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dimanche 31 mars 2013

L'église Saint Martin de Creully

L'église de Creully s'élève tout près du célèbre château féodal dont la for­teresse imposante et les puissants remparts dominent la vallée de la Seulles.
A part l'extrémité du chœur qui fut allongé à l'époque gothique, les chapelles percées dans ce chœur côté nord, et le clocher relativement récent, l'église de Creully dans son ensemble est un beau joyau d'art roman du XIIe.
Elle a subi une restauration au XIXe, mais cette dernière restée discrète n'a pas dénaturé l'ensemble du style, si bien que l'église demeure un spécimen du roman de notre région, lorsque cet art arrivait à sa dernière période, alors que l'architecture gothique se développait déjà dans d'autres régions de France.
L'élévation extérieure très soignée présente de chaque côté, à la partie supérieure des murs des arcatures romanes aveugles pour la plupart. Une seulement, sur trois ou quatre, est percée d'une baie étroite éclairant la nef. Ces fines arcatures en plein cintre sont l'imitation d'un certain nombre d'autres que l'on trouve dans les églises, du Bessin et de la Plaine antérieures à Creully, par exemple à Secqueville.
Les modillons de la corniche représentent comme si souvent chez nous des têtes, masques grotesques et grimaçants. Beaucoup — et on les repère facilement — ont été refaits totalement lors de la restauration du XIXe siècle, comme d'ailleurs certains des petits chapiteaux de l'arcature. Sur les deux faces on accède à la nef par des portes romanes dont les arcs sont ornés de zigzags en bâtons brisés si fréquents dans l'art roman du Calvados. Ce qui est par contre beaucoup moins fréquent «assez rare dans les monuments d'architec­ture romane» signale M. de Caumont, c'est que deux de ces portes (dont l'une côté nord est d'ailleurs bouchée) sont couronnées d'arcs nettement surbaissés au lieu d'être franchement en plein-cintre.
A l'intérieur le visiteur ne peut être que conquis devant la pureté de cette nef romane et des collatéraux admirablement conservés. De chaque côté, cinq grandes arcades toutes ornées de bâtons brisés, dont les archivoltes sont nettement en retrait, rappellent celles de la nef de la cathédrale de Bayeux. Mais alors que dans cette dernière des piliers gothiques sont venus entourer les piliers romans primitifs, ceux de Creully n'ont rien eu d'ajouté et leurs chapiteaux sont authentiquement romans.
Ah ! Ces chapiteaux de Creully ! Nous ne pouvons les passer tous en une revue détaillée. Ils sont fort nombreux, certains humblement cachés dans la pénombre des bas-côtés, mais le visiteur ne manquera pas de les découvrir un à un et de s'attarder devant eux.
Ils s'inspirent de chapiteaux plus anciens d'autres églises romanes Normandes. Plusieurs des églises de ce canton de Creully en ont aussi de très beaux. Ils sont assez archaïques dans le choix des motifs, palmettes, godrons plutôt rigides, de relief assez plat aussi.
Quelques-uns présentent des masques humains, auxquels des feuillages tiennent lieu de barbe et de moustache. Pour un autre au contraire, les feuillages en volutes paraissent vomis de la bouche ou serrés entre les dents. D'autres, plus nombreux, s'ornent d'entrelacs perlés, très fins, aux innombrables nœuds compliqués, longuement entremêlés en d'inextricables labyrinthes.
Les voûtes de la nef sont celles de la fin de l'époque romane. Elles, sont sur croisées d'ogives, alors que les doubleaux sont encore en plein-cintre. Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes saillantes.
Pour qui peut monter jusqu'aux combles un problème pourrait pourtant se poser au sujet de ces voûtes. La charpente se découvre alors si belle, ouvragée et sculptée — si antique aussi qu'on se demande pourquoi on l'a ainsi travaillée pour la masquer dans un grenier.
Il ne paraît pourtant pas que cette charpente intéressante n’ait jamais été apparente comme elle l'était en général en Normandie, dans les édifices romans antérieurs non voûtés.
L'épaisseur des murs de l’église montre que le constructeur dès l'origine pensait à placer une voûte de pierre. On aura voulu probablement, malgré tout, utiliser une charpente ouvragée comme il était de règle, au siècle précédent, en Normandie.
Le chœur primitivement roman, a été nous l'avons dit retouché et allongé, proba­blement à la fin du XVe ou au début du XVI e. C'est à cette époque qu'on a ajouté aussi un bas-côté nord dit «chapelle des hommes».
La tour-clocher, carrée à la base, puis octogonale dans sa partie supérieure, est d'une époque beaucoup plus récente comme aussi une chapelle seigneuriale côte nord, à la hauteur du sanctuaire (probablement le début du siècle XIXe)
Pour bâtir cette dernière chapelle on a fait disparaître le tombeau du XVIIIe d'Antoine II de Sillans, seigneur de Creully, mais du côté sud du sanctuaire subsiste toujours celui d'Antoine III. Le visiteur pourra encore en déchiffrer l'épitaphe assez pompeuse.
Vous qui passez par Creully — peut-être en vous rendant aux plages du débar­quement — vous qui visitez le château féodal un des mieux conservés du Calvados, ne manquez pas d'admirer aussi ce joyau d'art roman si sympathique qu'est l'église Saint-Martin.

jeudi 2 janvier 2020

Villiers le Sec ( Creully sur Seulles ) Un véhicule de l'hôpital belge de 1918

Cette photo avec la date du 20 Août 1918 a t-elle été prise dans les environs de Villiers le Sec comme l'indique le mot du verso ?


A la fin de l'année 1916, l'autorité militaire belge ayant aménagé le séminaire du Villiers, (son ancienne caserne) en hôpital, un service de voitures et d'auto d'ambulance fut organisé pour venir chaque jour apporter à la gare de Bayeux les convalescents et y reprendre les blessés laissés par trains sanitaires. 


Après la signature de l'armistice, l'hôpital de Villiers fut évacué et les hospitalisé envoyés dans les hôpitaux de Calais et d'Ostende; le dernier détachement, qui était de 180 hommes, quitta la Séminaire le 30 décembre 1918.



Doc: Delcampe

https://www.creully.net/2018/09/un-dessin-temoin-de-lhopital-belge-de.htmlhttps://www.creully.net/2018/02/1914-1918-lhopital-belge-villiers-le.htmlhttps://www.creully.net/2019/04/ceremonie-en-hommage-aux-soldats-belges.htmlhttps://www.creully.net/2018/06/villiers-le-sec-creully-sur-seulles.htmlhttps://www.creully.net/2019/04/villiers-le-sec-creully-sur-seulles-se.html
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mardi 10 octobre 2017

Ils furent inhumés dans l'église de Creully

Privilèges réservés aux membres de la noblesse ou du clergé.
Parfois au profit d'un "manant”.


1er décembre 1694 : Inhumation dans la nef de l'église d'Anne du Bourguais, âgée de 18 ans, en présence de plusieurs curés et voisins et de presque tous les paroissiens; tout le monde l'estimant comme "bien sage", et faisant partie de la Confrérie du Saint-Rosaire.
Le 8 Mars 1695, inhumation devant la chaire de Jean Paufilla, chirurgien, décédé la veille, âgé de 50 ans.
Le 15 Janvier 1696, inhumation dans la chapelle à côté du chœur de l'église de Dufour que l’on trouva mort hier dans les fossés du château sur les neuf à dix heures du soir, frappé de plusieurs coups.
Le 1er Avril 1707, inhumation dans la chapelle de Saint-Clair, de la mère de M. Mourot.
Acte de décès de M. Mourot

Le 20 Avril 1710, inhumation de François de Monrotie, âgé de 40 ans environ.
Le 28 Avril 1711, inhumation dans le chœur de l'église, près des degrés du sanctuaire dans le cercueil le plus proche du mur donnant vers le presbytère de M. Abraham Madeline, originaire de Caligny au-delà de Condé sur Noireau par André, curé de Ryes, doyen de Creully après avoir travaillé avec édification dans la dite paroisse de Creully, l'espace de 24 ans. Ce fut un homme rempli d'une grande humilité, d'une grande mansuétude, charitable envers les pauvres, modeste, sage, réservé, qui a toujours eu un soin extrême de sa paroisse, et qui a laissé après sa mort un regret sensible de sa personne dans le cœur de ses paroissiens. Il a eu soin de se choisir de son vivant, un successeur, et il a résigné sa cure à Mr. Charles François Caille, curé de Tierceville.
Le .. avril 1722, inhumation au milieu du chœur de l'église, de Charles-François Caille, curé du lieu, par Adeline, curé du Manoir, doyen de Creully.
Le 5 Avril 1725, inhumation dans sa chapelle de Creullet de Marguerite de Cornier, veuve de Louis de Quincé, comte du Saint-Empire Romain, gouverneur des ville et châteaux de Domfront . M. le Comte de Qincey est décédé à Creully le Jeudi 16 février 1708 et il a été, selon son désir, inhumé à Domfront, dont il était gouverneur des villes et châteaux.
Le 22 Janvier 1729, inhumation dans l'aile de l'église, vis à vis la chapelle de la Vierge, de Jean-François Brot, chirurgien audit lieu, âgé d'environ 31 ans.
Le 10 Janvier 1730, inhumation dans le choeur de l’église de Jacques Cotelle curé du lieu, décédé la veille.
Le 13 Janvier 1744, inhumation dans l'église, sous le banc du trésor, au pied de la chaire, de Charles Le Marchand, custos de la dite église, âgé d'environ 45 ans.
Le 10 Août 1761, inhumation, dans le choeur de l'église de Charles de Than, ancien curé de Creully, âgé de 73 ans environ.
Le 4 Janvier 1774, inhumation dans l'église de Marie-Françoise Mutel, épouse du Sieur de la Garenne, notaire royal à Creully, âgée de 46 ans.
Le 23 Mai 1775, inhumation dans l'église de Paul Lefrançois, ex-notaire de Creully, décédé la veille à Epinay sur Odon, à l'âge de 79 ans, en présence de Louis de Baudre, licencié aux lois, curé d'Epinay qui a remis le corps.
Le 14 Avril 1787, inhumation d'Antoine Monnin, natif de la paroisse Saint-Georges de Vesoul, ancien bas-officier de dragons, âgé de 64 ans, lequel a été inhumé le dernier dans l'ancien cimetière, situé vis à vis le château.

lundi 1 février 2021

Creully sur Seulles - Une spécialité agricole et culinaire Creulloise....... La "Pé de terre de Creully"

A lire la presse de ces jours derniers, la pomme de terre se porte bien à la coopérative agricole de Creully. C'est l'occasion de parler de cette patate creulloise de 1800.
La  spécialité des années 1800 de Creully  était un tubercule appelé à nos jours: pomme de terre.


La pomme de terre a d’abord été apportée des régions équatoriales, et de la chaîne des Andes de l’Amérique méridionale, peu après la conquête du Pérou par les Espagnols. Ces derniers l’ont propagée en Italie et dans leurs possessions d’Europe, avant les Anglais et vers le milieu du seizième siècle. Cette plante s’est aussi répandue dans l’Allemagne dès le temps de la domination de Charles-Quint; elle parait même avoir été introduite en Irlande par l’Espagne, et enfin, si elle a aussi été transportée de la Virginie en Angleterre, puis, de là, dans le nord de la France et de l’Europe, elle n’a dû être cultivée que plus tard dans ces dernières contrées.

Au milieu du XVIIIe siècle, Parmentier fait adopter en France la culture de la pomme de terre, et ouvre ainsi une ère nouvelle à l’agriculture.
Grâce à ces efforts noblement encouragés par Louis XVI, qui daigna accepter de

Parmentier un bouquet composé des fleurs de la pomme de terre, tout le monde fut bientôt convaincu des avantages de cette culture. Les résultats obtenus par ce savant agronome furent si universellement accueillis, que François de Neufchâteau, ministre de l’intérieur en 1797, proposa de substituer au nom de cette solanée, celui de parmentière.
Elle sappellait en normand Crompire, dun mot allemand qui signifie poire de terre (Grundbirn).
Dans un petit village du Nord-Ouest de Caen, à Creully on cultive une pomme de terre  appelée  par les habitants la « Pé de terre de Creully »  (Histoire et glossaire du Normand - 1862).
A cette époque, la pomme de terre est très généralement cultivée pour la nourriture des hommes et des bestiaux.
Elle demande une terre légère ou ameublie par des labours, et bien fumée.
Un hectare de terre favorable à la culture de cette plante produit de deux cent quarante à quatre cents hectolitres de tubercules.
On plante et on les récolte avec la charrue.
Beaucoup de cultivateurs récoltent plus de pommes de terre qu’il ne leur est nécessaire d’en récolter pour leur usage. La vente se fait avec facilité, parce qu’on en embarque beaucoup au quai de Caen.

Faisons connaissance avec cette "Pé de terre de Creully" .
Elle était, parait-il, une sorte de  patraque jaune.
Très amylacée et très productive ; employée pour les fabriques de fécule. Tubercules gros, irréguliers, yeux enfoncés dans des cavités profondes.



vendredi 18 septembre 2020

Creully sur Seulles - La fée électricité a éclairé Creully avec l'aide de la Seulles.

(L'éléctricité en Basse-Normandie. A. Journaux)

Produire de l'énérgie électrique avec la force motrice du site du moulin de Creully. Pourquoi pas?

Une question que se pose le conseil municipal de Creully sur Seulles.

Ce moulin a déjà produit de l'électricité.

Des petits producteurs locaux étaient, également , distributeurs dans un court rayon d’action, en général le bourg. La laiterie  paillaud faisait partie de ceux-ci Ils furent nationalisés à partir de 1946 au profit d’Eléctricilé de France.


Plan du poste de transformation.


 L'existence d'un moulin seigneurial dépendant de la baronnie de Creully est attestée au XVe siècle. Appartenant aux familles de Vierville, puis de Sillans, il est acquis par Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, en 1684. En 1794, le moulin est équipé de trois tournants contenus dans une même cage. Propriété d'Anne-Léon de Montmorency, devenu bien national à la Révolution française, il passe entre les mains de plusieurs propriétaires. Le comte Gabriel de Marguerie le transforme en 1838 en moulin à l'anglaise, que le mécanicien parisien Corrège aurait équipé de six paires de meules offrant une capacité d'écrasement de 80 à 120 hectolitres de froment par 24 heures, expédiés vers la Haute-Normandie. En 1855, propriété d'Adolphe d'Infreville, le moulin compterait neuf paires de meules. Acquis depuis peu par Charles Paysant-Duclos et alors inactif, le moulin de Creully est réglementé par arrêté du 17 août 1861, mis en chômage le 3 août 1864 et démoli quatre ans plus tard. En février 1894, l'entretien du bief et des vannages, qui alimentent les lavoirs de la commune, est cédé à la municipalité. Celle-ci obtient une révision du règlement d'eau le 18 avril 1895. A partir de 1915, le bief est utilisé par Edmond Paillaud, exploitant de la laiterie voisine, qui fait construire un bâtiment pour abriter une turbine et dynamo (détruit). Seul le logement est encore en place.

(Texte de l'inventaire du patrimoine culturel de la Région Normande auquel j'ai collaboré pour le dossier Paillaud de Creully)






samedi 8 août 2020

Creully (Creully sur Seulles) - La légende de la Dame aux ciseaux.

La légende de la Dame aux ciseaux
Nous sommes dans la deuxième moitié du XVe siècle, la guerre de 100 ans venait de se terminer ; le château de Creully était en travaux ; restauration autorisée par Louis XI.
Au sein du château forteresse, une couturière oeuvrait pour un baron de Creully, un Vierville, et surtout pour la baronne.
Cette couturière très habile de ses mains confectionnait les plus beaux habits appréciés par les femmes du château. Elle avait réalisé pour elle une houppelande de couleur violette. Une des trois couleurs autorisées, les deux autres étant le noir et le gris ; le rouge et le vert étaient portés que par les nobles. Ce code des couleurs s’appliquait aux enfants de moins de sept ans ; les mâles étaient en blanc et les fillettes en bleu ciel.
Cette femme nommée «Guillemette» était fort belle ; elle savait s’apprêter de quelques bijoux ; même ses ciseaux de couturière qu’elle portait à sa ceinture étaient affublés d’un morceau de létice.
Non loin d’une des pièces du château réservées aux gardes, elle fut abordée par le baron lui-même qui souhaitait s’entretenir au sujet de la baronne disait-il. Mensonge car, retirés des yeux et oreilles, ils eurent une aventure car on ne refuse rien au baron.


Les mois passèrent quand Guillemette rencontra le baron et lui demanda de l’écouter : «ta lignée est en moi comme tu le vois à mon ventre, tu m’as enceinté».
Ne voulant admettre cette situation, le baron, encore jeune, sentait la colère montait en lui, injuria la couturière et lui indiqua : «jamais je ne reconnaîtrai cette progéniture ; ce n’est pas un héritier des Vierville».
Guillemette, déçue, à bout de nerfs, se porta face au baron et le gifla de toutes ses forces.
Outrage extrême !
Le baron se jeta sur la femme et lui attrapa sa chevelure, faisant tomber une petite templette qui participait au maintien de tresses ; il arriva à attraper les ciseaux et d’un coup furieux, il poignarda la pauvre couturière de sa mère.
Le liquide de couleur rouge tâcha les vêtements de la belle Guillemette qui eut la force de murmurer : «je te maudis» avant de quitter (provisoirement) ce château de Creully.
Il fallait faire disparaître le corps ; le baron choisit une des multiples caves du château, en particulier une très humide à l’aplomb des remparts à l’est. Ainsi ce crime ne fut porté à la connaissance des habitants du lieu.
Creully et son château s’entouraient de brume remontée de la Seulles qui coulait au pied des remparts et dans la chambre du baron la mèche d’un creuset s’éteignit par manque d’huile. Le baron dormait.
Le meurtre de Guillemette était un fait d’hier.
Malgré l’absence d’orage sur la contrée, un bruit se fit entendre brusquement comme un coup de tonnerre.
Le baron se réveillât brusquement ; ses yeux à demi ouverts, il vit une forme de femme non loin de sa couche qui brandissait une grande paire de ciseaux. La forme d’une blancheur de lait de brebis s’adressa à lui : «Jusqu’à la fin des ans, des milliers d’années, je serai là, sur ce domaine, pour rappeler à toi-même et à ta descendance la lâcheté des barons de Creully».
Le dernier des barons de la lignée des Vierville n’eut pas de descendance mâle….

Certaines nuits, des hommes ou des femmes en errance autour du château, parfois dans les fossés qui le bordent, ont vu et on verra encore une grande forme d’une couleur blanche avec à la main une paire de ciseaux, la Dame aux ciseaux.
Enceinter: mettre enceinte
Houppelande:
large robe à grande manches (plutôt employée quelques dizaines d’années avant.
Templette: (ou templière), décoration faite en métal sur laquelle s’enroulaient les tresses.

Létice : fourrure blanche moins chère que l'hermine.

dimanche 19 janvier 2020

1857 Creully (Creully sur Seulles) - Tilly sur Seulles une affaire de foire à la louerie

CONSEIL GÉNÉRAL DU CALVADOS
La commune de Tilly-sur-Seulles demande que sa foire de la Madeleine, qui se tient chaque année le 22 juillet, soit reportée au dimanche le plus rapproché de cette date.



La Madeleine de Tilly sur Seulles

SÉANCE DU 31 AOUT 1857
Le Conseil, prenant en considération cette réclamation, est d'avis qu'il y a lieu de l'accueillir.
Le Conseil général,
Vu la délibération du conseil municipal de la commune de Tilly-sur-Seulles, en date du 23 novembre 1856, demandant que la foire dite de la Madeleine, qui se tient dans cette commune le 22 juillet de chaque année, soit transférée au dimanche le plus rapproché de cette date du 22 juillet;
Vu les délibérations des conseils municipaux des 77 communes intéressées, notamment celle de Creully, en date du 9 août 1857;
La foire de Tilly
Vu les délibérations des conseils d'arrondissement de Caen, de Bayeux et de Vire ;
Vu l'avis de la chambre consultative d'agriculture de l'arrondissement de Caen ,en date du 5 juin 1857 ;
Vu le rapport de M. le Préfet ;
Considérant que la foire de la Madeleine, établie à Tilly le 22 juillet de chaque année, est plutôt une foire-louerie ou assemblée de promeneurs qu'une foire commerciale ; qu'il en résulte donc qu'une réunion de cette nature n'a aucune chance de succès, surtout à l'époque de la moisson, si elle n'est fixée à un dimanche; qu'il paraît juste de donner cette satisfaction à une commune chef-lieu de canton ;
Que sur les 77 communes consultées, 59 ont émis un avis favorable à la demande de Tilly, 14 un avis contraire et 4 ne se sont pas prononcées ;
La louerie de Creully
Que la commune de Creully, qui se trouve au nombre des opposantes, possède,il est vrai, une foire-louerie, établie le 18 juillet de chaque année, et qu'elle allègue qu'à raison de sa proximité avec Tilly, le changement réclamé par cette dernière commune pourrait lui être très préjudiciable, puisqu'en admettant le changement, ces deux foires-loueries devraient se trouver le même jour cinq fois sur sept;
La foire de Creully
Mais qu'il paraît juste d'admettre qu'en raison de la distance séparant les deux bourgs de Tilly et Creully (16 kilomètres environ), il ne pourrait y avoir aucun inconvénient à ce que les deux foires-loueries se tiennent parfois le même jour, et que rien ne semble faire supposer qu'elles puissent se préjudicier réciproquement ;
Est d'avis qu'il y a lieu de fixer à l'avenir la foire de la Madeleine de Tilly au dimanche le plus rapproché du 22 juillet de chaque année.

lundi 13 janvier 2020

Creully sur Seulles - L'homme de Creully et le cercle des fées

— « A demain Albert »
— « Ch'a va êtes dû, mais enfin j'tachrai »
Ainsi, Albert Desplanches quittait une grande ferme de Martragny où il avait été invité par son patron aux noces de Berthe, la fille aînée de ce dernier. Invité sans sa femme restée dans sa petite maison de Creully où les tâches de mère de famille la retenaient, les six enfants de bas âge l'empêchaient de se divertir, comme son mari qui, il est vrai, trouvait cette solution assez satisfaisante.
Desplanches, âgé de trente cinq ans, paraît-il, s'amusait avec les filles de la région. Racontars affirmait Albert. Marthe, sa femme, n'avait certainement pas eu échos de ces dires, car, la présence de son mari au mariage de la fille de son patron, aurait été compromise. Berthe avait deux sœurs bien jolies.

La noce était terminée, la nuit était tombée depuis « belles lurettes » en ce dimanche soir de septembre. Elle avait duré deux belles journées.
Le chemin allant de Martragny à Creully, éclairé par un splendide clair de lune, était rassurant. Albert pensait aux deux jeunes qui s'étaient fait attaquer par quatre brigands à la hauteur du pigeonnier la semaine passée.
Les « soifs » de la journée bien rassasiées ne ravageaient pas l'esprit de Desplanches. Il avait du coffre, cet homme de Creully où sa femme sombrait dans le sommeil. Parfois, les pleurs d'un des gamins, ils avaient six garçons, réveillaient Marthe qui, à chaque fois, constatait l'absence de son mari ou plutôt son retard.
A mi-chemin, entre Rucqueville et Brécy, un bouquet d'arbres cachait une lueur assez dense, à peine visible de la route.
Lorsqu'Albert la vit, il s'arrêta net.
— « Qui a-t-il derrière ces chênes ? ». En se posant cette question, Desplanches crut entendre une musique légère, très peu perceptible.
— « C'est sûrement l'effet du bon verre de Calvados que j'ai avalé avant de partir de Martragny », pensa Albert avant de reprendre le chemin.
La lueur se faisait de plus en plus dense, plus lumineuse. Notre homme de Creully s'arrêta de nouveau. Un peu effrayé, mais, d'un esprit courageux, Desplanches décida .d'aller voir. Il contourna la futaie en essayant d'être le plus discret possible.
A ses yeux apparut un spectacle très joli ; un spectacle d'une grande splendeur. Des femmes vêtues de blanc dansaient en rond au clair de lune au son d'instruments mélodieux.
Poussé par la curiosité, Desplanches s'approcha encore plus, de trop, car, il était à découvert quand une des belles dames en blanc le vit...
La musique ne se fit plus entendre, toutes les femmes, six, sept ou plus, on ne le saura jamais, se retournèrent. Albert sentait ces regards de fées pesant sur lui ; une force bizarre-le poussait vers le groupe.
Les instruments mélodieux reprirent de plus belle, la ronde se reforma et les fées sautaient, dansaient.
Quant à Albert, il était lancé, porté dans les airs, très haut, très haut, à une distance considérable. Il devint le pantin de ces fées.
— « Malheur au curieux profane qui s'approcherait », cria une des femmes.
Ce sont les seules paroles que Desplanches entendit avant de se retrouver sur le chemin qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt.
Il était accablé de fatigue et de meurtrissures. Ainsi, le pauvre Albert reprit la route de Creully. Une femme impatiente l'attendait ; une femme furieuse, car, les cinq heures du matin avaient sonné.





Arrivé devant sa demeure, prêt à mettre la clé dans la serrure de la porte, quand, tout a coup, celle-ci s'ouvrit. Marthe apparut un balai à la main.
Non, elle ne faisait pas son ménage, mais, elle attendait son mari.
— « D'où viens-tu ivrogne » ?
— « Non, ce sont des femmes »
— « Quoi des femmes... »
— « Non des fées entre Rucquev... »
— « Et puis quoi encore »
— « Non, je te jure, ce sont des fées qui m'ont attaqué près des chênes »
— « Sale mari, tu as passé de bons moments avec une femme pendant que moi, je... »
— « Mais non Marthe, crois moi ».
Marthe ne voulut pas en savoir plus et des meurtrissures s'ajoutèrent, mais, celles-là étaient dues au balai que Marthe tenait.
Et pourtant à quelques kilomètres de là, derrière un bouquet d'arbres, on pouvait voir une grande trace circulaire où l'herbe y est comme brûlée. On appelait cela dans la région, « le cercle des fées ».

mercredi 18 décembre 2019

Creully sur Seulles - 1793 - Quand les biens du chatelain du château de Creully furent brulés.



Les sociétés populaires sont durant la Révolution des éléments aussi importants à la vie quotidienne d'une commune ou d'un canton que le sont actuellement les partis politiques et les associations, dont elles sont les ancêtres. Le fait d'appartenir à une société est pour un citoyen de l'époque un gage de patriotisme et d'adhésion à la politique nationale.
La Société populaire de Creuilly, district de Caen, annonce à la Convention nationale que tous les tableaux et autres objets portant des signes et effigies de féodalité, de royalisme et de tyrannie, qui se trouvaient encore dans le château du ci-devant Montmorency, ont été brûlés au milieu des applaudissements de tous les citoyens, et que les jeunes citoyens du canton de Creully attendent avec impatience le moment de se mesurer avec les satellites des despotes. 

Suit la lettre de la Société populaire de Greully 

A la Convention nationale.

« Creully, département du Calvados, district de Caen, le 30 septembre 1793, l'an II de la République une et indivisible.

.«. Depuis longtemps la Société patriotique du bourg de Creully attendait les effets de la lutte qui régnait entre les braves de la Montagne et les lâches de la plaine; elle craignait que le résultat ne fût le bouleversement de tout l'ordre des choses ; elle craignait que le feu de la guerre civile ne se répandît, comme un torrent désastreux, sur toutes les parties de la République; elle craignait de voir couler le sang des patriotes ; elle craignait enfin de voir finir avec leur vie, le règne de la hberté. Que disons-nous !.,. Ils ne devaient pas périr : de fiers montagnards, comme des dieux tutélaires, veillaient sur leur destinée, et en les arrachant du précipice creusé sous leurs pas, nous osons le prédire, les chaînes dont les despotes serrent encore les bras des peuples, seront brisées et serviront à écraser leurs têtes coupables, et à faire disparaître pour jamais tout pouvoir tyrannique. 
« Généreux défenseurs, vous qui avez tiré la France des mains de la tyrannie et de l'esclavage pour la mettre sous le règne de la hberté et de l'égahté, quelle reconnaissance ne vous devons-nous pas? QueUe reconnaissance ne vous doivent pas tous les hommes? Oui, citoyens, vous avez bien mérité de l'univers entier.

« Puisque vous seuls êtes vraiment les amis du peuple, que vous "seuls avez la force de le rendre heureux; frappez, frappez les restes de la tyrannie, de l'aristocratie; servez-vous de tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour écraser, anéantir ceux qui s'y opposeraient, tous les royalistes, les fédéralistes/ tous ceux enfin qui travaillent au rétabhssement du trône et à l'asservissement des peuples.

« Citoyens, d'après une demande de notre société et l'arrêté de la municipalité de Creully, une chasse qui était à l'entrée du château fort note note du bourg, actuellement demantelé, une chasse, •emblème du despotisme, a été renversée, brisée et foulée aux pieds. Des portraits de comtes, de marquis, de ducs, de rois, tous les signes et effigies de la féodalité, du royalisme et de la tyrannie qui étaient encore dans le château du ci-devant Montmorency, tout a été brûlé au pied de l'arbre de la hberté, au son du tambour, de l'air Ça ira, Allons enfants de la Patrie, et de la danse de la carmagnole. Tous les membres de notre société, le conseil général de la commune, lé tribunal de paix et la garde nationale de Creully étaient présents à cette cérémonie.

« Les citoyens de la première réquisition de notre Canton brûlent du feu sacré de la hberté et attendent avec impatience le moment de se mesurer avec les despotes coalisés; ceux du bourg se sont présentés en cette société et y ont juré de combattre et de verser jusqu'à la dernière goutte de leur sang, de ne mettre bas les armes que lorsque la République soit vengée des attentats commis envers elle et que son sol soit purgé des royalistes, fédéralistes, muscadins et généralement de tous les ennemis de l'ordre pubhc. Ils sont prêts à partir au premier signal.

« Citoyens, contents de votre travail et de votre énergie, notre société vous invite de rester à votre poste jusqu'à ce que la paix soit rétablie. Depuis le règne de la Montagne, chez nous l'aristocratie est aux abois. Encore un dernier effort et elle disparaîtra du globe.

« Bons répubhcains, vrais sans-culottes.

. « Les président, secrétaires et membres de la société : '

« Gardin, maire; Legerais, curé de Saint-Gabriel; Dutruissard, curé de Greully, président; Monnin, commissaire du canton, juge de paix, ex-président de la société; Quesnel, secrétaire; Duval, vicaire, procureur de la commune; Le Révérend, officier. »