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Double duel à Ryes, village du Bessin

Le 20 mai 1617, le soleil de l'après-midi baignait les campagnes du Bessin d'une lumière douce. Les blés ondulaient sous une légère brise et, sur la hauteur de la paroisse de Ryes, les ailes d'un moulin à vent tournaient lentement, indifférentes au drame qui allait s'y jouer.

Au détour d'un chemin creux apparurent quatre cavaliers. Leur allure grave et leur silence en disaient plus long que les paroles. Derrière eux suivaient quelques laquais, chargés de tenir les chevaux, mais chacun savait que ces hommes n'étaient pas venus pour une simple promenade.

D'un côté se tenaient Jacques Hudebert, sieur de la Noë, de Tracy, accompagné de son beau-frère, le sieur d'Ifs. Face à eux se présentaient Jacques Blondel, fils de Jean, sieur de la Rozière, escorté de M. de Graye. Nul arbitre, nul témoin officiel : seulement quelques domestiques, les vastes champs et le vieux moulin pour assister à cette rencontre que l'honneur exigeait et que la loi interdisait.

Sans un mot de trop, les manteaux furent rejetés sur les épaules des serviteurs. Les quatre gentilshommes dégainèrent presque d'un même geste. Le métal des lames étincela sous le soleil avant que le silence de la campagne ne soit brisé par le premier choc des épées.

Bientôt, deux combats se déroulèrent côte à côte.

Jacques Hudebert affrontait Jacques Blondel avec une fougue farouche. Les bottes glissaient dans l'herbe, les lames s'entrechoquaient dans un fracas sec, tandis que chaque estoc cherchait l'ouverture décisive. À quelques pas de là, le sieur d'Ifs et M. de Graye croisaient également le fer avec une violence comparable.

Les coups redoublèrent d'intensité. Aucun des adversaires ne voulait céder. Les visages ruisselaient de sueur, les souffles devenaient plus courts et les épées semblaient frapper avec une rage nourrie par des querelles anciennes.

Soudain, le sang coula.

Le sieur de la Noë chancela sous une blessure profonde. Presque au même instant, Jacques Blondel fut atteint à son tour. Les deux hommes, épuisés, peinaient à rester debout. Les laquais, jusque-là occupés à maintenir les chevaux, abandonnèrent leurs montures pour courir vers leurs maîtres.

Le combat avait pris fin aussi brutalement qu'il avait commencé.

Gravement blessé, le sieur de la Noë ne pouvait plus marcher. Faute de meilleure civière, on le déposa dans un simple van de paysan, utilisé d'ordinaire pour transporter les récoltes, avant de le ramener péniblement jusqu'à sa demeure.

Jacques Blondel trouva encore la force de remonter en selle. Ceux qui le virent quitter les lieux purent croire qu'il survivrait à cette journée. Pourtant, la blessure s'infecta peu à peu. Malgré les soins que l'on put lui prodiguer, la fièvre l'emporta quinze jours plus tard.

La mort du jeune gentilhomme transforma ce duel interdit en affaire criminelle.

Le dossier fut porté devant la Haute Justice de Fécamp, dont les audiences se tenaient chaque jeudi au prieuré de Saint-Gabriel. Dans la grande salle de justice, le procureur fiscal entreprit de faire toute la lumière sur les événements de Ryes.

On convoqua ceux qui avaient assisté, parfois de loin, à la scène : le meunier du moulin, des paysans occupés à leurs travaux, quelques bergers qui faisaient paître leurs troupeaux dans les champs voisins. Chacun vint raconter ce qu'il avait vu ou cru voir : les cavaliers arrivant en silence, les épées sorties des fourreaux, le bruit des lames, puis les cris et les hommes étendus sur le sol.

Après avoir entendu les témoignages, le procureur conclut à la responsabilité du sieur de la Noë. Il requit son arrestation immédiate et demanda qu'il ne fût pas enfermé dans la geôle du prieuré de Saint-Gabriel, mais, « pour plus de sûreté », dans les prisons de la ville de Caen.

Ainsi s'acheva ce duel d'honneur, commencé dans le silence d'un champ du Bessin et terminé devant les juges. En quelques instants, une querelle entre gentilshommes avait coûté une vie et rappelé que, sous le règne de Louis XIII, la justice royale entendait désormais poursuivre sans faiblesse ces combats privés où l'orgueil des hommes se payait souvent du prix du sang.


 

Une journée de justice au prieuré Saint-Gabriel (Creully sur Seulles)

 Le chœur de l'église du prieuré de Saint-Gabriel, non loin de Creully sur Seulles, accueille une exposition à partir du 1er juillet sur la justice qui était rendue dans ses murs.

Je vous propose de vous transporter 600 ans plus tôt pour assister à une audience appelée "plaid".


En l’an 1426, le soleil n'avait pas encore franchi les collines du Bessin lorsqu'une brume légère flottait encore au-dessus des prés humides entourant le prieuré Saint-Gabriel. Les premières lueurs de l'aube faisaient miroiter les gouttes de rosée accrochées aux pommiers tandis que, dans les pâturages, les silhouettes sombres des bœufs se découpaient lentement dans le brouillard.

Puis la cloche.

Une note grave, profonde, emplissait la vallée.

Elle résonna une première fois, puis une seconde, avant que son écho ne vienne mourir jusque dans les chaumières des tenanciers.

Les frères bénédictins quittaient déjà silencieusement leur dortoir. Drapés dans leurs longues robes de laine écrue serrées par une ceinture de cuir, la tête couverte de leur capuce noir, ils traversaient le cloître en silence. Seul le froissement des étoffes, le craquement des sandales sur les dalles humides et les chants des premiers merles troublaient la quiétude du matin.

Dans l'église, les voix s'élevèrent bientôt.

Domine, labia mea aperies...

La psalmodie emplissait les voûtes tandis que l'odeur de cire chaude se mêlait à celle de la pierre froide.

Mais ce mardi ne serait pas un jour ordinaire.

C'était jour de justice.

 


Pendant que les religieux célébraient les matines, une autre agitation gagnait peu à peu les bâtiments du prieuré.

Dans la grande salle attenante au logis prieural, des serviteurs ouvraient les lourds volets de bois.

Une lumière jaune pénétra dans la pièce.

Le sol était couvert de joncs fraîchement coupés non loin de la Seulles dont le parfum végétal adoucissait celui des poutres enfumées. Au centre de la salle, une longue table de chêne était installée sur deux tréteaux. Derrière elle prenait place un haut fauteuil sculpté réservé au prieur ou à son représentant.

À sa droite, un pupitre attendait le greffier.

Un jeune clerc, qui faisait office de greffier, y déposait déjà son écritoire.

Il aligna avec soin son canif, son grattoir, son encrier rempli d'une encre brunâtre et plusieurs feuilles de parchemin soigneusement roulées.

Il souffla sur la pointe de sa plume d'oie.

— « Que Dieu fasse que personne ne parle trop vite aujourd'hui... »

Son voisin sourit.

— « Ou que chacun dise enfin la vérité. »

 

Peu avant tierce, les habitants commencèrent à arriver.

Les hommes portaient leurs braies de grosse toile, des chausses attachées sous le genou et une cotte de laine brune ou grise. Certains avaient revêtu leur meilleur surcot, réservé aux grandes occasions.

Les femmes arrivaient par petits groupes.

Leurs robes de laine descendaient jusqu'aux chevilles ; un voile blanc entourait leurs cheveux cachés sous une coiffe de lin. Plusieurs tenaient encore un panier d'œufs ou un morceau de fromage destiné au marché qui suivrait l'audience.

Tous retiraient leur bonnet avant de pénétrer dans la cour.

Les conversations étaient basses.

— « C'est aujourd'hui que Colin répondra de son champ... »

— « On dit qu'il a déplacé les bornes pendant la nuit... »

— « Et le meunier ? »

— « Il devra rendre compte de la mouture... Les paysans jurent qu'il garde plus que sa part. »

Les enfants, eux, observaient discrètement depuis les marches du cloître, vite rappelés à l'ordre par un frère.

 

La grande cloche sonna une nouvelle fois.

Le silence tomba presque aussitôt.

Le prieur entra.

Vieil homme à la barbe grisonnante, il avançait lentement sous son ample manteau noir bordé de fourrure. Derrière lui marchaient deux chanoines, puis le sergent du prieuré.

Celui-ci tenait à la main la verge de justice.

Le symbole de l'autorité.

Tous s'inclinèrent.

Le greffier se leva.

— « Que comparaissent ceux qui ont été appelés devant la cour du prieuré de Saint-Gabriel ! »

 

Le premier procès concernait deux voisins.

Guillaume et Colin.

Deux cultivateurs qui se connaissaient depuis toujours.

Ils s'avancèrent tête basse.

Le sergent posa devant eux une petite borne de pierre.

Le prieur prit la parole d'une voix calme.

— « Guillaume de Rots, quelle est ta plainte ? »

L'homme ôta son bonnet.

— « Mon père, voilà trois semaines que Colin a repoussé cette borne jusque dans mon champ. J'ai perdu deux sillons de terre. »

Colin leva aussitôt les bras.

— « C'est faux ! Cette borne est là depuis mon grand-père ! »

— « Tu mens ! »

— « C'est toi qui mens ! »

Le sergent frappa le sol de sa verge.

— « Silence devant la cour ! »

Le prieur demeura impassible.

— « Avez-vous des témoins ? »

Deux vieillards s'avancèrent.

L'un avait quatre-vingts ans.

Sa voix tremblait.

— « Je me souviens du temps où feu Raoul cultivait encore cette terre... La borne était plus près du vieux pommier... »

Le greffier écrivait sans lever les yeux.

Chaque mot comptait.

Après une longue délibération, le prieur ordonna qu'une visite des lieux serait effectuée le lendemain en présence des anciens du village.

Personne ne protesta.

La décision semblait juste.

 

Vint ensuite le meunier.

Un homme massif dont les mains portaient encore la farine.

Les paysans l'accusaient de retenir plus de grain que ne l'autorisait le droit de mouture.

Le prieur le fixa longuement.

— « Hugues, combien prends-tu sur chaque boisseau ? »

— « La seizième mesure, Mon Père... comme toujours. »

Une vieille femme éclata.

— « Il ment ! Regardez ses sacs ! Ils sont pleins ! »

Les murmures gagnèrent la salle.

Le sergent dut à nouveau imposer le silence.

Après avoir consulté le registre des redevances, le greffier retrouva une ancienne décision.

Le prieur hocha lentement la tête.

— « Les mesures seront vérifiées avant la Saint-Jean. Si fraude il y a, restitution sera faite et amende prononcée. »

Le meunier baissa les yeux.

 

L'audience se poursuivit durant toute la matinée.

Une dette impayée.

Une haie coupée sans autorisation.

Un porc retrouvé dans les cultures d'un voisin.

Une promesse de mariage rompue.

Des redevances en retard.

À chaque affaire, le même cérémonial.

Le greffier écrivait.

Le sergent appelait.

Les témoins juraient.

Le prieur interrogeait.

Les religieux écoutaient sans interrompre.

Parfois, les débats devenaient vifs.

Puis le calme revenait.

 

Exemple de sentence de 1645

Lorsque la cloche de sexte (sixième heure du jour, vers midi) sonna, chacun se leva.

L'audience était suspendue.

Les religieux rejoignirent le réfectoire.

Les paysans s'installèrent dehors.

On partageait un morceau de pain de seigle, quelques oignons, du fromage, parfois un hareng salé.

Les conversations reprenaient aussitôt.

— « Le prieur a été clément aujourd'hui... »

— « Attends demain pour la visite des terres... »

— « Tu verras que Colin devra remettre la borne à sa place... »

Des chiens circulaient entre les bancs, espérant quelques miettes.

Au loin, le marteau du forgeron résonnait déjà dans le village.

 

Livre de sentences du XVème

L'après-midi fut consacré aux affaires les plus délicates.

Le prévôt du prieuré présenta les comptes des cens et des rentes.

Quelques tenanciers demandaient un délai.

L'hiver précédent avait été mauvais.

Le prieur les écouta avec attention.

— « La terre appartient à Dieu avant d'appartenir aux hommes. Celui qui a souffert de la famine paiera après les moissons. Mais qu'il tienne sa parole. »

Un murmure d'approbation parcourut la salle.

 

Lorsque les derniers parchemins furent roulés, le soleil déclinait déjà derrière les grands chênes.

Le greffier souffla longuement.

Sa main était noire d'encre.

Le sergent rangea la verge de justice.

Les habitants quittèrent peu à peu le prieuré.

Certains étaient satisfaits.

D'autres méditaient encore leur condamnation.

Mais tous savaient qu'ils avaient été entendus.

Au-dessus de la vallée, les cloches sonnèrent les vêpres.

Les religieux reprirent leur place dans le chœur.

La justice des hommes s'effaçait désormais devant celle de Dieu.

Le silence retomba sur le prieuré Saint-Gabriel.

Seul le vent faisait bruire les peupliers tandis que, dans la lumière dorée du soir, les paysans regagnaient lentement leurs fermes, convaincus que, jusqu'à la prochaine audience, l'ordre avait été rétabli.

 

Saint Gabriel ..... "des Mares" à "la Martinique" (sixième partie) - L'énigme résolue

 Après avoir étudié les textes me permettant d'établir la liste des propriétaires ou exploitants des terres "des Mares" et "des Petites Mares", j'ai retracé la généalogie des familles "Desjardins", "Delacour" et "de Brunville".


Précisions pour la lecture du document ci-dessous :
- à gauche, la généalogie de la famille Desjardins ;
- au centre, en haut la famille Delacour ; 
- à droite, une branche de la famille Desjardins qui posséda les terres "des Mares" ;
- au centre la famille de Brunville (un tableau de la généalogie de cette famille est sur le document suivant) ;
- la ligne du bas est la liste des familles qui apparaissent sur les documents anciens consultés;
- les flèches bleues indiquent qui possédait une ou des terres "des Mares" et/ou "des Petites Mares".

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Quand les terres passèrent de la famille "Le Maître Desjardins" à la famille "Delacour" à travers les actes d'état civil de Paris.

Retrouvons la branche "de Brunville"

Dans un cartulaire des fiefs et seigneuries de Saint Gabriel, de Fresné le Crotteur, de la Carbonnière et du Bourguais, nous trouvons ceux appartenant aux "de Brunville de Poussy". Les "de Brunville" avaient également d'autres terres à Saint Gabriel dont celles se trouvant entre le prieuré à la rivière "la Seulles".


Sur le document concernant la famille "de Brunville", intéressons-nous à André-Léon (en haut de la liste). 

André Léon est né à Poussy la Campagne le 12 avril 1739.
Son acte de Naissance

Il portait comme titres : 
- sieur de la Bouillonnière;
- de la Carbonnière;

Le fief de Carbonnière s'étendait à Creully, Saint-Gabriel et Fresné-le-Crotteur

Titres qu'il obtint du mariage d'un de ses aïeux avec Jeanne Bonnel au XVIIe siècle.

Nous trouvons dans la faille de Jeanne Bonnel: 

Louis Bonnel, sieur de la Carbonnière, anobli (1618-1662).

Pierre Bonnel, sieur de la Carbonnière, son frère (1624-1647).

Pierre Bonnel, capitaine au régiment du duc d'Orléans (fin XVIIe s.).

François Bonnel, sieur de Brécy - Commission de capitaine au régiment de Puyguion Cavalerie (1693-1694) ;

Etienne Bonnel, sieur de Cantebrun : succession (1723) ; succession de Michel Néel, sieur de la Bouillonnière, réformé absent du royaume (1690).

Marie Bonnel, épouse de Simon, Pierre Le Vaillant, sieur de la Ferrière.

- de Saint Gabriel;

- de Fresnay le Crotteur; localité qui fut rattaché à Saint Gabriel en 1827.


Les "de Brunville" achètent une terre à Creullet (Creully)


André Léon de Brunville fut grenadier royal de la Martinique.

Les grenadiers royaux de la Martinique au XVIIIe siècle étaient des soldats d’élite, envoyés pour défendre la colonie contre les menaces extérieures et maintenir l’autorité française dans les Antilles. Leur histoire illustre l’importance stratégique de la Martinique pour la France à cette époque.

Dessin de D.Davin

Les grenadiers royaux étaient organisés en compagnies ou en régiments, comme le régiment des grenadiers royaux de la Martinique, mentionné dans les archives militaires. On trouve trace de leur présence entre 1760 et 1762, avec des officiers comme le chevalier de Brunville, capitaine des grenadiers royaux de la Martinique. Ces troupes étaient souvent complétées par des milices locales et des compagnies de chasseurs ou de canonniers-bombardiers.


Capitaine réformé des grenadiers royaux de la Martinique ; pour appointement de réforme qui seront supprimés lors de son remplacement, André-Léon de Brunville perçoit une pension de 250 livres.

À son retour sur ses terres de Saint-Gabriel, en hommage à son périple aux Antilles françaises, il leur attribua le nom de « la Martinique », remplaçant ainsi l’appellation « les Mares ».

Je reviendrai sur ce André Léon de Brunville, sur sa vie mais aussi sur ses péripéties en Martinique et son retour en France.

Tel est le fruit de mes recherches dans les archives écrites des siècles passés.

Saint Gabriel ..... "des Mares" à "la Martinique" un mystère (cinquième partie) - Les propriétaires

 Les Archives Départementales du Calvados conservent précieusement un grand ouvrage daté de 1776, intitulé « Papier terrier du domaine fieffé et non fieffé, droits, dignités et revenus de la manse priorale de Saint-Gabriel ».

J’ai passé de nombreuses heures à étudier cet ouvrage, rédigé par des moines de l’abbaye de Fécamp. Le prieuré de Saint-Gabriel avait été fondé au XIe siècle par trois religieux envoyés par Jean de Ravenne, abbé bénédictin de Fécamp, à la demande de Richard de Creully (Ricarus de Croilei).

Sur plan du XVIIIe siècle, des terres de Saint Gabriel, des parcelles sont appelées "les Mares" et "les petites Mares"; elles deviendront plus tard les terres de "la Martinique".
Numérotation des parcelles concernées par mon étude.
Ci-dessous, un exemple des textes sur lesquels j'ai recherché les personnes mentionnées afin d'établir des tableaux que vous trouverez plus bas.

Appartient à François le Maître Sieur Desjardins, fils d’Étienne le Maître et le dit Étienne fils de Denis le Maître qui représentait par acquis Louis Bonnel Sieur de la Carbonnière contenant vingt acres en prairie ou herbage nommée partie le haut pays, et l’autre partie l’herbage des Mares ou prairie des Yea, anciennement en plusieurs pièces qui composaient les delles des Yea, de dessus les Yea, du bas des Yea, Deuherchieu, et de la falaise.
Aujourd’hui réunies en un seul morceau qui jouxte d’un côté au levant le dit Sieur
Desjardins et les fils dudit Sieur Duparc le Maître, d’autre côté au couchant
la rivière de Seulle et en partie le Sieur Prieur de Saint Gabriel, d’un bout au nord ladite rivière et  lesdits fils du sieur Duparc et d’autre bout au midi le chemin de Varembert du nombre de laquelle pièce il y en a quatre acres trois vergées faisant partie de la portion nommée le haut pays, qui jouxte au levant les maisons  du dit sieur Desjrdins et en partie l’herbage des fils dudit Sieur Duparc,  au couchant le surplus de la dite portion nommée  le haut pays d’un bout au nord  de la dite herbage des fils dudit sieur Duparc et l’autre portion dicelle pièce
nommée la prairie des Yea et d’autre bout au midi le dit Chemin de Varembert relevant du prieuré de saint Gabriel. Le surplus de ladite pièce pour quinze
acres avec une vergée, relève des fiefs des Sieurs de Brunville suivant le règlement du 1er May 1775.

En rouge, deux familles qui ont de l'importance dans mes recherches.



TABLEAUX récapitulants les propriétaites ou exploitants des terres "des Mares" et "des Petites Mares

Articles précédents :

Le château de la Martinique

Les plans et cartes

Le camp de Vaussieux

Desjardins et Varambert

Saint Gabriel ..... "des Mares" à "la Martinique" un mystère (première partie) - Le château

 Niché au cœur de la Normandie, le paisible bourg de Saint-Gabriel doit sa renommée à son prieuré, fondé au XIe siècle par le seigneur de Creully au profit de l’abbaye de Fécamp, ainsi qu’à son église paroissiale, placée sous la protection de saint Thomas Becket, son patron spirituel.

L’histoire de Saint-Gabriel s’est écrit au fil des siècles : en 1827, la commune s’unit à Fresnay-le-Crotteur, avant d’accueillir, en 1965, celle de Brécy, scellant ainsi leur destin commun.

Empruntant l’ancienne voie de Varembert — aujourd’hui baptisée rue du Moulin —, le promeneur découvre un autre joyau de Saint-Gabriel : le château de la Martinique. Cette élégante demeure, inspirée par le style de Viollet-le-Duc et remaniée en 1866, se dresse toujours dans l’intimité d’un domaine privé, témoin silencieux d’un passé prestigieux.

Pourquoi "La Martinique" ?

Depuis de longues années, j’ai arpenté les couloirs silencieux des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, fouillé les trésors oubliés des archives départementales du Calvados et de la Manche, et exploré les registres jaunis des archives diocésaines. Sans oublier, bien sûr, les précieux témoignages des habitants, gardiens vivants de cette mémoire locale.

Cette quête patiente m’a permis de rassembler des documents, certains rédigés dans le vieux français des siècles passés, qui m’ont peu à peu révélé une vérité aussi fascinante qu’inattendue. En examinant méthodiquement chaque hypothèse pour mieux les écarter, j’ai reconstitué le fil d’une histoire oubliée.

Je vous invite à me suivre à travers une série d’articles, où nous remonterons ensemble le temps pour percer un mystère toponymique : comment le château, la ferme qui lui fait face et les terres environnantes ont-ils troqué leur ancienne appellation, « des Mares », pour celle, plus exotique, de « la Martinique » ?

Le château de la Martinique à Saint Gabriel en photos

Le domaine de la ferme de la Martinique arrive dans la famille Delacour en 1824 lorsque Angélique le Maître épouse Alexandre Delacour. Leur fils Albert modifie le château, le sépare de la ferme et dessine le parc.

Source: Ministère de la Culture