas, il a l'habitude de faire disposer la poêle à bouillie sur un petit banc appelé commu­nément "bancelle":le maître se place à cali­fourchon sur le banc, il invita sa jeune servante à lui faire vis-à-vis dans la même position, la fameuse poêle fumante entre les deux.
Le repas était depuis quelques instants en train, lorsque retentit à la porte un violent coup de son­nette, vite la soubrette de se lever et de courir au bruit : mais la petite malheureuse n'avait pas songé que le poids de sa personne était de toute nécessité pour le maintien de l'équilibre général... Un effroyable vacarme se fait entendre et... ô ! terreur, la bancelle ayant fait la bascule, son bon maître gisait là sur le dos ayant bouillie et poêle sur la poitrine.
Quelle situation pour cette dignité de la culture... Et quel tableau inattendu pour le visiteur !
On en rira longtemps !
C'est l'occasion de faire connaissance avec
LA BOUILLIE DE SARRASIN
Ingrédients :
1 litre de lait entier
1/2 litre d'eau
250gr de farine de sarrasin
30g de farine de blé
1pincée de sel


Dans une grande cocotte , bien délayer les farines de sarrasin et de blé avec l'eau et le lait.
Porter à ébullition tout en remuant. En cuisant, la préparation durcit.

Continuer à remuer énergiquement. Dès ébullition, laisser cuire 10 minutes tout en remuant plus modérément.
Ajuster la consistance selon votre goût en ajoutant plus ou moins de lait.


Deux façons de la déguster:
- Servir immédiatement dans une assiette creuse. Former un cratère au milieu pour y déposer une grosse noix de beurre. Avec une cuillère à soupe, se servir sur les flans du cratère sans prendre tout le beurre.
- Une fois refroidie, frire à la poêle et découper en tranches.



La coopérative agricole de Creully bat des records.

 
 
 
Nouveau record pour les 1200 agriculteurs de la coopérative du Calvados. Ils ont produit, l’an dernier, 262 000 tonnes de céréales et oléoprotéagineux.
(Voir Ouest-France de ce jour)

1875 - Le cultivateur de Creully chez le dentiste de Bayeux...


Un cultivateur de Creully partit le dernier samedi de  janvier 1875 comme d’habitude au marché de  Bayeux.
Profitant de son séjour dans la capitale pastorale, l’homme de la terre qui, depuis quelques temps, avait une dent qui lui faisait un mal affreux, entra chez un dentiste et se la fit extraire.
Quand l’opération fut terminée, il fallut payer, mais l’extraction de l’argent était plus pénible encore que celle de la molaire.
- Comment ! Deux francs ! Deux francs ! C’est bien cher pour une dent.
- C’est le prix.
- Est-ce que ça ne pourrait pas ben s’arranger pour trente sous ?
- Impossible.
- Et bien ! Ecoutez, arrachez-moi une autre dent et le tout ira pour deux francs.