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Saint Gabriel ..... "des Mares" à "la Martinique" (sixième partie) - L'énigme résolue

 Après avoir étudié les textes me permettant d'établir la liste des propriétaires ou exploitants des terres "des Mares" et "des Petites Mares", j'ai retracé la généalogie des familles "Desjardins", "Delacour" et "de Brunville".


Précisions pour la lecture du document ci-dessous :
- à gauche, la généalogie de la famille Desjardins ;
- au centre, en haut la famille Delacour ; 
- à droite, une branche de la famille Desjardins qui posséda les terres "des Mares" ;
- au centre la famille de Brunville (un tableau de la généalogie de cette famille est sur le document suivant) ;
- la ligne du bas est la liste des familles qui apparaissent sur les documents anciens consultés;
- les flèches bleues indiquent qui possédait une ou des terres "des Mares" et/ou "des Petites Mares".

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Quand les terres passèrent de la famille "Le Maître Desjardins" à la famille "Delacour" à travers les actes d'état civil de Paris.

Retrouvons la branche "de Brunville"

Dans un cartulaire des fiefs et seigneuries de Saint Gabriel, de Fresné le Crotteur, de la Carbonnière et du Bourguais, nous trouvons ceux appartenant aux "de Brunville de Poussy". Les "de Brunville" avaient également d'autres terres à Saint Gabriel dont celles se trouvant entre le prieuré à la rivière "la Seulles".


Sur le document concernant la famille "de Brunville", intéressons-nous à André-Léon (en haut de la liste). 

André Léon est né à Poussy la Campagne le 12 avril 1739.
Son acte de Naissance

Il portait comme titres : 
- sieur de la Bouillonnière;
- de la Carbonnière;

Le fief de Carbonnière s'étendait à Creully, Saint-Gabriel et Fresné-le-Crotteur

Titres qu'il obtint du mariage d'un de ses aïeux avec Jeanne Bonnel au XVIIe siècle.

Nous trouvons dans la faille de Jeanne Bonnel: 

Louis Bonnel, sieur de la Carbonnière, anobli (1618-1662).

Pierre Bonnel, sieur de la Carbonnière, son frère (1624-1647).

Pierre Bonnel, capitaine au régiment du duc d'Orléans (fin XVIIe s.).

François Bonnel, sieur de Brécy - Commission de capitaine au régiment de Puyguion Cavalerie (1693-1694) ;

Etienne Bonnel, sieur de Cantebrun : succession (1723) ; succession de Michel Néel, sieur de la Bouillonnière, réformé absent du royaume (1690).

Marie Bonnel, épouse de Simon, Pierre Le Vaillant, sieur de la Ferrière.

- de Saint Gabriel;

- de Fresnay le Crotteur; localité qui fut rattaché à Saint Gabriel en 1827.


Les "de Brunville" achètent une terre à Creullet (Creully)


André Léon de Brunville fut grenadier royal de la Martinique.

Les grenadiers royaux de la Martinique au XVIIIe siècle étaient des soldats d’élite, envoyés pour défendre la colonie contre les menaces extérieures et maintenir l’autorité française dans les Antilles. Leur histoire illustre l’importance stratégique de la Martinique pour la France à cette époque.

Dessin de D.Davin

Les grenadiers royaux étaient organisés en compagnies ou en régiments, comme le régiment des grenadiers royaux de la Martinique, mentionné dans les archives militaires. On trouve trace de leur présence entre 1760 et 1762, avec des officiers comme le chevalier de Brunville, capitaine des grenadiers royaux de la Martinique. Ces troupes étaient souvent complétées par des milices locales et des compagnies de chasseurs ou de canonniers-bombardiers.


Capitaine réformé des grenadiers royaux de la Martinique ; pour appointement de réforme qui seront supprimés lors de son remplacement, André-Léon de Brunville perçoit une pension de 250 livres.

À son retour sur ses terres de Saint-Gabriel, en hommage à son périple aux Antilles françaises, il leur attribua le nom de « la Martinique », remplaçant ainsi l’appellation « les Mares ».

Je reviendrai sur ce André Léon de Brunville, sur sa vie mais aussi sur ses péripéties en Martinique et son retour en France.

Tel est le fruit de mes recherches dans les archives écrites des siècles passés.

Le propriétaire du château de Creullet (Creully sur Seulles) aux petits soins de l'épouse de Guillaume-le-Conquérant.

 Le 2 novembre 1083, mourut Mathilde de Flandre, femme de Guillaume-le-Conquérant. Il l’avait épousée lorsqu’elle était encore fort jeune, et l’avait lui-même couronnée Reine d’Angleterre, le jour de la Pentecôte 1068. Elle fut inhumée dans l’église de l’abbaye de Sainte-Trinité de Caen, fondée par elle en 1066. Son tombeau
fut démoli en 1562, pendant les
   troubles de religion, et ses ossements recueillis par l’abbesse, Aune de Montmorency, furent replacés dans le cercueil de pierre où son corps avait été déposé à sa mort. Ils restèrent ainsi jusqu’en 1708, où l’abbesse Gabrielle-Francoise Fronlay deTessé fit ériger un second mausolée sur lequel fût replacée la tombe primitive de la princesse ; mais les vandales de 1793 l’abattirent, à cause des armes de Normandie gravées dessus, sans cependant découvrir le cercueil de pierre qui contenait les restes de la Reine.


Le comte de Montlivault



Le château de Creullet de nos jours.

Le 12 mars 1819, le comte de Montlivault, préfet du Calvados et propriétaire du château de Creullet à Creully, voulut faire rétablir le tombeau. En présence et du consentement de Charles Brault, évêque de Bayeux, il fit ouvrir le cercueil de pierre, dans lequel on trouva la boite de plomb et tout dans l’état annonce par les inscriptions gravées sur le tombeau qu'avait érigé l’abbesse de Tessé. Les choses ainsi vé­rifiées, il fut procédé par l’évêque, le 1er mai suivant, a une seconde in­humation. Après une messe célébrée par le prélat, et son discours sur les vertus de la princesse, la boîte de plomb fut replacée dans le cercueil de pierre, en présence de toutes les autorités constituées. Enfin un troisième mausolée a été élevé pour la Reine Mathilde, par les soins du préfet.
Ma source dans l'éphéméride.


Creully ( Creully sur Seulles ) - Les vitraux du chevet de l'église.


La fenêtre ogivale du chevet de l'église avait été murée afin de permettre la construction d'un immense autel en bois avec un rétable garni de modillons et surmonté d'une gloire dorée.
A partir de 1865, sous la direction de M. Cottun, commença la restauration de l'église. Ainsi, grâce à des dons de particuliers, un autel allant très bien avec le choeur fut construit à la place de l'immense construction en bois. Il fallut réouvrir la fenêtre de chevet et retrouver les ammorces de meneaux supprimés.
Les vitraux du chevet furent commandés à un maître verrier de Toulouse: Louis Victor Gesta.
Louis Victor Gesta

Trois Saints sont représentés:
Saint Martin (Sanctus Martinus), seul Saint de l'église avant la révolution.
Sainte Marguerite ( Sancta Margarita); la chapelle du château de Creullet était sous l'invocation de cette Sainte.
et Saint Clair (Sanctus Clarus) Saint patron de la localité qui était fêté en juillet.

Saint Martin, (316-397) né en Pannonie, suivit en Italie son père, qui était tribun militaire au service de Rome. Bien qu'élevé dans le paganisme, il en méprisait le culte, et comme s'il eût été naturellement chrétien, il ne se plaisait que dans l'assemblée des fidèles, où il se rendait souvent malgré l'opposition de sa famille.

Dès l'âge de quinze ans, il fut enrôlé de force dans les armées romaines, et alla servir dans les Gaules, pays prédestiné qu'il devait évangéliser un jour. Que deviendra cet enfant dans la licence des camps? Sa foi n'y va-t-elle pas sombrer? Non, car Dieu veille sur ce vase d'élection.
Le fait le plus célèbre de cette époque de sa vie, c'est la rencontre d'un pauvre grelottant de froid, presque nu, par un hiver rigoureux. Martin n'a pas une obole; mais il se rappelle la parole de l'Évangile: J'étais nu, et vous M'avez couvert. "Mon ami, dit-il, je n'ai que mes armes et mes vêtements." Et en même temps, taillant avec son épée son manteau en deux parts, il en donna une au mendiant. La nuit suivante il vit en songe Jésus-Christ vêtu de cette moitié de manteau et disant à Ses Anges: "C'est Martin, encore simple catéchumène, qui M'a ainsi couvert." Peu de temps après il recevait le Baptême. Charité, désintéressement, pureté, bravoure, telle fut, en peu de mots, la vie de Martin sous les drapeaux. Il obtint son congé à l'âge d'environ vingt ans.
La Providence le conduisit bientôt près de
saint Hilaire, évêque de Poitiers. Après avoir converti sa mère et donné des preuves éclatantes de son attachement à la foi de Nicée, il fonda près de Poitiers, le célèbre monastère de Ligugé, le premier des Gaules. L'éclat de sa sainteté et de ses miracles le fit élever sur le siège de Tours, malgré sa vive résistance. Sa vie ne fut plus qu'une suite de prodiges et de travaux apostoliques.
Sa puissance sur les démons était extraordinaire. Il porta à l'idolâtrie des coups dont elle ne se releva pas. Après avoir visité et renouvelé son diocèse, l'homme de Dieu se sentit pressé d'étendre au dehors ses courses et ses travaux. Vêtu d'une pauvre tunique et d'un grossier manteau, assis sur un âne, accompagné de quelques religieux, le voilà qui part en pauvre missionnaire pour évangéliser les campagnes. Il parcourt presque toutes les provinces gauloises: ni les montagnes, ni les fleuves, ni les dangers d'aucune sorte ne l'arrêtent; partout sa marche est victorieuse, et il mérite par excellence le nom de Lumière et d'Apôtre des Gaules.


Sainte Marine d’Antioche que les latins appellent Sainte Marguerite, doit sa célébrité à une légende très populaire dont la valeur historique peut être fort contestée.
Sa vie a été placée la scène sous le règne de Dioclétien (284-305), dit que Marine ou Marguerite, fille d’Aedésius, prêtre païen d’Antioche, se convertit au christianisme. Chassée par son père, elle retourne chez sa nourrice où elle garde les troupeaux.
Elle a quinze ans quand elle est remarquée par le préfet Olybrius qui lui propose de l’épouser, ce qu’elle refuse en se proclamant chrétienne. Le préfet la fait emprisonner et la convoque deux jours plus tard devant son tribunal. Après de longues discussions, Olybrius ordonne qu’on la fouette et qu’on lui déchire les flancs avec des ongles de fer, puis la fait reconduire en prison. Le diable lui apparaît alors sous la forme d’un dragon qu’elle le chasse par un signe de croix. Satan revient sous l’aspect d’un homme tout velu, mais n’a pas plus de succès. Dans une lumière divine, lui apparaît alors une croix sur laquelle une colombe vient se poser ; cette vision lui donne la force de soutenir de nouveaux combats. Le lendemain, après une série de discours, on lui applique des torches ardentes qui ne lui font aucun mal, puis on la jette dans une chaudière d’huile bouillante d’où elle sort indemne. Par une exhortation, elle convertit une multitude d’assistants qui sont aussitôt décapités. La décapitation met fin aux longs supplices de Marguerite.

Saint Clair: Prêtre bénédictin et martyr né en 845 à Olchestria (Angleterre) qui deviendra ROCHESTER (Kent), Guillaume (William) dont le père Edouard (Edward) tenait à la cour le second rang après le roi d'Angleterre et la mère (dont on ignore le nom) lui inculqua une éducation religieuse qui fut à la base de se consacrer à Dieu, fit d'excellentes études où il connu comme compagnon Alford (Saint Cyrin).Fils unique, jeune, beau et riche, il devint rapidement un excellent parti pour les seigneurs anglais, qui le désiraient comme gendre. Une jeune fille noble et très vertueuse fut promise à Guillaume sans que celui ci ne le sache. Edouard organisa donc des fiançailles sans en parler à son fils ( La "fiancée" de Guillaume continuera de le poursuivre de ses instances jusqu'en France et lui enverra des émissaires pour l'assassiner). Mais Dieu fit entendre à son serviteur une voix qui lui disait "William, William, sors de ton pays et va en Neustrie pour y être tout à moi" . William (qui ne voulait pas se marier) s'enfuit avec Alford sans prévenir leurs familles. Ils débarquèrent à Cherbourg en 866 ou 867. Pour échapper la poursuite de sa famille, de ses proches et de sa "fiancée", William changea son nom en celui de Clair, de même Alford se renomma Cyrin (noms plus conforme à leur pays de refuge). S'enfonçant dans la forêt, les deux compagnons s'établirent à Nacqueville. Un serviteur des deux ermites s'étant blessé en coupant du bois, Clair le guérit par ses prières. Craignant alors une trop grande notoriété par ce miracle accomplit il partit avec Cyrin en l'abbaye de Malduin (Maudin) sous la protection de l'abbé Odobert. Le vénérable abbé admirant la sainteté de son disciple, le décida à recevoir les Saints Ordres. L'humble ermite y consentit par obéissance et fut ordonné prêtre à Coutances par l'évêque Séginand.Un jour un seigneur présenta au moine un de ses fils possédé par le démon, Clair se mit en prière et chassa le démon du corps du jeune homme. Peu de temps après, une veuve sans ressources perdit un fils que Saint Clair ramena à la vie. Un jour une femme riche et puissante, dont on ne connaît pas le nom, a jeté son dévolu sur ce beau jeune moine mais Saint Clair qui avait deviné ses intentions le lui reprocha et en référa à l'abbé Odobert qui lui conseilla la fuite. Après une longue errance de plus de 12 ans en Neustrie Clair arrive à Vulcassum (Saint Clair sur Epte) où il édifie son ermitage, il y rencontre moult gens qui viennent même de très loin pour le voir. Seulement l'implacable dame, frustrée dans ses désirs, ne l'avait pas oublié. Les deux hommes envoyés en Neustrie le poursuivaient inlassablement. En passant à Vulcassum, voyant un homme en prières, ils lui demandèrent: "Toi, connais tu un nommé Clair", "Non" répondit il dans un premier mouvement de frayeur. Ils continuèrent donc leur chemin, mais Clair s'étant ressaisi et croyant avoir commis une grosse faute en cachant la vérité les appela : "Clair, c'est moi". Alors, se mettant à genoux et leur présentant sa tête il ajouta: "Périsse ce corps qui peut être l'objet d'un amour criminel"...Puis l'un de ses bourreaux lui trancha la tête. C'était le 4 novembre 884 Clair était âgé de 39 ans. S'accomplit alors un miracle qui mit les meurtriers en fuite, Clair prenant sa tête à deux mains alla la plonger dans l'eau de la fontaine, puis il se rendit à son oratoire. De là il alla à l'église et se couchant à gauche de l'autel y marqua ainsi le lieu de sa sépulture. Saint cyrin aurait subit le même sort que son maître.

Creully sur Seulles - 1859 - Elle fit don d'un bâtiment pour créer une école de filles.

 Nous sommes en 1859, au château de Creullet demeurait monsieur Michel Charles Désiré Labbey de Druval  qui s’était marié le 26 juillet 1835 avec Louise Elisabeth Adam de Lapommeraye. Cette dernière avait une sœur qui habitait Caen qui venait très souvent au château de Creullet pour savourer les plaisirs de la vallée de la Seulles : Marie Alix Adam de  Lapommeraye.

Elle appréciait notre localité et ses habitants. En mai 1859, elle décida de faire donation d’une maison et ses jardins pour en faire école de filles.

Extrait de la délibération du conseil municipal de Creully :


Mademoiselle Marie Alix Adam De  Lapommeraye propriétaire à Creully, demeurant à Caen, rue des Carmes. Laquelle a par ces présentes déclaré faire donation entre vils et révocable, à la commune de Creully, arrondissement de Bayeux,d'une maison située à Creully rue de Lantheuil édifiée d'un étage avec mansarde au-dessus ;

2ème de deux jardins attenants à ladite maison et situés l’un au nord, l’autre au midi.

Le tout formant un seul entretenant de treize ares, quarante-trois centiares, désignée au cadastre sous les numéros 185, 186 bis et 187, section D.

Dont les abornements sont :

-         d’un côté la rue de Lantheuil, l’autre côté un petit clos réservé par mademoiselle de Lapommeraye.

-         d’un bout la sente dite sous la ville, d’un bout madame Vallée.

La commune de Creully aura la propriété des immeubles donnés à compter de ce jour.

Elle aura la jouissance de la maison du jour de l’acceptation régulière de la présente donation et des jardins à compter du premier mai 1859.

 

La maison concernée sur le cadastre de 1811

Cette donation est faite aux conditions ci-après :

Article 1er – Les immeubles donnés seront affectés d’une ou plusieurs écoles de filles, telles qu’école primaire, asile et ouvroir.

Ils ne pourront recevoir d’autre destination ; toutefois si la donatrice ou ses héritiers, les réclament et tant qu’ils le voudront, il sera laissé dans la maison un logement à la disposition d’une religieuse chargée de visiter et d’assister les pauvres de la commune. Ce logement se composera d’une chambre à feu, d’un cabinet et d’un grenier à linges, d’un hangar ou d’une cave fermant à clef.

Article 2ème – les écoles ne pourront être desservies que par des religieuses relevant de communautés approuvées par l’autorité ecclésiastique Son traitement sera à la charge de la donatrice ou de ses héritiers.

Article 3ème – La commune de Creully demeure chargée de faire à ses frais les provisions nécessaires à ces diverses installations.

Les travaux devront être terminés pour le 15 août 1859 au plus tard.

Article 4ème – Il est déclaré pour la perception des droits d’enregistrement que le revenu des biens donnés est de :

-    les frais de la donation et son acceptation seront supportés par la donatrice et les frais d’appropriation seront supportés par la commune de Creully.


OUVROIR - Lieu où l'on se rassemble, dans une communauté de femmes ou dans un couvent, notamment pour effectuer des travaux d'aiguille. 
ASILE - Etablissement d'éducation destiné à recevoir, pendant le jour, les enfants que leurs parents, éloignés du logis par le travail quotidien, ne peuvent garder avec eux.
Marie Alix Adam de  Lapommeraye décèdera le 9 juin 1891 à Creully.

Le premier week-end de printemps 2025, la Seulles disparut puis réapparut deux jours plus tard.

 


Le premier dimanche du printemps, les habitants de Creully et ceux du hameau de Creullet furent témoins d’un phénomène étrange : la Seulles, cette rivière paisible qui serpentait dans la vallée, disparut soudainement. Son cours, d’ordinaire si régulier, s’interrompit brusquement en un point précis de son lit, où un trou s'était formé dans la nuit.


Des habitants de Tierceville, alertés par le silence anormal de la rivière, remontèrent vers l’amont en empruntant les berges. Là où, la veille encore, l’eau clapotait joyeusement, il ne restait qu’un gouffre sombre, avalant la Seulles comme un monstre insatiable. Les villageois s’interrogeaient, certains murmurant qu’un esprit ancien s’était réveillé, d’autres évoquant un phénomène géologique inexplicable.

C'est ici que la Seulles disparut.


Des experts furent appelés, mais ni les géologues ni les hydrologues ne purent donner d’explication immédiate. La rivière s’était tout simplement volatilisée, aspirée sous terre sans laisser de trace.

Puis, deux jours plus tard, alors que le mystère s’épaississait et que certains craignaient de voir la Seulles disparaître à jamais, l’eau revint aussi soudainement qu’elle s’était évaporée. Le gouffre, qui paraissait encore béant la veille, s’était comme refermé sur lui-même. La rivière reprit son cours normal, comme si rien ne s’était jamais passé.

Les habitants restèrent perplexes. Était-ce un caprice de la nature, une faille souterraine qui s’était ouverte puis refermée ? Ou bien une vieille légende locale, oubliée depuis longtemps, venait-elle de leur rappeler qu’il y a bien des siècles, on pouvait quitter la forteresse médiévale de Creully par un souterrain pour rejoindre la grande ferme à l’entrée de Crépon, un village au nord-ouest ? La rivière Seulles avait-elle voulu visiter ce passage secret ?

Creully, Creullet et Brécy - Une série de photos publiées en 1909.

 Une revue d'art décoratif a publié en 1909 une série de photos sur Creully, Creullet et Brécy.
Vous les trouverez ci-dessous.
Creullet



Creully



Brécy