Saint Gabriel ..... "des Mares" à "la Martinique" un mystère (première partie) - Le château

 Niché au cœur de la Normandie, le paisible bourg de Saint-Gabriel doit sa renommée à son prieuré, fondé au XIe siècle par le seigneur de Creully au profit de l’abbaye de Fécamp, ainsi qu’à son église paroissiale, placée sous la protection de saint Thomas Becket, son patron spirituel.

L’histoire de Saint-Gabriel s’est écrit au fil des siècles : en 1827, la commune s’unit à Fresnay-le-Crotteur, avant d’accueillir, en 1965, celle de Brécy, scellant ainsi leur destin commun.

Empruntant l’ancienne voie de Varembert — aujourd’hui baptisée rue du Moulin —, le promeneur découvre un autre joyau de Saint-Gabriel : le château de la Martinique. Cette élégante demeure, inspirée par le style de Viollet-le-Duc et remaniée en 1866, se dresse toujours dans l’intimité d’un domaine privé, témoin silencieux d’un passé prestigieux.

Pourquoi "La Martinique" ?

Depuis de longues années, j’ai arpenté les couloirs silencieux des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, fouillé les trésors oubliés des archives départementales du Calvados et de la Manche, et exploré les registres jaunis des archives diocésaines. Sans oublier, bien sûr, les précieux témoignages des habitants, gardiens vivants de cette mémoire locale.

Cette quête patiente m’a permis de rassembler des documents, certains rédigés dans le vieux français des siècles passés, qui m’ont peu à peu révélé une vérité aussi fascinante qu’inattendue. En examinant méthodiquement chaque hypothèse pour mieux les écarter, j’ai reconstitué le fil d’une histoire oubliée.

Je vous invite à me suivre à travers une série d’articles, où nous remonterons ensemble le temps pour percer un mystère toponymique : comment le château, la ferme qui lui fait face et les terres environnantes ont-ils troqué leur ancienne appellation, « des Mares », pour celle, plus exotique, de « la Martinique » ?

Le château de la Martinique à Saint Gabriel en photos

Le domaine de la ferme de la Martinique arrive dans la famille Delacour en 1824 lorsque Angélique le Maître épouse Alexandre Delacour. Leur fils Albert modifie le château, le sépare de la ferme et dessine le parc.

Source: Ministère de la Culture